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Un blog pour les passionnés de dessin, de peinture, et d' arts plastiques.
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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 11:18

 

  

Casimir Malevich photo

 

Figure de proue de l'avant-garde russe, Kazimir Malevitch a donné naissance à l'un des courants de l'abstraction, le « suprématisme ». Il a joué dans l'évolution de l'art moderne un rôle comparable à ceux de Kandinsky et Mondrian. 

 

Kasimir Malévitch (près de Kiev 11 février 1878-Leningrad 1935) 


D'une famille d'origine polonaise, Kazimir Malevitch est destiné par son père à la prêtrise.

Mais dès l'âge de 10 ans il développe ses dons artistiques et peint et dessine avec des couleurs vives et des formes géométriques.

Il entre à l'école des beaux-arts de Kiev en 1895, se familiarise avec l'art populaire et les icônes ; il se forme aux arts appliqués et travaille au début comme dessinateur industriel pour les chemins de fer de Koursk.

Il s'installe à Moscou en 1904 afin de s' inscrire à l'Académie de peinture et découvrir les grandes collections de peintures de Chtchoukine, de Morosov et l'art de ses contemporains.


 malevitch pommier fleurs

Pommiers en fleurs, 1904,

 

 Dans ses premières toiles, il adopte tout d'abord un style néo-impressioniste (Femme à la fleur, 1903, Musée russe, Saint-Pétersbourg ; Pommiers en fleurs, 1904, ibid.) auxquelles succèdent en 1907-1908 de grandes gouaches qui, par la violence de leurs couleurs rappellent les Fauves mais aussi les expressionnistes allemands de Die Brücke ; puis il optera plus tard pour le cubisme. 


Malevitch participe à toutes les manifestations de l'avant-garde russe : expositions du « Valet de carreau » (1910), de « la Queue d'âne » (1912) et de «la Cible » (1913).

À l'invitation de Kandinsky, il participe aussi à la deuxième exposition du Blaue Raiter (1912).


En 1913, il découvre le mouvement futuriste, qui exalte la civilisation urbaine et technicienne, en réalisant les décors et les costumes d'un opéra: " la Victoire sous le soleil".

A Moscou il prend aussi connaissance des toiles de Picasso acquises par des collectionneurs.

Au Futurisme, il emprunte la couleur et au Cubisme, la fragmentation des volumes – d'où la tendance dite « cubo-futuriste » qui le caractérise.


Malevich lebucheron1912(le Bûcheron, 1912, Stedelijk Museum , Amsterdam)

 

Plusieurs de ses autres tableaux annoncent le Dadaïsme.


En décembre 1915, durant l’exposition « 0,10 » organisée par le peintre Jean Pougny, à Pétrograd (appelée plus tard Léningrad), Kazimir Malevitch expose ses premières toiles abstraites qu’il définit comme « suprématistes ».


a'' Malevitch

 Il y présente son  " Carré noir sur fond blanc" ( huile sur toile de 79,5 × 79,5 cm. aujourd’hui exposée à la galerie Tretiakov à Moscou) qui symbolisera plus tard son mouvement.


Il affirme :

« le carré égale la sensation, le fond blanc égale le Rien en dehors de cette sensation ».

 « Le carré noir est un enfant royal plein de vie .

C'est le premier pas de la création pure en art »

Écrits, tome I

 

Il explique en 1916 :

« Je me suis transfiguré dans le zéro des formes et suis allé au-delà du zéro vers la création, c’est-à-dire vers le suprématisme, vers le nouveau réalisme pictural, vers la création non-figurative ».

 

Le suprématisme se caractérise par une peinture purifiée, qui rejette les formes de la nature et qui fait ressortir l’idée de sensation pure :

« Toute la peinture d’hier et d’aujourd’hui avant le suprématisme, la sculpture, la littérature et la musique étaient esclaves des formes de la nature, elles attendaient d’être libérées pour pouvoir s’exprimer dans leur langage propre. »


L’œuvre peut être identifiée à une icône.

 En abordant l'abstraction, il fixe son attention sur le rapport entre la forme et l'espace qui l'entoure et crée ainsi une tension qui semble faire vibrer la toile.


 

Composition suprématiste Malévitch(Composition suprématiste, 1915, Stedelijk Museum, Amsterdam).


Il veut ainsi atteindre à l'essence, difficile à saisir, de la forme, et d'élever la peinture à une expression parfaite, qu'il nomme « suprême ».

Il en expose la théorie dans son essai :« Du cubisme et du futurisme au suprématisme » (1916).

 

En poussant sa théorie jusqu'à ses dernières limites et l'étendant à la couleur, il passe alors au " Carré blanc sur fond blanc"( dont je vous ai déjà parlé ici)

 

a'- Malevitch - carre blanc sur fond blanc - 1918 - 78 7x78

Carré blanc sur fond blanc (1918, MoMA, New York).


Avec seulement une légère inflexion de la touche, il sépare le carré du fond sur lequel il apparaît.


La forme a cessé d'être un signe de l'espace pour devenir une allusion à l'espace, et le tableau lui-même, par sa présence matérielle, n'est plus qu'une allusion à la peinture.

 

« Il ne peut pas être question dans le suprématisme de peinture.

La peinture a depuis longtemps fait son temps

et le peintre lui-même est un préjugé du passé »

(Écrits, tome I).


Avec la Révolution de 1917, Malevitch redouble d'activité et accepte des fonctions d'enseignant et de chercheur ; il lutte pour la démocratisation.

Il enseigne à l'Académie de Moscou, puis à celle de Vitebsk, où il fonde la première école consacrée à l'art moderne.

En 1921, il se livre à ses premiers essais de céramiques suprématistes à la manufacture Lomonosov de Petrograd.  

En 1922, il participe à la première exposition d'art russe à Berlin

En 1927, Malevitch séjourne pendant trois mois en Pologne et en Allemagne, à l'occasion de la rétrospective de son œuvre, qui a lieu à Varsovie puis à Berlin. 

Il laisse 70 tableaux en Allemagne et un manuscrit « Le Suprématisme ou le Monde sans objet », publié par le Bauhaus sous le titre « le Monde sans objet ».

 

Mais après s'être rallié dès les débuts au bolchevisme, il en subit les foudres.

Rappelé alors d'urgence en U.R.S.S., Malevitch tombe en disgrâce.

Ses recherches picturales étant jugées subversives, il est incarcéré à la « Grande Prison » de Leningrad – réservée aux détenus politiques – en septembre 1930 et, pendant deux mois, soumis à d'implacables interrogatoires.

De plus, ses cahiers de dessins sont saisis et détruits.

Dans un régime totalitaire qui, sous Staline, en 1932, instaure les normes du «réalisme socialiste", l'art est mis en résidence surveillée et Malevitch est sommé de renouer avec la peinture figurative d'avant la période suprématiste, ce qu'il va faire en se consacrant au portrait et au paysage.


Malevitch témoignera de son impuissance face aux événements dans un tableau de 1934, intitulé "l'Homme qui court" (à sa perte ?) : tableau figuratif certes mais lourd de symboles

Une petite vidéo "D'art d'art" pour mieux comprendre encore :

cliquez ici

 

Faute du visa qui lui aurait permis d'aller se faire soigner en France, il meurt des suites d'un cancer.

Il est alors inhumé dans un cercueil qu'il avait lui-même orné de motifs suprématistes.


La reconnaissance de cet artiste intervient à partir des années 1970.

Depuis, de nombreuses rétrospectives à travers le monde ont consacré Kazimir Malevitch comme l'un des maîtres de l'art abstrait.

Le Constructivisme et le Suprématisme ont énormément influencé l'art actuel.

Des artistes tel que Geneviève Asse ou encore John Beckley ou plus anciennement Piet Mondrian ont étés influencés par ces deux mouvements.

 

 

 

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 09:06

 

  Symbolisme,

Néoprimitivisme,

Rayonnisme,

Suprématisme,

Constructivisme,

Futurisme ...

ouf !

 

  Autant de mouvements artistiques  russes distincts quoique parfois associés, qui vont émerger au tournant du XIX° et XX° siècle ...

 

Si vous en avez le temps et la curiosité je vous propose d'aller voir un peu "ce qu'ils sont" chacun ... pour occuper votre week end !

 

 

a'- Malevitch - carre blanc sur fond blanc - 1918 -copie-1 Malévitch " Croix noire" (1915)

 

 

Parallèlement et le plus souvent en réaction contre le mouvement réaliste que je vous ai présenté dernièrement, ces artistes tels Kasimir Malévitch, Vladimir Tatline, Vassily Kandinsky, Alexander Archipenko et bien d'autres vont emprunter avec la peinture des " chemins différents" qui vont "irradier" ensuite dans toute l'Europe de l'Est, l'Allemagne... puis le reste de l'Europe, notamment lorsque nombre de ces artistes quitteront l'URSS pour cause de "désaccord" avec le réalisme socialiste promu alors par l'état.

Cette "avant garde" connaîtra son apogée entre la révolution russe de 1917 et 1932.


 

tatlin relief picturalTatlin " Relief pictural" (1914)

 

Cette "avant garde" connaîtra son apogée entre la révolution russe de 1917 et 1932.


 

Archipenko Archipenko " Danseuse bleue" ( 1913)

 

Le suprématisme et le constructivisme sont liés par leurs philosophies ainsi que par leurs artistes.

Le suprématisme est un mouvement artistique créé par Kasimir Malevitch vers 1913,dont il écrira la théorie en  1920 avec le traité :

« Le suprématisme, ou le monde de la non-représentation ».

Bien que le mouvement se soit élargit, il reste essentiellement lié au nom de son créateur.

 

Le constructivisme a, de son côté, commencé dans les années 1917-1918, fondé à Moscou par Tatlin et Rodtchenko, qui souhaitent orienter l'art vers une production d'objets utilitaires et « construits ».


rodchenko-cercles-KarginovRodchenko " Cercles"

 

Vers 1917-18, Malévitch, auteur du Manifeste suprématiste (1915), nommé professeur aux ateliers supérieurs d'éducation artistique et technique de Moscou (Vkhoutemas) retrouve Kandinsky, Tatlin, Pevsner et Gabo.

Ce qui sépare chacun devient très vite évident et provoque alors la scission de l'école en deux groupes : les frères Pevsner et Gabo se rallient au point de vue " non objectif " de Malévitch, tandis que " de l'autre côté" se groupent autour de Tatlin ceux qui se nomment " productivistes " et qui condamnent l'autonomie de l'art au profit d'une production d'objets directement utilitaires.

 

Kandinsky, bien que " sympathisant ", reste résolument "individualiste".


" Le conflit idéologique, raconte Naum Gabo, entre le groupe de Tatlin et notre groupe ne servit qu'à élargir la coupure qui nous séparait et nous obligea à faire une déclaration publique. "

 

Cette déclaration fut le Manifeste réaliste, daté du 5 août 1920 et signé par Gabo et Pevsner qui contient l'essentiel des principes du Constructivisme.

 

La ligne ne doit être qu'indication des forces et des rythmes de l'objet ; le volume est rejeté comme " expression spatiale " : la profondeur et la transparence lui sont substituées.

" Nous annonçons, écrivent-ils, que les éléments de l'art ont leur base dans la rythmique dynamique. "


Placardé sur tous les murs de la capitale, ce texte eut de grandes répercussions sur toute la vie artistique de Moscou.


 

kandinsky.comp-8Kandinsky " Composition n°8" (1923)

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 09:14

 

 

a'- Malevitch - carre blanc sur fond blanc - 1918 - 78 7x78

 Kasimir Malévitch 1918 (MoMA New York)

 

Quoi de plus naturel avec notre "période de neige" et donc de " blanc" (revoir)

que de s'intéresser à cette toile

de Kasimir Malévitch.


On considère souvent cette toile comme le premier monochrome de l'histoire de l'art contemporain...


Pour le réaliser Malévitch a utilisé deux blancs différents :

- l'un d'une marque française pour le carré,

- l'autre de marque russe pour le fond lui permettant de travailler des textures différentes.


Cette toile s'inscrit dans les recherches sur la finalité de la peinture de Malévitch et a été réalisée après la toile emblématique du même Malévitch:


" Carré noir sur fond blanc"( 1913- Léningrad)


a'' Malevitch

 

 

Nous sommes toujours en Russie,

et après vous avoir fait découvrir les peintres réalistes russes 

(revoir ici)

et l' "intention" qu'ils mettaient dans leurs toiles,

je vous propose de découvrir maintenant

les artistes qui ont formé " l'avant garde russe".

 

Ne dites pas : "çà ressemble à rien"

Je vous entends d'ici

Je vous laisse tout d'abord admirer puis ...

je vous explique dans mon prochain article !!!

 


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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 11:54

  Un petit résumé de ce que nous avons découvert tout au long de la semaine dernière et un album photo en ligne ( colonne droite du blog) pour voir, revoir ... et peut être vous inspirer des toiles que je vous ai présentées ....


 

2 S.Svetoslavsky 

" Vue d'une fenêtre de l'école de peinture de Moscou"

Huile sur toile - 52,6 x 73,3 cm

Sergei Svetolavsky - 1878

 

Les "Ambulants" ou" Itinérants" (en russe : Передвижники, Peredvižniki) est le nom donné au mouvement réaliste russe ( de 1863 environ jusqu'aux début du XX° s.) construit en réaction contre l'enseignement, les sujets et les méthodes de l'académie impériale des Beaux Arts de Saint- Pétersbourg, qui s'appuyaient alors sur celles pratiquées en Europe plus occidentale et notamment en France, à Paris.


En 1864, en effet,  de jeunes artistes étudiants de l’Académie,

rejettent le sujet imposé à leur examen par le jury et exigent de le choisir librement...

Après avoir essuyé un refus, ils quittent alors l’institution  ... 

C’est ce que l'on appellera la « révolte des quatorze ».

Ils se regroupent alors en une communauté d'artistes

avec à leur tête, Ivan Kramskoï.

En 1870, ils fonderont aussi

la Société des expositions artistiques ambulantes

d'où le nom de Peredvijniki .

 

18 S.Ivanov" La Famille "

Huile sur toile - 67 x 103 cm

Sergei Ivanov - 1910


Les membres de cette organisation sont soudés par un même idéal :

l’art doit être au service du peuple

et les thèmes de leurs tableaux se doivent de rendre hommage à la Russie :

 ils nous content  ainsi et souvent en de grandes fresques,

sa diversité, l'immensité et la beauté de ses paysages,

les traditions et la vie quotidienne en Russie

 ...

mais aussi la misère et l'ignorance du peuple

 en cette fin du XIX° et au tournant du XX°.


5 V.Makovsky" Un asile de nuit"

 Huile sur toile - 94 x 143 cm

Vladimir Makovsky - 1889

 

Les peintres ambulants pratiquent essentiellement une peinture de genre à caractère social et historique, le portrait, le paysage russe et peu de natures mortes. 

 Ils dépeignent  la vie sociale de cette Russie impériale, avec talent,  humilité ... mais aussi avec douleur en transcrivant au mieux la profondeur de l'âme russe.


10 Repine" Barge - hauler sur la volga" 

Huile sur toile - 131,5 x 281 cm

Ilya Repine - 1870 - 73

 

Le mouvement des "peintres ambulants" participe à l'effervescence culturelle de la Russie dans les décennies qui précèdent la révolution.

Ces jeunes peintre qui rejettent l'académisme, veulent aussi sortir dans les rues et les villages, "aller au peuple" comme les populistes des années 1870.

Il s'agit à la fois de peindre le peuple, et de lui apporter l'art.

Ils organisent ainsi des expositions itinérantes dans les grandes villes russes dans un but pédagogique et la volonté de rendre l'art plus accessible à un vaste public.

 

35 NikolaiGe   " Portrait de l'écrivain Léon Tolstoï"

Huile sur toile - 93 x 73,5 cm

Nikolaï Ge - 1884

 

Contemporains de Tourgueniev, Dostoïevski, Tolstoï, Moussorgski, Tchaïkovsky, Anton Rubinstein, ... les Ambulants, créateurs du réalisme social, en se préoccupant de la condition du peuple, mirent ainsi en évidence les inégalités criantes au sein de la société russe de l'époque.

  Les plus radicaux d'entre eux développèrent ensuite ce qui fut connu sous le nom de Réalisme critique, avec des artistes comme Ilya Répine ( 1844 - 1930).

 

40 Répine" Autoportrait "

Huile sur toile - 60,5 x 49,6 cm

Ilya Repine - 1878


Ce mouvement, de 1870 et 1923 organisera quarante-huit expositions itinérantes, dans les deux capitales et dans plusieurs villes de province.

Plus d'une centaine de peintres feront partie de ce mouvement ...

dont 2 femmes : Emily Shanks et Antonina Rzhevskaya


Ils ont leurs propres critiques, comme Vladimir Stassov (1824-1906), leurs mécènes et leurs collectionneurs, comme Pavel Tretiakov (1832-1898) qui offrira en 1892 sa collection (la célèbre galerie Tretiakov, composée essentiellement à l’origine d’œuvres d’Ambulants) à la ville de Moscou.

 


32 I.Kramskoy" Portait d'un paysan"

Huile sur toile - 42 x 30, 5 cm

Ivan Kramskoï - 1868


Le développement de la peinture russe est étroitement lié à l’œuvre des Ambulants dans l'histoire de la Russie ; dans les mémoires, ils restent comme des peintres aimant profondément le peuple ... peuple qui les appréciait tout autant.

 

Des expositions de leurs oeuvres à l'étranger contribuèrent à la vulgarisation de l'art russe en Europe et à travers le monde.

 

41 K.Savitsky 

" Départ pour la guerre"

Huile sur toile - 207,5 x 303,5 cm

Konstantin Savitsky - 1888

 


En 1917,

alors que l'existence de la société va prendre fin,

Nikolaï Doubovskoï (1859-1918), remarquable paysagiste écrit :


 "Les principes vivifiants de la sociétés des Ambulants ne peuvent à jamais disparaître. Nécessaires à la nouvelle société ils renaîtront un jour, de même que le caractère authentique de la peinture, le réalisme et l'idéologie. Notre société cessera d'exister mais ses idées seront reprises par de nouvelles générations de peintres doués."

 

 

24 Repine" Cosaques écrivant une lettre au sultan de Turquie"

Huile sur toile - 203 x 358 cm

Ilya Repine 1890 - 91

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 17:13

 

 

Massoudy465"désert"

 

 

 

" Jeune beauté qui laisse involontairement

Tomber les boucles de tes cheveux

Et tes longues tresses

Aussi noires que l'ébène.

Tu es semblable au jour

Que la nuit vient d'envelopper

Dans son obscurité,

Tu es comme l'astre argenté

Qui obscurcit les plus vives étoiles,

Tes charmes séduisent

Tous ceux qui t'approchent.

Ne me fais pas un crime de mon amour.

Je ne songe qu'à lui, je ne respire que lui.

Mais je le cacherai dans mon âme

Jusqu'au jour heureux

Où je pourrai m'écrier :

J'ai servi celle que j'adore "

 

Antara, le "Poète du désert" (525- 615)

  Éditions " Alternatives"

Extraits d'un ouvrage arabe du XII° s.

Adaptation de traductions françaises du XIX° s.

 

Massoudy468

 

Avant de laisser ce thème de l'Orientalisme, je tenais à vous faire partager le texte de cette légende : l'histoire d'Antara, "preux et poète" qui vécut en Arabie ( au VI° s. ... c'est à dire avant l'islamisme) et qui se propagera ensuite dans l'Espagne musulmane et jusqu'aux Croisades.

Cette première " chanson" d'Antara donne à jamais le modèle du héros " au désert" qui le vit naître... et cette épopée est la quête continue de la "reconnaissance".

 

Massoudy463

 

Ce texte symbolique est illustré de magnifiques créations calligraphiques d'Hassan Massoudy, calligraphe, peintre que je vous invite" rencontrer" 

ici...

et sur son site : cliquez

 

Massoudy474

 

Un joli texte à méditer

et de belles réalisations à contempler !!

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 10:06

 

 

... Les échanges entre Orient et Occident sont de plus en plus présents dans l'Art Contemporain.

 

Je vous avais proposé de connaître les oeuvres d' Azouaou Mammeri qui est considéré comme le père de la peinture moderne en Afrique du Nord.

Il y a introduit une technique purement occidentale ... la peinture de chevalet.

Plus d'infos ? ici ou

 

 Azouaou Mammeri-Tour de l'Horloge-Casa-1

Vue de Fès

 

 

Néjib Belkhodja a passé sa vie à peindre dans son quartier, la médina de Tunis; mais il a étudié en Europe et aux États Unis et va plus loin avec la découverte de la peinture moderne.

Ces réalisations entre peinture abstraite, optique ...  "parlent" toujours de l'architecture arabe et évoque aussi ces calligraphies orientales.

Il a su mélanger ainsi art oriental traditionnel et art occidental moderne.

A voir : ici aussi .

 

ken-2Ken-2

 

 

Enfin, une artiste qui nous permet de "reprendre" le thème de l'an passé : celui des "femmes artistes", avec les créations et la démarche créatrice de Majida Khattari qui nous donne à voir et à réfléchir sur une nouvelle représentation de l'orientalisme.

A méditer ...

Je vous laisse avec elle ....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 07:41

 

Cet été je vous faisais part de l'exposition qui se tenait à la Vieille Charité à Marseille sous le titre : 

 

L'Orientalisme ... de Delacroix à Matisse

suivre le lien ici

 

3569

 

Depuis la rentrée nous avons fait nôtre ce thème particulier.

Pour mieux l'approfondir et mieux s'imprégner des sujets que nous abordons, un petit résumé de ce qu'est ou a été ce thème de l'Orientalisme ....

... en suivant l'expo qui nous était proposée ....


A la fois thématique et chronologique, la visite de l'expo de la Vieille Charité a permis en effet de comprendre les enjeux et l’évolution de ce que l’on appelle "l’Orientalisme".


L’orientalisme n'est pas un «  mouvement » ... c'est un ensemble de thèmes. Il est « transversal », c'est à dire qu'il traverse les catégories picturales du XIX° que sont : le paysage, le genre, la peinture d'histoire, les nus. 

 

L’orientalisme, qui se déploie au XIXe siècle et au début du XXe, n’est pas un style ; il ne se caractérise pas par la manière dont les œuvres sont peintes, mais par ce qu’elles représentent.

Une peinture est dite "Orientaliste" lorsqu’elle représente une scène se déroulant des rives du Bosphore aux pays du Maghreb. Certaines représentations de l’Espagne, qui conserve encore au XIXe siècle bien des témoignages « maures », peuvent parfois aussi être qualifiées ainsi.

 

 

 

L’Orient rêvé … !!!

L'Orient des mythes et des fantasmes !

L'Orient, berceau du « Romantisme ».

 

 

L’Orient fascine depuis la campagne d’Égypte de Bonaparte et … les « contes des 1000 et 1 nuits ».

L’imaginaire est lié à la première traduction des «  1000 et 1 nuits »au XVIII° s. et aux lettres de Lady Montagu ( XVIII°s. : femme d’ambassadeur)


7573

Les peintres orientalistes vont avoir différentes façons de peindre en fonction de la mode de leur temps.

 

Ainsi il existe par rapport au style :

- un orientalisme romantique 

- un orientalisme réaliste,

- et un orientalisme moderne


L'orientalisme est un phénomène pictural un peu particulier où le pire côtoie souvent le meilleur !

L’exposition de Marseille était intéressante en premier car elle n'a proposé que le meilleur de cette « tendance », ou presque.... et a rassemblé les principaux styles de ce sujet. Elle a montré aussi l'intérêt pour l’Égypte et l'Archéologie, pour les grands espaces, tel les déserts ... et un intérêt pour un retour aux origines ( les artistes s'inspirant de ces sujets ont l'impression de se retrouver dans ...l'Antiquité... )

 

16582

A part les « extrêmes » comme Delacroix le " Romantique", et les Modernes, les peintres orientalistes sont souvent très « académiques », fascinés par le récit. Pourtant la vision rapportée est bien différente de la réalité. Peu d'artistes sont réellement allés en Orient, surtout dans les débuts de cet" engouement". 

Les modèles sont souvent des photos, donnant un aspect «  froid » du détail ; Les oeuvres réalisées sont très souvent des visions transposées dans l'imaginaire des choses vues … et dans l'attente du public : en 1850 – 1870, c'est un sujet à la mode …

 

Comme tout ce qui est à la mode... se démode .... actuellement qu'en est-il de l'Orientalisme ? ... y a t'il un renouveau ?

 

... à suivre !!!! ...

 

 

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 07:19

 

 

 

«  Le premier mérite d'un tableau est d'être une fête pour l’œil » promettait Delacroix. « Ma palette fraîchement arrangée et brillante du contraste des couleurs suffit pour allumer mon enthousiasme ».


Delacroix, connu pour être un coloriste hors pair avait une technique qui permettait de "faire vibrer la couleur".

Il travaillait très vite, en touches saccadées mais précises.


La mort de SardanapaleLa mort de Sardanapale - E. Delacroix - 1827

 

Selon Baudelaire, «  il professe une estime fanatique pour la propreté des outils et la préparation des éléments de l’œuvre. En effet, la peinture étant un raisonnement profond et qui demande la concurrence immédiate d'une foule de qualités, il est important que la main rencontre, quand elle se met à la besogne, le moins d'obstacles possibles, et accomplisse avec une rapidité servile les ordres divins du cerveau : autrement l'idéal s'envole » .

 

Frédéric Villot a observé Delacroix dessinant selon la technique du « flochetage ».

« Au lieu de poser la couleur juste à sa place, ..., il entrelace les teintes, les rompt et, assimilant son pinceau à une navette, cherche à former un tissu dont les fils multicolores se croisent et s'interrompent à chaque instant. »

 

En 1833, Alexandre Dumas donne un bal et prie ses amis peintres de décorer ses salons pour l'occasion. Laissons lui la plume :

«  Sans ôter sa petite redingote noire collée à son corps, sans relever ses manches ni ses manchettes, sans passer ni blouse ni vareuse, Delacroix commença par prendre son fusain ; en 3 ou 4 coups, il eut esquissé le cheval ; en 5 ou 6, le cavalier ; en 7 ou 8, le paysage, les morts, mourants, et fuyards compris ; puis faisant assez de ce croquis, inintelligible pour tout autre que lui, il prit brosse et pinceaux et commença à peindre. Alors, en un instant, et comme s'il eût déchiré une toile, on vit sous sa main apparaître, d'abord un cavalier tout sanglant, tout meurtri, tout blessé, traîné à peine par son cheval sanglant, meurtri et blessé comme lui, n'ayant plus assez de l'appui des étriers et se courbant sur sa longue lance ; autour de lui, devant lui, derrière lui, des morts par monceaux ; au bord de la rivière, des blessés essayant d'approcher leurs lèvres de l'eau et laissant derrière eux une trace de sang ; à l'horizon, tant que l’œil pouvait s'étendre, un champ de bataille acharné, terrible ; sur tout cela, se couchant dans un horizon épaissi par la vapeur du sang un soleil pareil à un bouclier rougi à la forge ; puis enfin, dans un ciel bleu se fondant à mesure qu'il s'éloigne dans un vert d'une teinte inappréciable, quelques nuages roses comme le duvet d'un ibis. Tout cela était merveilleux à voir ; aussi un cercle s'était-il fait autour du maître et chacun, sans jalousie, sans envie, avait quitté sa besogne pour venir battre des mains à cet autre Rubens qui improvisait tout à la fois la composition et l'exécution. En 2 ou 3 heures ce fut fini … »

 

Et avec une façon bien particulière de poser la couleur.

En effet, cette fois, c'est Signac qui le raconte :

 

« Il (Delacroix) met en application la théorie scientifique de la couleur pour harmoniser ou exalter le contraste de 2 teintes voisines avec accord de « semblables » ou analogues des contraires.

Puis il emploie le mélange otique, donc il exclut toute teinte plate et se garde bien d'étendre sur la toile une couleur uniforme : il fait vibrer une teinte en y superposant des touches d'une teinte très voisine.

exemple : un rouge sera martelé de touches soit du même rouge, mais avec un ton plus clair ou pus foncé, soit d'un autre rouge, un peu plus chaud ( plus orangé) ou un peu plus froid ( plus violet)

Donc en premier, il y a surexcitation des teintes par la vibration et la dégradation du ton sur ton et du petit intervalle. Puis ensuite il crée par juxtaposition de 2 couleurs plus éloignées, une troisième teinte résultant de leur mélange optique.

Ainsi, quand il veut modifier une couleur, la rabattre, la rompre ;.. il ne mélange pas directement avec une couleur opposée, mais obtient l'effet recherché par une superposition de hachures légères qui viennent influencer la teinte sans altérer sa pureté.

En sachant que les complémentaires « s'excitent » si elles sont juxtaposées et se « détruisent » si elles se mêlent, donc s'il veut de l'éclat : il l'obtient par leur contrastes en les opposant , par leur mélange optique, donc « les teintes sont grisées, mais non salies » , telles qu'aucune triturations sur la palette ne pourraient produire si fines et si lustrées.

Ainsi en variant les proportions, l'intensité de tons voisins ou opposés, il y a création d'une « série infinie de teintes et de tons jusqu'alors inconnus , à son gré, éclatants ou délicats ».


dlcx6bCarnet de croquis de son " voyage dans le Maroc"

 

Sa manière de traiter les couleurs inspirera les Impressionnistes, puis Matisse, Picasso ….

 

Ainsi, pour garder des couleurs au maximum de leur intensité, à la manière de Delacroix, ne mélangez pas les couleurs sur votre palette mais jouez leur mélange optique en les superposant à petites touches juxtaposées (bien sûr sans travailler en « pointillisme » qui verra le jour bien plus tard.)

 

delcx596

 

Reprenez pour cela votre cercle chromatique et tel Delacroix qui le note dans ses carnets de voyage :

 

«  Des 3 couleurs primitives se forment les 3 binaires. – si au ton binaire vous ajoutez le ton primitif qui lui est opposé vous l'annihilez, c'est à dire vous en produisez la demi-teinte nécessaire … ainsi, ajouter du noir n'est pas ajouter de la demi teinte, c'est salir le ton. Donc la demi teinte véritable se trouve dans le ton opposé que nous avons. …. là les ombres vertes dans le rouge. - La tête des petits paysans : Celui qui était jaune avait les ombres violettes. Celui qui était plus sanguin et plus rouge des ombres vertes. » Annotations à propos de la couleur sur son carnet de voyage au Maroc.

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 08:17

 

Pour mieux réfléchir à ce portrait peint par Van Gogh ....

vous avez suivi ? ... non ? .... 

relire l'article : ici

 

Mireille H. a déniché pour nous.

un lien et donc une photo

 

portrait-de-theo-van-gogh-d-apres-une-photoyraphieThéo Van Gogh

 

 

Est-ce que cela vous fait avancer dans votre réflexion ? ....

Je persiste à dire ...

le regard peut-être !

VanG


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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 20:49

 

 

1908 - 1984

 

  krasner-studio

Lee Krasner est née à Brooklyn aux Etat Unis, de parents immigrés russes d'origine juive.

 

Elle étudie au The Cooper Union and the National Academy of Design et avec The Federal Art Project (FAP) de 1935 à 1943.

De 1933 à 1940, Lee Krasner travaille dans l'atelier de Hans Hofman et rejoint le mouvement des American Abstract Artists.

 

En 1941, elle fait la connaissance de Jackson Pollock.

Ils se marient en 1945.

Tous deux s'influencent l'un l'autre dans leurs démarches artistiques.

Ceci jusqu'à la mort de Pollock en 1956.

C'est Lee Krasner qui propose à Pollock de numéroter ses peintures au lieu de leur donner des titres plus conventionnels ; car en effet, dit-elle,  les nombres sont neutres et les gens regardent sa peinture pour ce qu'elle est.  

«...They make people look at a picture for what it is - pure painting ».


Jackson Pollock

Après la mort de son mari, elle exprime sa colère et sa souffrance en peignant d'immenses tableaux.

 

Elle travaille ensuite sur des motifs floraux et baroques. Et en 1976, elle réalise des collages effectués à partir de ses premières peintures en les recomposant totalement.

lee-krasner

 

En 1985, après sa mort, est créée "The Pollock-Krasner Foundation, INC." qui aide financièrement les artistes dans le monde.

La fondation travaille en collaboration avec l'Université d'Etat de New York à Stony Brook. 



 Lee Krasner en vidéo ...

 

 

 

Et Lee Krasner encore en vidéo ...

en espagnol certes ... mais si vous ne comprenez pas tout...

l'important ce sont les images !

 

 

 

Et Lee Krasner ... avec Pollock

dans une bande annonce d'un film :

" Pollock" en 2000

 

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