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Un blog pour les passionnés de dessin, de peinture, et d' arts plastiques.
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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 11:33

« Hélas Dieu, pourquoi ne me fais-tu pas naître au monde en masculin sexe ! »

Christine de Pisan vers 1400.


Première femme à vivre de ses écrits, Christine de Pisan fut pourtant parmi celles qui permirent l’évolution du statut des femmes en cette longue période dite du « Moyen Age ».


Dans l'antiquité grecque et romaine, les femmes n'étaient jamais représentées par et pour elles-mêmes.

Leur image les renvoyait uniquement à leur rôle de « reproductrice » ou encore « d'objet de désir ».

De même, dans les premiers temps de la chrétienté, selon les enseignements de l'Église, les femmes étaient soit adorées comme la Sainte Vierge, soit soumises et méprisées comme Ève la pécheresse.


On attribue l’évolution du statut de la femme dans les premiers temps de la civilisation chrétienne, à la reconnaissance du statut de « personne » aux femmes dans le texte biblique.

Le premier texte de la Genèse dit en effet : "Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu, il le créa, homme et femme, il les créa " (Genèse, 1, 27). 

 

Deux textes illustrent notamment ces bouleversements : 

"De Milieribus claris" de Boccace et " La Cité des Dames" de Christine de Pisan. 

Considérée comme la première femme écrivain française, née en 1363, mariée à l'âge de quinze ans et veuve à vingt-cinq, elle se mit à écrire des poèmes, des allégories et des épopées pour subvenir aux besoins de ses enfants et de sa mère. La majeure partie de son œuvre est écrite à la gloire des femmes de toutes classes, qu'elle a voulu réhabiliter après l'image négative qu'en avait donnée le poème allégorique le plus populaire du Moyen Age, « Le Roman de la Rose ».

 

Les femmes du Moyen Âge étaient en fait bien différentes de l'image qu'en donnaient l'Église ou la littérature romantique, très populaire auprès de la noblesse de l'époque.

A l'âge de la chevalerie, l'adoration de sa dame était l'équivalent, en ce monde, du culte de la Vierge, mais les préceptes romantiques de "l'amour courtois" ne s'appliquaient qu'à une toute petite partie des classes supérieu­res. (Et encore, cette adoration n'était-elle que relative, puisque le droit canon autorisait à battre sa femme)


Pour dépasser les images imposées par l'Église et les romans populaires, et pour découvrir le monde réel des femmes médiévales, nous disposons de lettres, de testaments, de baux commerciaux et documents légaux, de registres de couvents et de domaines seigneuriaux, et aussi d’enluminures et de gravures  sur bois des premiers livres imprimés, qui complètent le « tableau » que nous avons de cette époque.  

 

En fait, au Moyen âge,et surtout au cours du haut Moyen-Âge,  les femmes jouissent d’un statut social important

Pour comprendre ce qu'était vraiment la vie de la femme en ce temps-là, il nous faut tout d'abord savoir quelle était sa place dans la société.


Était-elle noble, paysanne ou bourgeoise?


Dans chaque classe sociale, les femmes étaient soumises à un schéma bien précis. Mais, dans le même temps, elles se chargeaient souvent  des mêmes tâches que les hommes de leur classe.


Les châtelaines étaient très bien formées et exerçaient des responsabilités dans la bonne marche du domaine.

Comme leur mari s'absentait souvent pour combattre dans les guerres et les croisa­des, la responsabilité de la vie quotidienne de leur fief reposait sur leurs épaules.

 


femmedéfendantunchateauFemmes défendant un château avec arcs et arbalètes -

Walter de Milemete - 1326-27


Les paysannes devaient assumer toutes les tâches agricoles traditionnelles : la traite des vaches, le brassage de la bière, le filage et le tissage, et même le labourage lorsque cela s'avérait nécessaire.


Les années 1300 à 1550 constituent une période de transition entre la fin du système féodal et les débuts de l'Europe moderne.

 


cardagefilagetissage
Cardage, Filage et tissage de la laine -

Boccace XV° s.

 

 

La principale nouveauté de l'époque est l'avènement d'une bourgeoisie com­merçante.

Avec la croissance des villes, le pouvoir passe peu à peu des mains des nobles propriétaires terriens et de l'Église à une bourgeoisie en développement. Avec la laïcisation croissante de la société européenne, les langues vernaculaires prennent une place plus importante dans la littérature, qui profite éga­lement de l'invention de l'imprimerie.

Certains laïcs favorisent ce développement en faisant l'acquisition de bibliothèques, en fai­sant imprimer des livres et en payant des traductions du latin. C'est probablement cette laïcisation qui a permis aux illustrations, qu'il s'agisse d'enluminures ou de gravure sur bois, de dépeindre la vie réelle.


Dans la bourgeoisie en plein développement, les femmes avaient souvent des activités commer­çantes considérées jusque-là comme le domaine réservé des hommes : elles travaillaient comme apothicaires, coiffeuses, artistes, ouvrières de la soie, armurières, tailleurs et autres spécialités requérant un apprentissage.

La plupart des corporations excluaient les femmes, à l'exception des épouses et des filles des membres de la corporation ayant suivi un apprentissage.



femme tailleurFemme tailleur coupant un patron -

Boccace - XV° s.


Certaines femmes étaient établies comme des "femmes soles", terme légal qui signifiait« commerçantes indépendantes ». Il ne s'agissait pas seulement de veuves et de célibataires, mais aussi de femmes mariées qui, dans certains cas, portaient toute la responsabilité financière de leur affaire.



unecésarienne

Certains talents étaient communs aux femmes de toutes les classes. De nombreuses enluminures en dépeignent qui filent, cardent la laine et tissent, car les femmes faisaient tourner à elles seules l'industrie textile de l'époque.  

Elles étaient également sages-femmes et devaient pou­voir faire face à toutes les urgences médicales et chirurgicales survenant dans leur foyer. Toutefois, si une femme désirait exercer la médecine ou pratiquer certains soins à l'extérieur de chez elle, elle encourait le risque d'une sanction sociale et légale et, pis encore, pouvait être traitée de sorcière.

Certaines femmes, pourtant - notamment des épouses et des filles de médecins -, recevaient une formation médicale précise.

 


autoportrait

Les femmes étaient de véritables artistes qui peignaient des fresques, des images ou des portraits religieux et gravaient des bas-reliefs ou du bois.

 

(Les illustrations proviennent de "The Medieval woman- Illuminated book of days - Ed.Sally Fox)

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 07:56

Avant de parler des femmes dans cette société du Moyen-âge et notamment des "femmes artistes" de cette époque, un petit rappel de ce que fut cette période si longue de notre histoire.

 

frise

 

Le Moyen-âge s’étend en effet de la deuxième moitié du V° s. (après l’Antiquité) jusqu’à la première moitié du XV° s, c’est une période qui a duré environ 1000 ans, mille années riches et variées.

 

C’est donc une très longue période, avec ses "contrastes", ses "clartés et ses ombres" comme toute  partie de l’histoire des hommes.

 

Le nom : «  Moyen-âge » a été inventé à posteriori par les hommes de la "Re- naissance".

Voulant ainsi faire valoir leur propre supériorité intellectuelle, ils pensaient faire renaître des idées et mettre un terme à une longue période d’obscurantisme qu’auraient été ces 1000 années qui succédèrent à la "belle période" de l’Antiquité.

Cette appellation, quelque peu péjorative, impliquait donc pour eux, le rejaillissement de la lumière classique après de profondes ténèbres.

 

Or, si l’époque médiévale a été plongée dans les ténèbres de l’ignorance à certains égards, elle a fait aussi preuve de beaucoup d’initiatives et s’est montrée créatrice dans bien des domaines ; citons les maîtres de la musique polyphonique, l’architecture des cathédrales ; les œuvres de Dante, Boccace, Giotto et Fra Angelico qui sont les précurseurs de la Renaissance...


Au génie de Dante s’opposait il est vrai, un vaste analphabétisme et sous les flèches des cathédrales s’étalait la misère des taudis.

Le caractère du Moyen-âge réside dans ses propres paradoxes : la corruption et la sainteté s’y côtoient, ainsi que l’ignorance et l’érudition ; la bestialité et l’esprit chevaleresque, les moyens de torture les plus extravagants et les œuvres d’art les plus délicates.

 

Plus de 500 ans se sont écoulés depuis la fin du Moyen-âge et pourtant les œuvres qui nous sont parvenues sont nombreuses.

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 17:15

Les roses que nous sommes en train de dessiner et de peindre cette semaine, nous permettent de "faire la connaissance" d'une personnalité fort célèbre à son époque, dont les oeuvres,oubliées pour la plupart aujourd'hui, représentaient des scènes de la vie quotidienne, ainsi que des bouquets de roses, ce qui lui a valu le surnom d'impératrice des roses.

mlEMAIRE401

Madeleine Lemaire peintre et aquarelliste française (1845-1928) tenait aussi un salon le mardi où se rencontraient des personnalités du monde des arts et de la littérature : Proust, Maupassant, Sarah Bernhardt... Dumas fils dont elle fut la maîtresse ....

 

Elle fut introduite très jeune dans les salons par sa tante, Mathilde Herbelin (peintre miniaturiste - pour en savoir plus - ici ), amie de Georges Delacroix, qui recevait l'intelligentsia du Second Empire.

 

En 1870, à Dieppe, elle rencontra Alexandre Dumas fils, qui lui fit connaître la haute société et lui permit d'avoir en 1890 l'un des salons les plus brillants et influents de Paris, tant du point de vue artistique que mondain.

Elle dut ses succès de femme du monde à un sens inné du contact.

C'est ainsi qu'elle rencontra Proust à l'âge de vingt ans, qu'elle lui présenta en 1893 Robert de  Montesquiou et Reynaldo Hahn et qu'elle organisa le Bal de l'Exposition et le Bal grec.


mlEMAIRE404

 Mais elle mena dans le même temps sa vie de femme peintre indépendante avec une modestie jamais démentie.

 

Ainsi qu'elle l'écrit en 1924 à Georges de Porto Riche :

«  je  suis hélas la doyenne des femmes peintres ... je suis sur la brèche depuis 50 ans ... j’ouvre  ma 50e exposition ... je n'ai jamais rien demandé, l'État ne m'a jamais acheté un tableau, j’ai bien travaillé toute ma vie. Réveillon, décembre 1924.»

 

(Cf. " Femmes peintres et salons au temps de Proust - Hazan)


mlEMAIRE402

 

Afin de mieux cerner le personnage que fut

Madeleine Lemaire :

une rapide biographie:

 

Madeleine Lemaire, née Jeanne Madeleine Coll, est née en 1845 aux Arcs sur Argens

 

1857

S'installe à Paris et devient à l'âge de douze ans l'élève du peintre Chaplin.

1864

Expose pour la première fois, alors qu'elle est âgée de dix-neuf ans, au Salon officiel impérial.

1865

Épouse le peintre Casimir Lemaire, dont elle a une fille, Suzanne.

1870 -1878

 Expose au Salon officiel de Paris.

1879

Membre titulaire à la création de la Société des aquarellistes français

1880 et1894

 Expose à la Société des aquarellistes français.

1886

Expose à la Société des pastellistes français.

1891

Création dans son atelier du nouveau Salon de la Société nationale.

1898

 Participe à la Biennale de Venise.

1899

Nommée professeur de dessin au Muséum d'histoire naturelle.

1900

 Médaille d'argent pour l'ensemble de son œuvre à l'Exposition universelle

1903 -1924

 Expose à la galerie Georges Petit à Paris.

1903

Expose à Londres.

1906

Vice-présidente du jury du Femina.

Chevalier de la Légion d'honneur

1908

Crée l'Université des arts.

1912

Expose à la galerie Georges Petit à Paris.

1923

Rétrospective de son œuvre à la galerie Charpentier à Paris.

1928

Mort de Madeleine Lemaire au château de Réveillon.

 


 

Si vous avez envie de vous immerger dans cette ambiance du " tournant du siècle"

à l'époque des salons et de la dure vie professionnelle de ces femmes ...

A lire un roman de  

Bernadette Pécassou- Camebrac

( collection J'ai lu) :

"L'impératrice des roses"

 

Quand vous l'aurez terminé vous n'aurez qu'une envie ...

peindre des roses ...

ou vous rendre chez Madeleine Lemaire en attelage, robe longue et éventail ...

( et c'est pareil pour les messieurs !)

 

 

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 07:29

Nous commençons notre année avec les "femmes peintres" de la Chine ancienne.

 Il y en eu beaucoup, surtout dans la dynastie Ming.

A ces époques où la femme était réduite la plupart du temps à l'état de servage, les femmes artistes ont un statut reconnu et privilégié à l'égal de celui des "artistes hommes".

 

L'enseignement de la peinture se transmettait  alors par un maître reconnu,  à sa descendance, quel que soit le sexe.

De même, si une femme de la noblesse épousait un peintre ou un calligraphe, soit elle était aussi "artiste", soit elle le devenait.

Soumises aux mêmes lois du marché que leurs compagnons et à l'identique, elles enseignaient ensuite à leurs enfants et à des élèves.


Comme nous le retrouverons à diverses époques et en différents lieux, il y avait des sujet "accessibles" aux femmes et d'autres, réservés aux hommes (l'interdit pour les femmes concerne  la plupart du temps ce qui touche au Sacré)

 

Ainsi, en général, les courtisanes peignaient des orchidées,les dames de noblesse, des  portraits, des "fleurs et oiseaux"(traditionnels) et notamment des bambous.

Les femmes qui peignaient des fleurs, peignaient de façon symbolique leur propre portrait, puisque chaque fleur est en général attachée à un symbole...


bambous.jpg

Le Bambou est symbole de l'intégrité morale et de l'agilité mentale.


Objet de méditation, c'est à une femme que la légende en attribue la première représentation:

 

Au temps des 5 Dynasties (907- 960), Li Shih, (de la grande famille des Li) …  « fut cruellement enlevée par des soldats ennemis et retenue prisonnière dans un lieu désert. Désespérée et solitaire, elle restait souvent les yeux fixes, sans larmes, à pleurer intérieurement sur sa condition de captive. Puis une nuit de pleine lune, elle vit sur le mur de la geôle se refléter l’ombre d’un bambou et elle en reproduisait à l’encre, le tracé .... »

( d'après "Une histoire des femmes peintres" de Clarisse Nicoïdski)

 

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 07:30

Je continue notre "saga" de l'été sur les débuts de certains peintres, avec l'autre "géant" du XX° siècle, après Picasso : Henri Matisse ...

Rien chez lui ne l'orientait vers la peinture, ni son éducation, ni ses racines, ni une précocité particulière ...

 

Fils d'un commerçant prospère,  "droguiste , marchand de grains " installé à Bohain- en-Vermandois ( région du Nord), le petit Henri naît au Cateau dans la maison de ses grands-parents.

Sans être fortuné, le père de Matisse avait les moyens d'envisager une carrière libérale pour son fils à la fin de ses études secondaires.

  Matisse207Henri, à 20 ans , en 1889, avec sa mère Anna

 

De son côté, le jeune Henri ne sait pas trop ce qu'il  veut: il n'a pas d'aptitude ni d'attirance particulières ; il n'a pas trouvé sa véritable voie, et ceci se traduit par une sorte d'ennui face à la vie.

 

Rien n'apparaît alors de l'homme qu'il deviendra plus tard , ... comme le disait Gustave Moreau : " ... né pour simplifier la peinture...", et rien ne montre qu'il sera l'un des acteurs qui changeront totalement l'art occidental.

 

En 1887, Emile, son père, l'envoie étudier le droit à Paris. Il réussit brillamment ses examens.

En 1888, à une époque où Paris est un carrefour en pleine effervescence artistique : Seurat met au point sa technique de peinture scientifique, le pointillisme, Van Gogh est en Arles, Gauguin revient d'un voyage à la Martinique, Cézanne et Renoir essaient de trouver " une théorie " à l'impressionnisme... bref à une époque donc, où se décide l'Art du XX°, Matisse ne s'intéresse aucunement à la peinture et contrairement à nombre de jeunes qui rêveraient d'être étudiant dans le Paris de cette époque, il retourne dans le Nord, ses études terminées, et se fait engager comme clerc chez un avoué.

 

Ses fonctions sans aucune responsabilité sont de pure routine : il copie alors des pages et des pages qui rejoignent des dossiers ... que personne ne lira jamais... L'essentiel étant " d'employer du papier timbré en quantité proportionnée à l'importance du procès " . Il se met alors à remplir ces pages en recopiant des fables de la Fontaine, et à l'épaisseur de leurs dossiers, les clients sont favorablement impressionnés.

 

Ceci aurait pu continuer ainsi durant toute sa vie, si ce n'est qu'en 1890, il doit être opéré de l'appendicite.

 

Pour le distraire durant sa longue convalescence, sa mère lui apporte une boite de peinture et un petit traité à l'usage des amateurs.

L'effet de ce cadeau est extraordinaire... la monotonie du quotidien pour Henri fait place à une sensation nouvelle et transforme sa vie. Pour la première fois, il se sent, dit-il " tout à fait libre, seul, tranquille".

 

Quand il parle de ce moment : " C'est comme si j'avais été appelé... " écrit-il 60 ans plus tard, menant dès ce moment une vie " pendant laquelle j'ai été conduit mais que je n'ai pas conduite ".

 

Sur le moment, cette "révélation" l'entraîne à exécuter ses séries de chromos destinés aux peintres débutants.

 

Puis plus tard, il se décidera à étudier la peinture...

 

Henri Matisse ( 1869 -1954)

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 08:22

Après GiottoPicasso, et Turner...  je voulais vous proposer de rencontrer une artiste "attachante", Frida ... et ses débuts en peinture ...

 

  frida kahlo

Rien ne prédispose  Frida à  devenir peintre même si elle est éduquée par son père dans le goût de l'art et que dès le collège elle se passionne pour ces jeunes créateurs du Mexique nouveau.

A la Prepatoria elle fait partie d'un groupe d'étudiants "turbulents" qui se nomment les Cachudas et qui s'occupent surtout de littérature.

La société bourgeoise mexicaine n'est pas très permissive dans les années 1920 et peu de femmes accèdent à l'université. Frida sera l'une des 35 premières à poursuivre ses études parmi 2000 étudiants.

 

Frida rêve alors d'ailleurs, elle rêve de liberté et a un tempérament fort et emporté; elle voudrait  partir pour les États Unis avec son "novio" du moment, Alejandro Gomez Arias.

"Il faut que nous fassions quelque chose de notre vie, tu crois pas ?"

 

Frida affrontera  toute sa vie une expérience de la douleur sans commune mesure.

Elle connaît très tôt la souffrance car à l'âge de 6 ans,atteinte d'une poliomyélite, elle restera infirme de la jambe gauche, ce qui sera source de douleurs et de complexes durant toute sa vie.

 

Mais c'est le 17 septembre 1925 ( elle a alors un peu moins de 18 ans) qu'un évènement terrible va changer le cours de sa vie....

Elle raconte :

" C'est juste après que nous sommes montés dans l'autobus que la collision s'est produite. Avant, nous avions pris un autre autobus, mais comme j'avais perdu une ombrelle, nous sommes descendus pour la chercher, et, pour cette raison, nous sommes montés dans cet autre autobus qui m'a mise en morceaux. L'accident a eu lieu à un coin de rue, exactement en face du marché San Juan. Le tramway allait lentement, mais le chauffeur de notre autobus était jeune et très impatient. le tramway, en tournant, a coincé l'autobus contre le mur.

J'étais alors une jeune fille intelligente mais sans expériences, malgré la liberté que j'avais acquise. Peut-être à cause de cela, je n'ai pas compris la situation, je ne me suis pas rendu compte du genre de blessures que j'avais subies. la première chose à laquelle j'ai pensé, ça été à un joli bilboquet multicolore que j'avais acheté ce jour-là et que je transportais avec moi. J'ai essayé de le retrouver, croyant que cet accident serait sans conséquences.

Ce n'est pas vrai qu'on se rende compte du choc, ce n'est pas vrai qu'on pleure. Je n'ai pas eu de larmes. Le choc nous a projetés en avant, et une des rampes du bus m'a traversée comme l'épée traverse un taureau. Un passant, voyant que j'avais une terrible hémorragie, m'a portée et déposée sur une table de billard où la Croix Rouge s'est occupée de moi ...."

Conséquences  terribles : colonne vertébrale brisée en 3 endroits, col du fémur rompu, onze fractures sur la jambe gauche, pied droit écrasé et disloqué,épaule gauche démise, os pelvien brisé en trois. la rampe d'acier du bus, lui a traversé le ventre pénétrant par le côté gauche et ressortant par le vagin.

Les souffrances qu'endure Frida sont insupportables, mais elle trouve une incroyable énergie pour surmonter douleur et désespoir.

 

Lorsqu'elle retrouve sa maison où elle doit rester clouée au lit ... elle décide de peindre.

" Je ne suis pas morte, et de plus, j'ai une raison de vivre. Cette raison, c'est la peinture" dit-elle à sa mère.

Celle-ci fait construire une sorte de baldaquin au-dessus de son lit et fait monter un miroir en guise de ciel de lit pour que Frida puisse se voir et devenir son propre modèle.

 

Frida

La peinture est désormais au centre de sa vie sa "raison d'être".

Son premier grand tableau est un autoportrait, premier d'une longue série dans lesquels elle "exorcisera " bien des drames de sa vie.

 

La peinture est devenue son univers... Elle décidera, avant même de le rencontrer vraiment, qu'elle le partagera avec le peintre emblématique du Mexique de l'époque, Diego Rivera...

 

 

Frida Kahlo 1907 -1957.

Un livre : "Diego & Frida" - J.M.G. Le Clézio chez Stock 1993

Un film : "Frida" avc Salma Hayeck ( 2002)

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 08:18

 

Bill est un enfant de la ville ; il passe toute sa jeunesse dans le bruit et l'agitation de Londres où il vit au dessus de la boutique de barbier de son père, dans une pièce sordide avec une vie de famille marquée par les multiples scènes de violence de sa mère (qui finit par perdre la raison) et la mort de son unique sœur .

 

« Maden Lane » où ils habitent est une «  une impasse lugubre entre des maisons revêtues de la fumée de plusieurs siècles »  ( selon Thornbury), encrassée de boue, d’immondices et d’eaux sales jetées par les fenêtres , comme la plupart des rues de Londres à cette époque.

Mais tout à côté, se trouvent des rues animées : vendeurs ambulants, gentilshommes à cheval, badauds… et la vitrine du graveur J.R. Smith.

A l’angle de la rue, Covent Garden et son immense parc, l’église Saint Paul, et les théâtres, les tavernes, les coffe-houses….

Ce monde foisonnant aiguise la curiosité de Billy mais c’est la Tamise toute proche qui s’avère être la plus chère au cœur du petit William.

 

C’est seulement à l'âge de 10 ans, lors d’un court séjour à la campagne chez son oncle (lors du décès de sa sœur) qu’il va pour la première fois respirer ses premières bouffées d’air pur et suivre ses premiers cours de théorie artistique.


Selon la légende, il dessine à la craie à même les murs de la Brentford Free School, des poules et des coqs, le paysage visible depuis sa salle de classe et des esquisses d’oiseaux et d’arbres.


Sa première copie à l’encre et au lavis est datée et signée «  W.Turner – 1787 »: c’est une copie d’une vue gravée d’Oxford.

Viendront bien d’autres dans lesquelles l'on trouve déjà une touche originale.


jeuneTurnerCroquis du jeune Turner par le docteur Thomas Monro ( 1795)

 

Le père de William, fier de son fils, les accrochera sur les murs de son échoppe, en les mettant en vente pour 2 ou 3 shillings.

C’est ainsi qu’un client, un ecclésiastique, admiratif devant les dessins ainsi affichés, en parlera à l’un de ses amis académicien et que le jeune Turner rentrera à l’âge de 14 ans à l’essai à l’Ecole de l’Académie Royale.

Au bout de quelques mois il sera admis comme un étudiant à temps complet!

 

William Turner ( 1775- 1851)

 

 

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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 09:40

 

« Piz », « piz », … ce sont les premiers mots du petit Pablo… pour "làpiz" ("crayon" en espagnol), objet qu'il réclame sans cesse, selon sa mère.

 

Pas d’élément déclenchant particulier donc. Il semble que le jeune Pablo ait pu dessiner avant même de parler.


 

à4ansautoportraità25ans

... à 4 ans ..                                                                                                                                            ... à 25 ans ...

 

 

En effet, dès son plus jeune âge, il couvre souvent des feuilles de papier entières de spirales compliquées pour faire comprendre à sa famille admirative qu'il veut des "torruellas", friandises espagnoles en sucre en forme de spirales.

 

Son père, conservateur de musée, professeur de beaux-arts et artiste, a sans nul doute "influencé" l'attrait du jeune Pablo pour les arts.

Voulant encourager et discipliner la précocité de son fils, il lui donne de « sérieuses » leçons de dessin dès l'âge de 7 ans.

Ce que le petit garçon accepte avec empressement, l'art étant déjà sa préoccupation majeure.


PigeonsDessin réalisé vers ses 11 ans

 

Artiste en herbe, il cherche ses sujets autour de lui, et certains de ses premiers dessins représentent les pigeons que son père élève pour servir de modèles à ses propres tableaux.

Il croque aussi les animaux rencontrés dans les rues de Malaga et évoque l'animal habilement d'un seul trait continu en croquant sa silhouette.

De la  même façon qu'il découpe avec des ciseaux des silhouettes d’oiseaux dans du papier.

Oiseaux et animaux enchantent le petit Picasso.

 colombepicasso

 

Sa colombe de la Paix deviendra célèbre bien des années plus tard.

 

 

(Pablo Diego José Francisco de Paula Juan Nepomuceno Maria de las Remedios Cipriano de la Santisima Trinidad Ruiz Picasso signera d'abord P. Ruiz du nom de son père, puis P. Ruiz Picasso et gardera le seul nom de Picasso, celui de sa mère, moins commun et en témoignage d’affection pour celle-ci).

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 07:35

« La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent.»
  Bernard Giraudeau  - Les Hommes à terre

 

 

BERNARD GIRAUDEAU 1  

 

 

  "Hier dimanche, j'ai grimpé pour toi dans les calanques. Tu as eu un peu de mal dans la dernière longueur au passage du surplomb. Au relais, je t'ai assis dos à la roche .Je t'ai allumé une clope et tu as regardé la mer en toussant. Il y avait un drôle d'oiseau qui se demandait ce que faisaient ces deux crétins accrochés au calcaire, alors que lui n'avait qu'à prendre ses ascendances. Parfois, il virait sur l'aile, piquait vers la mer et remontait sans effort par le même courant d'air pour venir nous voir. Tu as eu envie de le suivre."  

Bernard Giraudeau - "Le Marin à l'ancre"-

 


 bernard-giraudeau1

 

 

"Je l'ai vu il y a quelques jours, il était une ombre, évidemment, il était d'une minceur impressionnante, mais il y avait son regard : cette force du regard, ce regard bleu, ce regard impressionnant qui a fait de lui cet acteur qu'on n'oubliera jamais. C'est un homme épatant, un homme en acier qui s'est battu jusqu'au bout (...) Il y a quelques jours il m'a dit "Tu vois, je rentre au port, comme La Jeanne d'Arc" *, les hasards de la vie font que le navire-école porte-hélicoptère Jeanne d'Arc a pris sa retraite il y a quelques jours, il est rentré au port après 50 ans de bons et loyaux services. Il m'a dit "Tu vois, on rentre au port tous les deux, la boucle est bouclée"..."

Michel Drucker.


 * à bord duquel Bernard Giraudeau, formé dans la Marine nationale, fit deux campagnes et autant de tours du monde.

 

 

Bernard Giraudeau

 

"Ultime voyage" ...

mais un artiste ne meurt jamais, dit-on.

 

Nous   reverrons ses nombreux films ; mais c'est dans les textes et les écrits que nous laisse cet "écrivant" (comme il aimait se définir ) que nous aurons le plus de plaisir de le "retrouver".

 

En connaître un peu plus : ici

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 07:55

Giotto naît à environ 32 Kms au nord de Florence dans la  vallée du Mugello, donc dans le Nord de la Toscane, aux environs de 1267 (aucune preuve directe quant à la date de sa naissance : mort à 70 ans en 1337, on en déduit ainsi la date de sa naissance)


Giotto (diminutif d’"Ambrogiotto") était le fils s’un fermier du nom de Bondone.

Même s’il semble que son père n’était pas qu’un simple cultivateur, cela ne dispense pas le petit Giotto des tâches habituelles d’un petit gars de la campagne.

 giotto

 

Selon la légende, c'est en gardant ses moutons, qu'il rencontra le principal peintre de l'époque, Cimabue, qui lui fit faire ainsi une entrée décisive dans le monde de l'art.


Je  laisse Giorgio Vasari, le 1°biographe de l'histoire de l'art ( XVI°s) vous le raconter :

 

 "Lorsque le garçonnet atteignit ses 10 ans, il témoignait, dans toutes ses manières enfantines, d'une vivacité et d'une ouverture d'esprit extraordinaires... Bondone l'envoya alors garder quelques moutons ; tout en les suivant de place en place pour trouver pâture, il ne cessait de dessiner les choses de la nature ou de représenter les fantaisies qui lui venaient à l'esprit, par terre, sur des pierres plates ou dans le sable, tant il était attiré, de façon innée, par l'art du dessin. Ce fut ainsi qu'un jour, alors qu'il se rendait pour affaire de Florence à Vespignano, Cimabue rencontra Giotto qui, pendant que ses moutons paissaient, s'efforçait d'en dessiner un d'après nature sur un rocher lisse, avec une pierre à la pointe grossière. ...

Cimabue stupéfait s'arrêta et demanda au jeune garçon s'il voulait venir chez lui. Giotto répondit qu'il irait volontiers si son père y consentait. Cimabue posa donc la question à Bondone qui accepta de bon coeur et l'autorisa à emmener son fils, avec lui, à Florence."


Ainsi Giotto se trouvera à Florence lors de son adolescence, à une époque où la cité est en plein essor, artistique notamment.

 

 

 

 

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