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Présentation

Un blog pour les passionnés de dessin, de peinture, et d' arts plastiques.
Pour ceux qui veulent apprendre : de la découverte, en passant par l'apprentissage puis la  pratique ...
Pour ceux qui veulent créer.
Plus des infos sur les expos, l'histoire de l'art ....

Conseil du jour

 

Vous pourrez retrouver désormais le blog de L'Ocre Bleu à cette nouvelle adresse :

http://l-ocre-bleu.fr/

 

Archives

15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 08:54

 

 

...

 

« Un singulier objet, pareil à un os de seiche, flotte au-dessus du sol : c’est l’anamorphose d’un crâne qui se redresse lorsqu’on se place tout près, au-dessus, en regardant vers la gauche. Un sens caché et une solennité pèsent lourdement sur toute la scène. »
Anamorphoses, ou Thaumaturgis opticus, Jurgis Baltrusaitis, Flammarion.

  Ambassadeurs

 

Le tableau " Les ambassadeurs" est un double portrait : Jean de Dinteville et Georges de Selve y sont représentés, peints par Hans Holbein le Jeune en 1533. 

C'est une peinture à l'huile sur bois, de 2,07 x 2,10 m, actuellement conservée à la National Gallery de Londres.


Deux personnages nous font face devant une tenture, entourés d'objets que l'on peut décrypter et observer de façon symbolique.

 

En savoir vraiment + : ici

Prenez le temps de lire ... c'est passionnant!

 

Mais ce qu'il fait l'intérêt et la célébrité de ce tableau est un objet singulier, indéchiffrable, ... sorte "d'os de seiche", en bas au centre des deux personnages, qui est en fait une image cachée, secrète ...

une anamorphose,

relire ici


qui ne peut se révéler qu'en l'observant d'un point de vue particulier, en vision rasante de la droite du tableau.


ConstructCrâne

CrâneAnamorph-268x300

 

L'informatique permet de reconstituer l'image pleine et entière,  mais il est possible aussi pour corriger les déformations du crâne sans utiliser un moyen informatique, d'utiliser le dos d'une cuillère,en plaçant la cuillère au sommet de l'os, à droite. Le dos de la cuillère doit s'orienter vers la gauche et être perpendiculaire à l'image du tableau. En plaçant son regard face au dos de la cuillère et en modifiant son orientation, on observera facilement le crâne sur un écran.


petite cuillère

Si l'on dispose d'une version imprimée du tableau, on peut placer son regard dans le plan formé par la feuille et corriger la perspective.

 

 

Le secret de ce tableau n'est autre qu'une vanité des arts et des sciences,

dans la "tradition" de cette époque.

 

 

Vanité : représentation picturale évoquant la précarité de la vie et l’inanité des occupations humaines.

Crânes, bulles, fleurs, fruits, papillons, instruments de musique et horloges font partie du répertoire pictural des vanités.

 


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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 00:00

 

 

...

Nous avions déjà " rencontré" Sonia Delaunay

lorsque nous avions travaillé à la suite des " femmes peintres".

Je vous invite à relire l'article que j'avais écrit alors.

Relire ici

 

C'est à " la couleur" qu'elle restera fidèle , la " couleur" qu'elle avait partagé avec Robert et qui a irradié leur vie commune.

C'est ce qu'elle écrit dans ses " Mémoires", un an avant sa mort, à l'âge de 94 ans.

Après la mort de Robert (à l'âge de 41 ans), elle continuera en effet à porter leurs découvertes mutuelles.


Dès leur rencontre en 1909,

ils ont formé un coupe d'"agitateurs" ,

audacieux, toujours dans une fièvre créative.


Sonia n'est pas seulement la muse de Robert dans ce couple " futuriste", elle en est l'énergie dynamique à la recherche d'une nouvelle forme d'art.

Chacun des deux cherche, recherche de nouvelles pistes de création avec un même projet, s'apportant l'un l'autre des évidences qu'ils pressentaient déjà avant leur rencontre.

 

 Leurs créations sont une véritable métaphore de leur couple : des formes colorées, géométriques, qui dansent, tourbillonnent, s'enlacent , vibrent ... de tous leurs feux colorés.

 

Ensemble, menant leurs recherches sur la couleur et la lumière sur la base des "contrastes successifs et simultanés" des couleurs,  ils fondent " l'Orphisme", nommé ainsi par Guillaume Apollinaire qui dans son poème " Orphée" ( 1908) tentait lui aussi de retranscrire rythmiquement ce qu'il nommait " le langage lumineux".


Robert, s'appuyant sur le cubisme et le fauvisme cherche sa voie et ouvre des "fenêtres" sur la lumière pure , vibratoire, et  ses " contrastes simultanés".

 

" C'est historiquement dans la couleur, élément fonctionnel lié à la forme, que je concevais le moyen plastique d'expression. A la couleur, je donnais le rôle unique à construire , élément rythmique et vivant et représentatif, la représentation même" ( Robert Delaunay - lettre à Albert Gleizes)

 

Pour Sonia, mêmes conclusions :


" La couleur seule est forme et sujet "

 

Mais  Sonia "est" la couleur elle-même ; plus éclectique que Robert elle s'intéressera à la mode, aux tissus, aux papiers peints, aux collages, aux ballets, aux décors de théâtre, aux livres, au mobilier, à la décoration intérieure et à celle des voitures...


xxxxxxxxxxxxxxx

 

Pour notre " recherche colorée" actuelle, je vous ai proposé de travailler à partir de deux oeuvres des Delaunay.

Je vous en ai donné " le dessin" ... à vous de mettre les couleurs en vous appliquant à appliquer les notions de contrastes " chaud - froid" que nous avons abordées, ceci de façon à créer une profondeur dans vos travaux.

Vous avez terminé ou à peu près, ....

Vous pouvez ainsi découvrir les deux oeuvres que j'ai prises comme point de départ.

Le but du travail , je vous le rappelle, n'est pas le même que celui qui a présidé à celui des Delaunay !

Donc vos travaux doivent être différents !

 

xxxxxxxxxxxxxxxxxxx

 

( N'oubliez pas de cliquer sur les images pour les agrandir)

 

  Color-Explosion Robert-Delaunay"Color Explosion"

Robert Delaunay

 

 

Bal Bullier Delaunay

Sonia Delaunay - "Le Bal Bullier"

("Tango" au "Bal Bullier" ; "Mouvement, couleur, profondeur, danse Bullier" [titre donné à Berlin, 1913])

Huile sur toile à matelas

97 x 390 cm

Centre Pompidou, Musée national d’art moderne

 

Lors de sa première présentation à Berlin, en 1913, à la galerie Der Sturm, le tableau portait le titre, Mouvement, couleur, profondeur, danse, Bullier, qui résume toute son ambition de transcription du mouvement par les formes et les couleurs.

Le titre actuel situe l’action dans le dancing du boulevard Saint-Michel fréquenté par les Delaunay, où Sonia étrennera sa fameuse « robe simultanée », célébrée par Blaise Cendrars (« Sur la robe elle a un corps », 1913).


Robe loi des contrastesRobe "Loi du contrastes ..."

Sonia Delaunay


La toile adopte un format panoramique amplifiant le déroulement des arabesques figurant les couples de danseurs de tango, tourbillonnant sous les halos des globes électriques.

Le thème de la danse, prétexte à la représentation du mouvement et emblématique du dynamisme de la vie moderne, était partagé par cubistes et futuristes (Gino Severini, La Danse du pan-pan au Monico, 1909, La Danse de l’ours au Moulin-Rouge, 1913,).

Il favorisait l’éclatement de la forme homogène et sa dissolution en plans abstraits, observée dans la peinture de La Prose du Transsibérien … qui succède au Bal Bullier.

Extrait du catalogue Collection art moderne - La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, sous la direction de Brigitte Leal, Paris, Centre Pompidou, 2007


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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 17:40

 

 

...

 

 

Le portrait est l'art du peintre.

Nombreux sont ceux qui se sont exprimés sur leur pratique.

Le peintre contemporain, Jean Hélion(1904-1987), analyse la démarche de l’artiste au travail et les rapports qu'il entretient avec le modèle.

Revient alors une interrogation, déjà présente chez Léonard de Vinci : le peintre ne se peindrait-il pas lui-même ?


Jean Helion

" L'homme à la face rouge"- 1943

Jean Hélion

François Doury / Adagp-Paris-2013


" (...) La peinture est un domaine à cheval sur la réalité et sur le rêve, à cheval sur le fait et sur le songe. Curieusement dans son existence, un visage a la même fonction, il témoigne à l’extérieur visiblement de la vie intérieure d’un être, et parfois d’un projet de vie plus grand que celui qui ne s’accomplit réellement. J’entends qu’un visage est une promesse autant qu’un fait accompli. (...)

Chaque portrait est la tentative d’accéder à ce niveau d’être, tentative rarement réussie, disons modestement esquissée, projet-promesse. C’est pourquoi il est important de peindre deux fois de suite la même personne de façon identique. Chaque fois, c’est presque la même et pourtant elle déborde. Il semble qu’autour de chaque tête il y ait une aura possible avec laquelle cette personne, surtout s’il s’agit d’une femme, joue comme on chantonne, de façon à charmer. On ne saurait mesurer l’être. Un portrait, c’est en quelque sorte un pointillé."

" (...) C’est ça la peinture : on agresse un être qui passe, à coups de pinceau, à coups de brosse, à coups de taches, à coups de dessin ; on lui demande ce qu’il est en déclarant à haute voix ce que l’on est soi-même ou ce que l’on voudrait être. Un portrait pour moi, c’est ce duel. Sans doute est-ce pour cela que mes victimes ne se reconnaissent pas tout à fait dans mon ouvrage, et pourtant je m’y attache durablement. Il ne s’agit pas d’eux seulement, mais de nous, l’un mettant l’autre en question ; tout cela au niveau où se trouve la peinture elle-même ce jour-là. ".

" (...) Mais l’acte de peindre, c’est aussi dialoguer avec la personne qui est là, peindre est d’une énorme complexité, dès qu’on y pense. Cela serait impossible si on n’en sortait pas par l’instinct, par la vitesse du regard, par la rapidité de la main qui rassemble d’un seul trait les choses les plus différentes et leur invente une parenté qui est, au fond, rêve. ".


(Mémoire de la chambre jaune).

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 21:24

 

...

 

"Tout dans Cirque est combiné d'après l'harmonie par analogie, la conciliation des contraires, en vue de sensations gaies : ascendance des lignes, contrastes successifs des tons, dominante orangée très écrite qu'accentue un cadre en opposition de tons et de teintes avec l'ensemble...".

Un critique au moment de l'exposition du tableau au Salon des Indépendants en 1891.  

 

  a

" Le cirque" ( 186 x 152 cm)

 Musée d’Orsay à Paris

 

En effet  « Cirque » ou " Le Cirque" de Georges Seurat ( peint en 1890) fait suite à deux tableaux : « Parade » et « Chahut ». S'il est le troisième volet d'une série consacrée par Seurat aux attractions populaires et aux spectacles de la nuit, « Cirque » se présente surtout comme l'une des plus impressionnantes applications de ses recherches divisionnistes, tout en  poursuivant sa réflexion sur la représentation du mouvement, et ce, malgré la rigueur de la technique divisionniste.

Seurat y applique ici les théories de Charles Henry sur les effets psychologiques de la ligne et de la couleur ainsi que celles des lois du mélange optique des couleurs formulées par Chevreul et Rood.


Relire l'article sur la théorie du néo-impressionnisme

  avec l'importance de la couleur divisée

mais aussi celle de la composition des lignes :

ici

 

w - Parade" Parade "

 

z Chahut" Chahut"

 

Analyse du tableau :

 

        Il est important en premier lieu d'observer le tableau par rapport à son centre, ce qui  permet d'observer l'équilibre des masses.


b

     Ici, les 4 sujets  sur la piste : le clown de dos au tout premier plan, le Monsieur Loyal sur la droite, l'écuyère et le cheval se répartissent de façon équilibrée dans les 4 parties dessinées par les diagonales qui définissent le centre.

Le regard vers la droite du clown et l'acrobate dans un saut arrière permettent de les répartir selon une forme classique en triangle.


     Deux espaces se juxtaposent :

     *celui de la piste et des artistes, tout en courbes, en dynamique ...

     * et celui des gradins et du public, rigide, orthogonal, immobile, d'une rigoureuse géométrie.


c

  • La limite entre les deux parties passe par le centre.
  • L'organisation rigide de la partie haute du tableau contraste avec la souplesse du premier plan.

d


  • " Cirque" représente le numéro de l’écuyère du cirque Fernando (futur cirque Medrano). 

  • Seurat représente ici un plaisir populaire, et lui sert de prétexte à une critique sociale : la superposition des spectateurs est l'occasion d'illustrer la diversité sociale et ses inégalités.


  •   Le cadrage est influencé par le japonisme alors en vogue.
  • De nombreux artifices de composition permettent de guider le regard du spectateur et de créer une dynamique : le personnage du premier plan, l'ouverture sur la droite de la toile permettent d'introduire la profondeur,en suivant le ruban que tient le clown selon une oblique du bas en gauche vers le haut à droite, induite aussi par la postion de l'écuyère.

  • e

  •  
  • L'ordre des couleurs obéit aussi à des règles précises : la couleur primordiale est celle de la lumière pure, le blanc, et domine la toile.
  • Les trois teintes fondamentales : le rouge, le jaune et le bleu, sont " accordées" en petits traits répondant au rythme des lignes. 

  • seurat + cadre
  • Seurat peint directement une bordure sombre sur la toile puis continue de peindre le cadre avec le même ton : celui-ci fait partie intégrante de l’œuvre.
  •  Comme pour d'autres tableaux, Seurat fait le choix de peindre l'encadrement avec la même technique divisionniste que le reste de l'œuvre, avec une couleur qui fait ressortir la vivacité des tons de la toile, selon la loi des complémentaires.
  • ( relire ici )

 

Seurat travaillera tout l'hiver 1890-91, jour et nuit, à la réalisation de ce tableau complexe (40 personnages), en désirant le présenter au  huitième Salon des Indépendants de mars 1891.

Seurat l'y exposera, partiellement inachevé.

Il meurt subitement pendant l'exposition, à l'âge de 31 ans d'une angine infectieuse.

 Signac dira alors:  

" Notre pauvre ami s'est tué par trop de travail".

 

Le 20 mars 1891, l'exposition est inaugurée. Seurat se reproche une erreur dans le cheval. Soudain, Puvis de Chavanne, qui fut un modèle pour le jeune artiste à ses débuts, entre dans la pièce. Seurat pense qu'il va remarquer la faute qu'il a faite dans son cheval et s'en ouvre à Angrand. Puvis de Chavanne s'avance lentement, s'approche du " Cirque" ... et passe devant la toile sans même s'arrêter. Seurat est mortifié. Il sort fumer un cigare... Deux jours plus tard, il se plaint d'un fort mal à la gorge et quelques jours plus tard, une hémorragie cérébrale l'emporte ( son fils le suit dans la tombe deux semaines après du même mal , ainsi que l'enfant que portait Madeleine, sa compagne).

Signac, restera longtemps en état de choc...


 

L'oeuvre de Seurat, réalisée en moins de dix ans représente une énorme somme de travail, compte tenu de la méthode scientifique de Seurat, de ses multiples dessins ou "croquetons" préliminaires (jusqu'à trente pour la Grande Jatte) et sa technique pointilliste.

 

Seurat fut incontestablement à l’origine d’une importante révolution dans le domaine de la peinture.

  Que serait devenu son art s'il avait vécu plus longtemps ?

 

Nous avons ensemble réalisé ce tableau de Seurat.

Pour en retrouver les différentes étapes, je vous propose de les  (re) découvrir dans l'album photo " Le cirque de Seurat" ( ici) dans lequel j'ai ajouté aussi les dessins de Seurat que nous avons travaillé en cours de dessin ...

Si le coeur vous en dit ! 

Servez vous d'un papier tramé et en effleurant la surface en dessinant

vous obtiendrez cet effet pointillé.

 


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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 10:03

 

 


Le Néo-Impressionnisme c'est avant tout

le mélange optique des couleurs grâce à la couleur divisée.



Nous avons déjà abordé ce principe du mélange optique des couleurs ( revoir ici) qui s'impose alors à Signac et Seurat, à la suite de leur rencontre avec Chevreul (" Loi du contraste simultané des couleurs" 1839) mais aussi avec Charles Henry, un jeune savant qui publie en 1885 : " Introduction à une esthétique scientifique".



Pour Seurat, si l'on soumet la couleur à des lois fixes,

celle- ci " se peut enseigner comme la musique".

Son but sera donc de créer la " partition" permettant aux artistes

de faire jouer les couleurs entre elles pour approcher ainsi " l'harmonie".

La peinture doit pouvoir être traitée comme la musique.

Cette analogie va fonder la base du néo-impressionnisme.



Techniquement, pour créer cette partition des couleurs, il faut étudier les phénomènes de la vision et les effets d'optique. Delacroix et certains scientifiques s'y sont déjà intéressés : Charles Blanc (" Grammaire des arts du dessin" 1867), Sutter, Odgen Rood ...



" Il y a des yeux de coloriste comme il y a des voix de ténor, mais ces dons de la nature ont besoin d'être fécondés par la science pour parvenir à leur complet développement".

( David Sutter - " Les phénomènes de la vision" en 1880 )



Mais si la couleur est d'importance pour l’harmonie d'une peinture,

pour les néo-impressionnistes le pouvoir des lignes l'est tout autant.

Car après avoir acquis une certaine maîtrise des théories du mélange des couleurs en lien avec le phénomène de la vision et leur application à la peinture, Seurat cherche encore à résoudre un autre problème :

Faire concorder les lignes du tableau vers l'harmonie

tout  comme il cherche à y faire concorder les couleurs.



C'est grâce à Charles Henry que Seurat approche une réponse à ses questions : selon ce jeune génie, des sensations sont associées à chaque type de ligne.

(Jeune génie car à 27 ans, Charles Henry a déjà publié 19 ouvrages traitant de biologie, mathématique, chimie, physique, musique, peinture, littérature, et poésie !),

Ainsi, par exemple le plaisir est associée aux lignes montantes ou allant de gauche à droite, et aux couleurs chaudes ; tandis que le contraire sera ressenti par des lignes descendantes ou orientées de droite à gauche, tout comme les couleurs froides.



Avant même de commencer la réalisation de l’œuvre,

l'artiste se doit donc de définir les lignes et les couleurs à utiliser.

 

Tous ces préceptes ont été rigoureusement suivi dans la dernière grande toile de Seurat: " le cirque", que nous étudierons cette semaine.

 




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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 09:33

 

 

...

 

En cette fin du XIX° s., le mouvement impressionniste s'essouffle ; des artistes de la jeune génération cherchent déjà de nouvelles pistes.


Georges Seurat , alors âgé de 24 ans expérimente les possibilités de l'optique appliquée à la peinture, basant son travail sur les ouvrages scientifiques de Charles Blanc («  La grammaire des arts du dessin »), de Sutter et de Rood.

 

En 1884, il présente au jury du Salon une toile : " Baignade, Asnières ".


Baignade a Asnieres1883-1884-              200 × 300 cm

 

La toile est refusée.


Comme beaucoup d'artistes de cette époque, exaspérés par l'intransigeance du Salon, Seurat s'engage auprès des "indépendants" et participe à la première exposition de la Société des Artistes Indépendants, organisée quelques mois plus tard.


C'est là qu'un certain Paul Signac remarque la «  Baignade » … accrochée dans la buvette de l'expo !

Il rencontre aussi Seurat et les deux jeunes artistes se lient immédiatement d'amitié, échangeant leurs vues sur une approche scientifique de la peinture.

Tous les deux admirent Delacroix et s'intéressent aux travaux de Blanc, Sutter et Rood.

C'est un coup du destin !

Signac est fasciné par la rigueur scientifique de Seurat et Seurat s'intéresse de près à l'approche qu'a Signac de la couleur et de la lumière.

Peu à peu, l'idée du mélange optique des couleurs va s'imposer aux deux jeunes artistes.


En 1885, Signac présente Seurat à Camille Pissarro, qui va devenir le doyen du mouvement, adoptant alors la méthode divisionniste ... bien qu'avec prudence.

Les trois artistes échangent idées et découvertes.

Cette "passion" commune va devenir un "mouvement".

 

Lors du projet d'une nouvelle exposition impressionniste, induite par Berthe Morisot et son mari, Eugène Manet, Pissarro insiste pour que ses nouveaux amis soient présents.

Mais il rencontre une forte opposition chez les Impressionnistes (qui pourtant avaient souffert des mêmes préjugés à leur époque !)

Finalement, des oeuvres de Pissarro, Signac, Seurat, et Lucien Pissarro (le fils), sont exposées dans une salle spéciale de l'exposition, la dernière pièce de l'appartement de la maison Dorée, rue Laffitte.


Seurat y présente " Un dimanche après-midi à la Grande Jatte",

 

Un dimanche à la grande jatte

La toile est bien trop grande pour être à son avantage dans cette petite pièce, et la foule curieuse qui accourt devient moqueuse. Seurat et ses amis essuient de vives critiques.

Il parait même que lorsque le peintre Theo VanRysselberghe visita l'exposition, accompagné de son ami le poète Emile Verhaeren, il brisa sa canne devant la toile de Seurat ... irritation ou émotion ? Il deviendra quelques temps plus tard membre du mouvement divisionniste.

 

 

C'est à la seconde exposition des indépendants en 1886 que véritablement le mouvement va naitre.

Cette fois, les néo-impressionnistes ont une salle réservée. Seurat y "règne",  entouré de Signac, Dubois Pillet, Angrand, Cross et Lucien Pissarro.

Un jeune critique d'art va prendre la défense de cet art nouveau : Félix Fénéon.

Comme Zola pour les Impressionnistes, il va devenir le porte parole du petit groupe, qui lie des amitiés avec le mouvement anarchiste.

En 1886, Fénéon invente le terme de " néo-impressionnisme" (bien que Seurat eut préféré la désignation plus précise de “chromo-luminariste”) qui traduit bien le fait que le jeune mouvement a le même but que les Impressionnistes auprès de la couleur et de la lumière, mais en utilisant des moyens différents pour y arriver.

 

Pendant les quatre années qui vont suivre, le mouvement connait ses heures de gloire et fait de nombreux adeptes, y compris à l'étranger (notammment en Belgique et en Italie).

 

Mais l'engouement des jeunes artistes va diminuer rapidement : le divisionnisme est un art trop exigeant, et Seurat est souvent condescendant, jaloux et un peu "parano".

Il n'apprécie pas l'accroissement du nombre d'adeptes du mouvement !

Signac en revanche force l'admiration de tous.


En 1890, Pissarro décide d'abandonner la voix du néo-impressionnisme.( " impossibilité de suivre mes sensations, et par conséquent de donner la vie, le mouvement, la possibilité de suivre les effets si fugitifs et si admirables de la nature, la possibilité de donner un caractère particulier à mon dessin, j'ai dû renoncer. Il était temps !")


En 1891, Seurat meurt.

C 'est le coup de grâce pour le néo-impressionnisme.

Signac décidera de perpétrer le travail de son ami. Il restera fidèle aux divisionnisme et publiera en 1899 : " De Delacroix au néo-impressionnisme" dans lequel il expliquera leurs théories.

En 7 ans tout a été dit !

Mais "7 ans", c'est le temps qu'il a suffi à Seurat et ses amis

pour ouvrir la voie aux bouleversements picturaux du XX° s.

 

 



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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 17:59

 

...

Lors de notre précédent sujet, nous avons abordé la question des ressemblances et des différences entre les dessins d'enfant, l'art naïf et l'art brut.

Même s'il existe des liens quelquefois entre ces différentes expressions, il y a beaucoup de différences, dans la réalisation, le thème du sujet mais surtout "l'intention" de ces artistes ( en herbe ou pas)

Aussi j'ai essayé de vous les rassembler sur ce tableau assez synthétique ( c'est ce que nous avons abordé en cours)

Ceci n'a d' autre but que de vous permettre

d'y voir " un peu plus clair" ... du moins , je l'espère !

 

 






Dessins d'enfants Art naïf Art brut










Le Douanier Rousseau (XIX°) Jean Dubuffet 1945




Qui ? Les enfants Personnes autodidactes Personnes dépourvues


( le plus souvent), en décalage de culture artistique


avec les courants artistiques « Artistes médiumniques »



Non professionnels de l'art



Autodidactes isolés



« Art des fous »




Descriptif Maladroit Maladroit mais pas par ignorance

par manque de connaissances Simple par ses moyens techniques

Simple mais pas par ses motifs

car ne sait pas faire autrement Volonté de simplifier






En dehors de tout mimétisme … … intellectuel …




Style Fraîcheur, innocence, spontanéité ? Technique étudiée, élaborée. Art spontané

« Je vais faire un beau dessin ! » " La peinture naïve ne s'élabore Sans prétentions culturelles

L'enfant essaie de dessiner pas naïvement ".

comme un adulte et vise


une certaine réussite.


Donc «  naïf » par manque de


connaissance.



Art anti – intellectuel Art anti – intellectuel





«  ce qu'il sait de la réalité » + «  ce qu'il sait » «  ce qu'il ressent »

«  ce qu'il ressent »









Sujet Figuratif Figuratif Pas de sujets réalistes ou

Scènes de la vie quotidienne Scènes de la vie quotidienne figuratifs


Réalisme invraisemblable


Se détache du réel


tout en restant figuratif


/ Peindre les yeux fermés


/ «  un visuel tactile »


Représentation «  ingénue » et figurative


des sujets populaires




Caractéristiques Relatif en fonction de l'âge Codification vers un autre académisme Cf. citation

Notion de haut et de bas, - Minutie des détails voir ici

de la terre et du ciel - Couleurs vives ( aplats)

par rapport à la place sur la feuille pas de respect des accords de couleurs

1° questionnements sur la réalité - peu de cas de la direction de la lumière

Maladroit avec: - Proportions maladroites

- pas de direction de lumière - Perspectives inexactes

- pas de persp. classique, - Espace souvent aplati en 2 dimensions

- et proportions maladroites


mais perspective d'importance


- pas d'accords chromatiques


mais symbolisme des couleurs.







Ce qui donne un sentiment insolite,


un aspect «  féérique »

















Différent de l'art naïf Différent d'un dessin d'enfant Différent de l'art populaire



de l'art naïf



et des dessins d'enfants
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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 10:12

 

...

 

 

"L’art brut préféré aux arts culturels", 1949

(Manifeste accompagnant la première exposition collective de l’Art brut à la Galerie Drouin, reproduit dans Prospectus et tous écrits suivants, Gallimard, 1967)

 

« Nous entendons par là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquels donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écriture, etc.) de leur propre fond et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode. Nous y assistons à l’opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions. De l’art donc où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non, celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe. »

 

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 18:18

 

...


Notre dernière exposition nous a permis de retrouver avec plaisir des dessins d'échiquiers que beaucoup d'entre vous ont travaillés, exploités, et insérés dans leurs travaux illustrant les jeux de société.

Le diaporama de l'expo ici

 

De les voir (ou les revoir) nous donne l'occasion de nous arrêter  à nouveau sur ces 64 cases blanches et noires.

Mais cette fois, promis, nous ne parlerons pas

de perspective


mais simplement de couleur !

Et d'histoire de la couleur !


xxxxxxxxxxxxxxx


Pour nous, dans notre monde actuel,

les cases des échiquiers

et des damiers

sont donc noires et blanches,

la plupart du temps,

...

Mais il n'en a pas toujours été ainsi.


En effet, la structure bichrome des cases alternées en damier n'a pas toujours existé.

Plusieurs miniatures indiennes ou persanes,ainsi que de nombreuses images médiévales européennes nous montrent des échiquiers sur lesquels les cases sont formées par le simple croisement de lignes horizontales et verticales.

Ces lignes sont le plus souvent rouges, et les cases, blanches ou jaunes.

Pour jouer aux échecs, la bichromie alternée des 64 cases n'est pas obligatoire, ni même nécessaire, même si elles aident à mieux visualiser les coups. Ne pas disposer de telles cases demande une concentration extrême et une vision géométrique que la plupart des joueurs d'aujourd'hui ne possèdent plus.

 

Puis quand elle existe, cette alternance de l'échiquier n'a du reste pas toujours été formée de blanc et de noir... association qui constitue le contraste chromatique le plus accentué ... du moins en occident, et actuellement.


Les pièces d'échecs et les échiquiers

n'ont pas toujours opposé

un camp blanc et un camp noir.


Au début du VI° siècle de notre ère, le jeu d'échec nait en Inde du nord : il oppose un camp rouge et un camp noir.

Au VIII° s., quand la culture musulmane s'approprie ce jeu, elle en garde les mêmes couleurs.


Mais quand le jeu arrive en Europe, un peu avant l'an 1000, pour l'occidentaliser,(rouge contre noir ne signifie rien pour la mentalité féodale et chrétienne) on change donc le noir en blanc et ainsi s'affronte sur l'échiquier un camp rouge et un camp blanc.

" Rouge - blanc " constitue alors le couple de contraires le plus fort, et qui était alors le plus utilisé dans l'emblématique et dans les pratiques codées de la couleur.

Depuis longtemps, en effet, le moyen-âge chrétien construisait ces systèmes de la couleur autour de trois pôles : Le blanc, le noir et le rouge, c'est à dire autour du blanc et de ses deux contraires.

 


Trois siècles plus tard, cependant, ce choix est remis en cause, et peu à peu, fin 13e siècle - courant 14e,le couple " blanc - noir " devient plus efficace que le couple "blanc - rouge ".

Entre-temps la couleur noire avait en effet connu "une promotion remarquable" : de couleur du diable, de la mort et du péché elle était devenue couleur de l'humilité et de la tempérance. 

 

De plus, cela rejoint la théorie d'Aristote quant à la classification des couleurs qui faisait du blanc et du noir les deux pôles extrêmes de tous les systèmes.


Dans de nombreux domaines, l'opposition du blanc et du noir commence alors à être pensé comme plus forte et plus riche de sens que celle du blanc et du rouge.


Les échecs, jeu symbolique et philosophique,

ont subi l'influence des mutations des systèmes de pensée

au cours des siècles.


Sur les échiquiers,

les pièces et les cases rouges ont ainsi cédé leur place progressivement aux pièces et aux cases noires.

...


Et de nos jours, quoi de plus noir et blanc qu'un échiquier ?

 

Pour en savoir + ,

" La couleurs de nos souvenirs "

Michel Pastoureau

Editions du Seuil

 



 

 

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 17:43

 

 

...

Ce nom ne vous évoque souvent que celui d'un Boulevard du 4° arrondissement de Marseille.


Pourtant Françoise Duparc, même si elle est née en Murcie ( Espagne),le 15 octobre 1726 ( son père, le sculpteur marseillais Antoine Duparc s'y installe une dizaine d'années probablement pour fuir la peste ) fait partie des plus célèbres de peintres de l'école provençale.

Sa famille revient à Marseille en 1730.

De 1742 à 1745, elle fera son apprentissage dans l'atelier de Van Loo à Aix en Provence puis travaillera dans différentes villes d'Europe : Paris, Londres (où elle participe à deux salons en 1763 et 1766)  Breslau ... .

 

Dans un style intimiste,dépouillé et sincère, elle peint le portrait de gens "ordinaires ", hommes et femmes rencontrés dans la rue ou à l'intérieur de maisons modestes, dans des scènes de la vie quotidienne.

Sa peinture est fortement influencée par le style hollandais.

 Elle revient à Marseille vers 1771, où elle sera reçue à l'Académie de peinture et de sculpture en 1776.

Elle décède peu après le 2 octobre 1778.

 

Après son décès, l'inventaire fait état de quarante et un tableaux qui n'ont pas été retrouvés ...  à l'exception de quatre toiles léguées par l'artiste à la ville de Marseille et qui se trouvent actuellement au musée des Beaux-Arts de Marseille:  

Femme à l'ouvrage, Marchande de tisane, Vieille femme et Homme à la besace.

 

 

Françoise Duparc La marchande de tisane

La marchande de tisane représente une jeune femme vêtue d'une robe grise et d'un tablier blanc portant la coiffe blanche des femmes du peuple. Une fontaine est suspendue à ses épaules et elle tient un gobelet à la main.

Cette toile s'est longtemps intitulée La laitière. Cette appellation surprend car les gravures de l'époque représentent les laitières portant le lait dans des pots en fer blanc placés sur leur tête ou tenus à bout de bras.

C'est en 1938 que Joseph Billioud, archiviste, retrouve le testament de Françoise Duparc où il est précisé que dans les quatre tableaux légués à la ville figure la marchande de tisane. 

 

 

 

Le sculpteur Antoine Duparc s'installe près de dix ans à Murcie (Espagne). Il se marie et a quatre enfants. De retour à Marseille, il poursuivra son métier de sculpteur. 

Il participe au décor du maître autel de l'église des Grands-Carmes à Marseille et sculpte le Christ gisant du maître autel de la collégiale Notre-Dame de Villeneuve-lès-Avignon.
Ses fils Antoine et Raphaël travaillent également la sculpture.

Ses filles Françoise et Joseph-Antonia s'adonnent à la peinture.

 

En savoir + ? ici


 

Françoise Duparc fait donc partie de cette longue " liste" de peintres marseillais que nous découvrons cette année ... En nous intéressant aux portraits notamment dans le cours de dessin, nous ne pouvions ne pas la citer et j'espère que nous pourrons aller très bientôt re découvrir ses toiles ... ceci dès la ré-ouverture du Musée Longchamp ...

 


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