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Un blog pour les passionnés de dessin, de peinture, et d' arts plastiques.
Pour ceux qui veulent apprendre : de la découverte, en passant par l'apprentissage puis la  pratique ...
Pour ceux qui veulent créer.
Plus des infos sur les expos, l'histoire de l'art ....

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Vous pourrez retrouver désormais le blog de L'Ocre Bleu à cette nouvelle adresse :

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 09:26

 

 

...

Les frères "Péano" ouvrent un bistrot à l'angle entre le cours d'Estienne d'Orves et la rue Fortia, lors du comblement du canal de Rive-Neuve ( entre 1923 et 1927).

C'est dans ce café que se retrouvent les habitués et les habitants du quartier, des artistes et des journalistes.

En effet , les " Cahiers du Sud " se situent alors 10, quai du Canal; la Maison de la Culture, 68, rue Sainte, le " Petit Provençal", rue de la Darse, et " le Petit Marseillais", au coin de la rue Breteuil...

Après des artistes comme Casile, Seyssaud, Dellepiane, Valère Bernard à la fin du XIX° siècle, d'autres continuent à s'installer dans l'ilot Thiars : Gianelli, Canepa, Serra, Diana, Pierre Marseille, Pascin, Kisling, Guindon, Audibert ....

 

Le vieux bar Rampal, et le Comptoir du Marché avaient déjà l'habitude d'accrocher les peintures des habitués, mais il semble que ce soit vers la fin de la seconde guerre mondiale que le Péano, désormais dirigé par Jo et "Mérotte" Paoli "supplantent" leurs voisins.

 

C'est Pierre Ambrogiani, installé depuis 1943 dans son atelier de Rive-Neuve, corse comme le nouveau patron du Péano qui décide " d'investir " le lieu ...  qui devint ainsi une " galerie permanente".

 

La vie " bohème" de ce lieu franchit dès les années 50

" les frontières" de la ville et les " people" de l'époque

passèrent par le Péano :

de Picasso à César,

de Piaf à Mariano,

de Montand à

... tant d'autres,

se faisant photographier dans ce "Montparnasse" marseillais.

 

Dans cette vie de bistro,

plusieurs générations de peintres vont se côtoyer :

Chabaud, Seyssaud, ..., Audibert, ... Serra, Ferrari, Tonini , ... 

Quilici, Floutard ... Jequel ...

jusqu'à ce que ...

la construction du parking aérien dans les années 60

mit un terme à ce " mythe" du Péano ...

 


 

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 07:02

 

 

... ou les " peintres prolétariens "...

 

  Parmi les peintres du canal, un petit groupe se distingue depuis le début des années 30 par un militantisme politique actif.


Presque tous " nés à la peinture " dans l'atelier de Cadenel : Antoine Serra, Louis Toncini, Simon Auguste, Finaud, Paul Sape, Antoine Ferrari forment le groupe de départ de ce mouvement, avec une exposition en 1928, à la galerie librairie Guibert.

D'autres participeront de près ou de loin à ces activités engagées : Canepa, Diana, Palmero, Cadenel, Pierre Marseille, Tognetti, Fraggi, Ludovic Monnier, Ambrogiani, le sculpteur Oscar Eishacker, Reboa, Paul Baille, François Lombardi.

 

Ces jeunes peintres qui ont 20 ans environ en 1930 n'exercent pas leur art à plein temps. Issus pour la plupart de milieux modestes, ils sont autodidactes et quelquefois mais rarement, élèves des cours du soir de l'école des Beaux-Arts de la place Carli.

 Ils ne peuvent s'adonner à leurs travaux artistiques qu'après leur journée du travail.

 Toncini était staffeur ; Serra porte-romaines depuis l'âge de 12 ans, ( les peseurs - jurés du port faisaient porter leur lourde balance romaine) ; Ambrogiani était facteur.

 

A la suite du très militant communiste Antoine Serra, ces artistes s'engagent à être les alliés de la classe ouvrière et se donnent le nom

de peintres prolétariens, puis celui de peintres du peuple.

 

Par une  peinture triste et sombre

comme la vie difficile des ouvriers qu'ils représentent,

ils veulent témoigner du quotidien des travailleurs

et de l'exploitation de l'homme par l'homme.


Plusieurs expositions vont faire connaître les prolétariens entre 32 et 36.

 

 

Lorsqu' Hitler prend le pouvoir, se créée en France

l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires

dont vont faire partie, Gide, Malraux, Aragon.


Les peintres marseillais y adhérent immédiatement.


C'est sur la base de ces activités militantes qu'est créé par le Front populaire,

la Maison de la culture, rue Sainte au printemps 1936,

avec Cadenel et Toncini comme directeurs.

Mais très rapidement, la maison leur échappa et disparut en 1943, dévastée et pillée par les allemands. Il ne reste rien de cette expérience.


Après Cadenel reprit les locaux et y installa son atelier.

 

La guerre éparpilla les artistes prolétariens.

Ceux qui reprirent leurs pinceaux ensuite abandonneront

cette peinture engagée, triste, sombre

et reprendront le thème des paysages provençaux

avec très souvent une palette riche en pâte et en couleurs.

 

*******************

 

Antoine Serra (1908 - 1995) fut dénoncé, traqué, condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité par le gouvernement de Vichy ; en cause : la propagande anti- nazie qu'il mena avec ses amis avant la guerre, puis seon engagement et ses responsabilités dans la résistance. Il réussit à se cacher en Provence pendant la guerre. Ensuite, il prit ses distances avec la vie de militant et retiré à Cabrières, puis dans les Alpilles, il abandonna la peinture de la lutte ouvrière au profit de la terre, la montagne, des villages, et le ciel de Provence.

 

Louis Toncini, (1907 - 2002) en vint ensuite aussi à la peinture colorée des Provençaux ... des paysages. 

 

Pierre Ambrogiani (1907- 1985) fut l'un des rares à tirer son " épingle du jeu".

Il travailla beaucoup pendant la guerre et exposa plusieurs fois, grâce à André Maurice, qui " découvre" Ambrogiani en 1940,  lui fournit toiles et couleurs, et lui consacre une exposition en 1943 et une autre en 1945 (d'abord à la galerie Jouvène, rue paradis puis à la galerie Sebire, place Estrangin)

Après la guerre, il l'accueille dans sa galerie parisienne du boulevard Haussmann.

Le succès est en marche.

 Il avait commencé avec des caricatures, des sujets "hallucinants" de violence, de haine et de peur, inspirés par la guerre.

Mais, ensuite , il se mit à changer sa manière et commença à peindre d' un trait robuste, sobre et haut en couleur.

Admirateur de Cézanne, il trouva peu à peu son style.

Réfugié à Allauch après le bombardement de Marseille en mai 1944, il apprécie la vie à la campagne et le paysage magnifique.

L'espace envahi sa toile. " Le rouge souligne le vert, et le vert le rouge " ....

On retrouve ainsi avec une force passionnée, le fauvisme des provençaux, comme Seyssaud ou Chabaud.(revoir ? ici)

Après la guerre, à Paris il découvrira Rouault, Soutine, Chagall, Friesz, Fougeron, et cette pâte épaisse et dense si caractéristique de sa peinture.

 

Antoine Ferrari (1910 - 1995) n'eut jamais cette implication forte dans le mouvement militantiste de ses amis. Il ne vivait que pour la peinture.

Ce surdoué de la couleur était parti pour Paris dès ses 17 ans, persuadé qu'il pourrait vivre de son art.

Il obtint le prix Abd - el - Tif, la plus importante des bourses orientalistes ; les deux ans prévus devinrent cinq ans du fait de la guerre.

Ce pays l'inspira par son exotisme et sa lumière, " la même que sur l'autre bord de la méditerranée" disait-il.

Il travailla beaucoup, exposa ; abandonnant les toiles grises de sa jeunesse, la variété de ses tableaux témoignent d'un sentiment de bonheur.

 

 

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 09:59

 

 

...

Le quartier du canal, situé au pied de Notre dame de la garde entre la rue Sainte et le quai de Rive-Neuve, englobe le quai du canal, ( actuel cours d'Estienne d'Orves ), le quai du vieux-port, ( actuel court Jean Ballard ) et la place aux Huiles.

Il était jadis l'arsenal des galères de Louis XIV.

L'arsenal rasé à la fin du 18e siècle, le quartier abrite alors artisans et pêcheurs, auxquels viennent se joindre artistes, poètes, journalistes et intellectuels, ( les "Cahiers du sud " se trouvaient 10, quai du Canal, le " Petit Provençal", rue de la Darse, et " le Petit Marseillais", au coin de la rue Breteuil)

 Tous forment une communauté chaleureuse, laborieuse et bohème.

 

Dans les années 30, se trouvent ici aussi les ateliers de deux des plus célèbres artistes de Marseille,

Audibert et Cadenel,

piliers autour desquels gravite toute la vie artistique de la ville.

Ni maîtres, ni chefs de file d'une " école marseillaise " ... qui n'existe pas, ils créent un groupe d'amis et d'artistes auxquels viennent se joindre ceux qui s'intéressent à l'art, à la poésie, à la littérature, venant de Marseille, de toute la Provence, ... de Paris et, pendant la guerre, de bien plus loin encore. 

 

Louis Audibert (1880 - 1983) pendant 50 ans, fut installé 62, rue Sainte, et peignit jusqu'à son dernier jour à 103 ans.

Ayant connu Cézanne, rencontré Braque, Dufy, Derain, Frietsz, Vlaminck ...  Matisse, Camoin, Marquet, il donne des leçons de peinture à Churchill vers 1920 et refuse de le suivre à Londres, préférant sa liberté et le soleil ...

Il participe en 1905, avec ses amis Mathieu Verdilhan et Alfred Lombard, à la création de l'académie d'Allauch, devenue une petite école de peinture.

Figure artistique de la ville pendant plus d'un demi-siècle, Audibert rassembla autour de lui tous les mouvements, tous les courants, faisant le lien entre les peintres provençaux et les mouvements d'art moderne. 

Léon Cadenel (1903 - 1985) n'était pas moins célèbre.Il était ingénieur à la société des eaux de Marseille, mais était aussi peintre, dessinateur, céramiste, relieur, bibliophile, directeur de la revue de Xylographie et avait une prédilection pour l'art abstrait.

Il avait créé en 1920, la revue Taches d'encre, spécialisée dans les arts graphiques, et qui contribua avec Peuple et culture (journalde la section des arts plastiques de la Maison de la Culture) à la diffusion de l'art moderne.

Jusqu'en 1940, son atelier fut le plus réputé de Marseille : voisin, rue sainte, de la maison de la culture, il était le " nombril artistique " de Marseille, recevant Malraux, Aragon, Gide, Giono, Picasso au côté des intellectuels des Cahiers du sud et des jeunes peintres auxquels il prêtait son atelier et son matériel.

 Pendant la guerre et après,

il abandonne ses recherches d'avant-garde

et se met à calligraphier des poèmes célèbres

et à les illustrer de gravures, d'aquarelles et de gouaches

de peintres marseillais ou de lui-même.

Curieux de toutes les recherches artistiques et politiques nouvelles avant la guerre, ni l'expérience de l'abstraction, ni celle du front populaire à laquelle il avait participé, ne semblent avoir laissé de traces dans son oeuvre.

Désormais il s'orientera définitivement vers la lumière de sa Provence natale.


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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 23:43

 

...

  Reprenons le fil de notre découverte de la peinture en Provence ;

nous en étions restés au "Cubisme né à l'Estaque".


Si l'aventure cubiste commencée à l'Estaque, est une vraie révolution, avec une élaboration unique du langage pictural, une manière tout à fait nouvelle de concevoir la peinture, fondatrice de notre art moderne ... et qui a marqué définitivement le XX° s.


Cette " aventure", pourtant essentielle n'est pas la seule qui va marquer ces lieux qui ne vont pas manquer d'attirer des peintres encore enthousiastes de l'expérience fauve : Derain à Cassis, Friesz et Braque à la Ciotat,...  Braque aux Lecques ; et les mêmes  : Dufy, Braque et Derain à Martigues...

 

Cette expérience fauve, déjà évoquée  ne pouvait que trouver un retentissement fort sous la lumière de Marseille et de la Provence.

 

Revoir ici , "cubisme" et "fauvisme".


 

Au début du XX° s. des artistes se rendent sur la côte provençale pour travailler l'exaltation de la couleur d'une manière encore toute post- impressionniste.

 

Valtat134Louis Valtat " Les roches rouges à Agay " 1903

 

Valtat à l'Esterel, Guillaumin près d'Agay, Charles Camoin et Henri Manguin ... sur le Vieux Port de Marseille. Picabia à Martigues ... Vallotton ...

Toujours dans une recherche " arcadienne",

certains de ces artistes iront peindre au Lavandou,

à Saint Clair, à Cavalaire, à Saint Tropez.

 

Albert Marquet peindra les ports, tel celui de Saint Tropez ou de Marseille (depuis la fenêtre de son atelier de Rive Neuve), dans un travail qui de fauve, deviendra plus dilué dans la couleur, avec des tonalités dominantes de gris et de blancs. La composition entière formée de verticales et d'horizontales lointaines structurent la lumière, l'eau... le ciel... renonçant ainsi aux principes du fauvisme auxquels il avait adhéré.

 

Marquet133Albert Marquet " le Vieux Port de Marseille " 1916


 

Mais ces artistes "venus d'ailleurs"

vont-ils influencer les peintres originaires de la Provence ?

Peut-on parler d'une école fauve provençale ?


Même si les artistes que l'on a tendance à réunir sous cette appellation :

" Seyssaud, Chabaud, Verdilhan, Lombard "

ont reçu à un moment ou à un autre l'influence de ce mouvement pictural,

   ils suivront toutefois un cheminement, une création toute personnelle.

 

 

René Seyssaud (1867- 1952) avec une production légèrement antérieure au fauvisme peut se placer entre Van Gogh et le post impressionnisme. Il utilise une matière épaisse, des couleurs vives, des tons purs et une expressivité dans ses compositions qui traitent des paysages de Provence. Même s'il expose avec eux en 1905, il ne s'est vraiment jamais mêlé à ces fauves ;  sa peinture est personnelle, liée à son tempérament et à la " violence expressive " du paysage.


Seyssaud Seyssaud " Un arbre au soleil couchant "


 

Auguste Chabaud (1882 - 1955) passera par plusieurs étapes de travail. Jeune peintre à Paris, il découvre l'effervescence urbaine le jour et le monde de la nuit. Cette période se rapproche de l'expressionnisme allemand avec des couleurs violentes, vives et dures ... cernées de noir.

Quand il revient en Provence en 1919, sa palette se fait moins dure, plus sobre mais toujours nerveuse et personnelle allant quelquefois jusqu'à une certaine abstraction.

 

ChabaudChabaud " Meules près de la maison " 1912



Louis- Mathieu Verdilhan (1875 - 1928) est un autodidacte; il subit surtout l'influence de Marquet, même s'il expose en 1910 aux côtés des Fauves que sont Manguin, Marquet, Matisse...

Il connaît plusieurs périodes : d'abord impressionniste, puis fauve de 1907 à 1913, puis à partir de 1920, sa " manière provençale" caractéristique se met en place avec essentiellement des vues des ports dans des tons de gris, où le sujet est souvent cerné de noir ; son style est dépouillé avec des diagonales et des verticales qui rythment la composition.

 

VerdilhanVerdilhan " Vieux Port de Marseille "

 

 

Alfred Lombard( 1884 - 1973) est d'abord impressionniste ; l'influence fauve n'apparaîtra que plus tard avec des compositions réalisées avec une écriture nerveuse, des couleurs posées en aplats souvent cernées ... au service d'une liberté de peindre et d' une expressivité ...

 

 

LombardLombard - " Le vallon des Auffes" 1909

 

 

 

Plutôt qu'une école fauve marseillaise , une école expressionniste marseillaise ?

 

 


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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 08:43

 

 

...

Vous savez ( ou peut-être ne savez-vous pas !) que je peux savoir quels articles ont été les plus lus chaque jour sur mon blog.

Et ce Week end : surprise !  ... ce sont les articles que j'avais faits sur Berthe Morisot il y a deux ans qui ont été lus avec près de 350 visiteurs sur ces seuls articles !

J'en ai été bien étonnée ...

et j'ai fait le lien avec le téléfilm

qui est passé ce samedi sur la 3

( et que je n'ai d'ailleurs pas encore vu).


Je pense donc que beaucoup ont cherché ensuite ( ou avant) à en savoir plus sur cette femme peintre que nous avions beaucoup évoqué lorsque notre sujet de l'année nous a fait nous intéresser aux femmes artistes.


01 La Leçon de couture" La leçon de couture" Berthe Morisot

 

Pour encore plus de facilité de lecture , si vous avez envie d'en savoir plus et si vous n'avez pas fait partie de "mes lecteurs" du WE ; voici les liens pour relire tout d'abord :

- Berthe Morisot : sa vie ... ici

- Berhe Morisot ... son oeuvre ...

- Observer de plus près deux de ses toiles : encore ici

- et enfin me suivre dans un exercice de composition que j'avais donné avec ce texte à mes élèves - relire -  et que j'avais " illustré" par un tableau de Berthe Morisot : à voir et à écouter ...

 

Bonne re(lecture) donc ... et si vous pouvez nous faire part de votre avis sur le téléfilm si vous l'avez vu , cela pourrait être intéressant ...


BertheMorisotBerthe Morisot par Manet

 


 


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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 07:52

 

 

...

" L'Estaque de 1870 à 1910 va devenir en effet le creuset d'une aventure tout à fait unique. Car quelque chose d'essentiel va s'accomplir pour l'histoire de l'art entre la première visite de Cézanne à l'Estaque ( surement en 1864), mais plutôt en 1870 et la dernière visite de Braque en automne 1910 " ...

Nous avons vu dans l'article précédent comment Cézanne commence à poser un regard et une réalisation picturale nouvelle sur ce motif de l'Estaque ( revoir ici)

 


La " suite"  sur le plan pictural va s'écrire avec l'arrivée de Derain lors de l'été 1906 à l'Estaque ; il a travaillé en compagnie de Matisse à Collioure en 1905 qui s'est engagé dans l'aventure Fauve. 


Derain
« L’estaque, route tournante » Derain- 1906

 

Le Fauvisme ?

"Salle N°VII MM. Henri Matisse, Marquet, Manguin, Camoin, Girieud, Derain, Ramon Pichot. Salle archi-claire, des oseurs, des outranciers, de qui il faut déchiffrer les intentions, en laissant aux malins et aux sots le droit de rire, critique trop aisée. [.....] Au centre de la salle, un torse d'enfant et un petit buste en marbre, d'Albert Marque, qui modèle avec une science délicate. La candeur de ces bustes surprend au milieu de l'orgie des tons purs : Donatello chez les fauves".

          Vauxcelles Dans un article "le Salon d'automne" publié dans le Gil blas le 17 octobre 1905.

 

Au Salon des Indépendants de 1905,le critique Camille Mauclair s'exclame aussi : "On a jeté un pot de couleurs à la figure du public".

 

De part ces critiques, Le " Fauvisme " était né.

Fondé en effet sur l'exaltation de la couleur pure, le fauvisme n'est pas un mouvement mais la réunion de différents artistes venus d'horizons différents qui à un certain moment vont oser la découverte de recherches chromatiques, voulant en finir avec l'art officiel et la fin de l'impressionnisme.

Ces jeunes peintres cherchant une nouvelle façon de s'exprimer travaillent avec de larges aplats de couleurs pures, violentes, vives, revendiquant un art fondé sur l'instinct.

En séparant la couleur de sa référence à l'objet, ils en accentuent l'expression en allant à l'encontre des intentions des peintres impressionnistes.

 

    Autour de Matisse, on distingue 3 groupes : l'un qui provient, comme Matisse lui-même, de l'atelier de Gustave Moreau (Marquet, Manguin, Camoin, Puy), un autre composé de Derain et Vlaminck et le troisième, dernier venu, celui des "Havrais" : Friesz, Braque, Dufy. Tous vouent une grande admiration à Van Gogh et à Gauguin.

 

    Leur langage complètement nouveau libère la couleur : elle construit seule l'espace, les aplats sont sans modelé ni clair-obscur, le dessin est posé simplement en larges cernes sombres, ...

leur travail retentira bien au-delà de Paris ...  jusqu'à la Brücke et ... à Kandinsky.


 

 

 Mais revenons à Derain et à son arrivée à l'Estaque ; il traverse alors une «crise » sur cette recherche chromatique et écrit à Vlaminck ;

«  En somme, je ne vois d'avenir que dans la composition » ; avec environ une quinzaine d’œuvres, il parvient à harmoniser les rapports entre des lignes courbes et verticales du paysage et l'exaltation et la juxtaposition des couleurs ; il évolue ainsi vers un fauvisme de plus en plus structuré, plus sculptural.


l-estaque-derain-1906-moma"L'Estaque" Derain - 1906


( Derain se rendra ensuite à Cassis puis à Martigues)

 

A partir d'octobre 1906 jusqu'en février 1907, Braque à son tour se rend à l'Estaque (comme la plupart des Fauves) « pour prolonger la réflexion Cézanienne du motif »

"Quand vous êtes parti à l'Estaque, est-ce à cause de Cézanne ? ( J. Lassaigne) – Oui, et avec une idée déjà faite. Je peux dire que mes premiers travaux de l'Estaque étaient déjà conçus avant mon départ, je me suis appliqué encore néanmoins, à les soumettre aux influences de la lumière, de l'atmosphère, à l'effet de la pluie qui ravivaient les couleurs".


Braque"L'Estaque" Braque - Automne 1906

 

Durant cette période , le Fauvisme de Braque se caractérise par l’utilisation de couleurs plus nuancées, moins vives que celles de Matisse ou Derain. Son intérêt se porte sur la modulation du relief surtout et ve se diriger vers un travail «proto- cubiste » jusqu'à « l' élimination » du sujet : le rapport à la nature est remplacé par une relation conceptuelle que l'artiste entretient avec la peinture.


Braque066" Le viaduc à l'Estaque" Braque - Eté 1908

 

Géométrisation, structuration, simplification du motif, la gamme chromatique diminue.


Braque067" Paysage de l'Estaque" Braque - 1908

 

Dufy influencé par l'expo consacrée à Cézanne en 1907, rejoint Braque à l'Estaque au cours de l'été 1908, avec une recherche picturale « plus décorative».


Dufy" Paysage de l'Estaque" Dufy - 1908


Dufy-Barques-à-Martigues-1907" Barques à Martigues " Dufy - 1907

 

De retour à Paris, Braque sera refusé au salon d'Automne.

Matisse qui faisait partie du jury décrit ces tableaux, sûrement «  Maisons à l'Estaque » comme faites de «  petits cubes ».

Le Cubisme était né.

 

 

Braque viendra pour la dernière fois en 1910 à l'Estaque , son cubisme devient plus analytique.

 


Braque'" Les Usine du Rio Tinto à l'Estaque"

Braque - 1910

 

 

Il continuera l'expérience auprès de Picasso.

 


D'autres artistes sont venus et viendront ensuite peindre à l'Estaque,

"du temps" de Cézanne ou " à sa suite"  :

Monticelli, Renoir, Monet, Friesz, Kandinsky, Lhôte, Marquet, Camoin,

... et bien d'autres ...


Une belle page de l'histoire de la peinture s'est donc bien  écrite à l'Estaque,

et l'histoire continue ?...



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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 18:54

 

 

...

Cézanne est né à Aix en 1839 et mort en 1906 à Aix.

C'est donc bien un peintre originaire de Provence, y ayant vécu une bonne partie de sa vie, faisant de nombreux allers- retours entre Paris et sa région natale surtout dans les tout débuts de sa carrière.

C'est bien en " montant" à Paris en 1861, mais surtout en 1862 ( date à partir de laquelle il s'y établit) , poussé par son ami d'enfance Emile Zola ( ils se sont connus au collège d'Aix en Provence) que Cézanne va rencontrer Pissaro, Renoir, Monet, Sisley ... le futur groupe des peintres impressionnistes avec qui il exposera ( à la 1° puis à la 3° exposition)

Le mouvement impressionniste est une vraie révolution au niveau de l'histoire de l'Art ; ces jeunes artistes vont poser un regard et un style nouveau sur ce qui les entoure.

 

Mais l'Impressionnisme est né à Paris et dans ses environs ... et pour notre sujet actuel : " l'influence éventuelle de Marseille et la Provence dans l'histoire de l' Art " ( revoir ici), suivons Cézanne qui va descendre à ... l'Estaque.


 

L'Estaque de 1870 à 1910 va devenir en effet le creuset d'une aventure tout à fait unique. Car quelque chose d'essentiel va s'accomplir pour l'histoire de l'art entre la première visite de Cézanne à l'Estaque ( surement en 1864), mais plutôt en 1870 et la dernière visite de Braque en automne 1910.

 

C'est la guerre franco-prussienne qui incite Cézanne à se réfugier à l'Estaque de juillet à décembre 1870 ; il travaille alors sur le motif.

Six ans plus tard,  à l'été 1876, il reviendra à l'Estaque avec Hortense Fiquet et leur fils Paul :  

«  Le soleil est si effrayant qu'il me semble que les objets s'enlèvent en silhouette non pas seulement en blanc ou noir, mais en bleu, en rouge, en brun, en violet » … «  il me semble que c'est l'antipode du modelé »

(J. Rewald  - "Correspondances avec Cézanne").


Des préoccupations différentes commencent à l’éloigner des recherches propres aux impressionnistes, ( même s’il ne renie jamais les leçons de vibrations colorées et lumineuses prises notamment auprès de Pissaro à Auvers sur Oise).

« Trouver les volumes », voilà quelle était la véritable obsession de Cézanne

Chez lui, la modulation de la couleur cherche désormais davantage à exprimer les volumes que les effets atmosphériques et la luminosité.

Le souci de Cézanne reste le motif ; son souhait :  

" Faire du Poussin d'après Nature,

quelque chose de solide comme l'art des musées"

 

A l'Estaque, il observe tout particulièrement la mer et les rapports qu'elle entretient avec le paysage construit, qui se structure en plans colorés aux tonalité réduites à quelques couleurs.

Entre mars 78 et le début du printemps 79, Cézanne effectue de plus en plus de longs séjours à l'Estaque.

Il peint beaucoup d’œuvres où il progresse dans la complexité de ses cadrages et de ses compositions, prenant en compte de plus en plus les rapports géométriques et architecturaux.

La mer, vaste aplat sert de révélateur aux formes qui s'élèvent et s'équilibrent autour.

 

 

Cézanne064" La Baie à l'Estaque" 1879- 1883 

 

Cézanne" Mer à l'Estaque"  1878 - 1879

 

Vers 1883, il change de lieu de résidence :

«  en montant sur les hauteurs, on a le beau panorama du fond de Marseille et les îles, le tout enveloppé sur le soir d'un effet très décoratif »


 Avec ainsi pour Cézanne un retour à la structure pure de la nature qui abolit ainsi tout rapport à un quelconque horizon.

Il surélève le dernier plan par rapport aux autres, obligeant donc le regard à balayer le tableau dans le sens inverse d'une composition classique ; ce renversement lui permet de mettre en valeur le jeu des lignes verticales et horizontales ( d'une façon tout à fait nouvelle) introduisant un élément de construction mentale spécifique à notre modernité et que les artistes de la génération suivante vont relever.

 

Cézanne063

Sa recherche essentielle du motif le poussera ensuite vers Gardanne puis vers la Sainte Victoire.


  Cézanne''''''

 

Ainsi si Cézanne travaille sur le motif et devant les paysages de Provence, il ne peut être considéré comme " un peintre provençal" : le sujet n'est pas peint pour ce qu'il est mais pour introduire une nouvelle et autre vision de la réalité.

 

Celle-ci commence, à partir d'interrogations,

de recherches,

de "vocabulaires" spécifiquement modernes

à travers les œuvres de Cézanne, ...

puis bientôt celles de Derain, Braque, Dufy et Friesz.

 


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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 19:50

 

 

... Depuis quelques semaines notre travail porte sur la Provence et les peintres provençaux qui ont peint cette Provence.

Depuis Loubon au milieu du XIX° s., nous avons " assisté" à cette évolution de la prise en compte d'une réalité qui les ont incités petit à petit à peindre cette Arcadie littorale, mélange de sublimation des paysages qui les entourent mâtinée d'une influence toute antique.

Ces sujets si nouveaux dans cette partie de ce siècle deviendront caractéristiques d'une " école provençale"(  ... on en trouve toujours à notre époque actuelle d'ailleurs)


Pour mieux relire et ne pas perdre le fil ,

vous trouverez les articles suivants ( et dans cet ordre)

- Le vilain midi

- Du " vilain midi" au doux pays, ... d'abord les poètes

- La Provence,...  une Arcadie ?

- Une Arcadie littorale ( 1)

- L'Arcadie littorale (2)

( en cliquant directement sur les titres , vous trouverez l'article)

 

Mais au tournant du XIX° - XX° s., beaucoup de changements et non des moindres s'opèrent dans le monde de l'Art ;  car dès la " révolution impressionniste", nombre de courants artistiques vont orienter différemment le cours de son histoire.

En Provence, certains peintres suivront ces courants , d'autres en seront les précurseurs ...

 

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N'oubliez pas notre questionnement :


Est-ce que "Marseille et la Provence" ont eu une influence sur l'art et son histoire ?

Si nous avons vu qu' avec les peintres provençaux " classiques", j'ose dire, c'est d'abord par le paysage et son climat que " Marseille et la Provence" ont inspiré ces peintres ... nous allons voir comment elle a servi aussi de sujet pour une vision nouvelle de la peinture ...

 

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 08:23

 

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Nous avons vu précédemment comment les peintres, souvent élèves de Loubon se sont peu à peu éloignés de son " emprise naturaliste"

Relire : ici


Désormais, la représentation de la Provence nous livre des tableaux lumineux dans lesquels les rochers et les rivages s'adoucissent au contact d'une mer étincelante ...

 

Plus encore sous le pinceau

- de Raymond Allègre 


Allègre  

 - Jean-Baptiste Olive

 

olive564

ou de

- Frédéric Montenard

 

Montenard-Marine

 

      Dans le même temps, l'époque voit aussi la création du P.L.M ; le "Paris- Lyon - Marseille" va permettre de se rendre plus facilement vers le sud de la France.

Cette "nouvelle Arcadie" est désormais à la portée de chacun et les décors du buffet de la gare de Lyon permettent aux voyageurs de la découvrir avant même de s'y rendre.


Le buffet de la gare de Lyon ou " Train bleu" a été construit par la compagnie du PLM à l'occasion de l'exposition universelle de 1900.

C'est un restaurant mythique dont l'intérieur est un vrai musée des années 1900.

Outre les sculptures, les dorures, le mobilier .... 41 fresques décorent les murs et les plafonds, représentant les grandes étapes parcourues par la compagnie du PLM ainsi que les évènements de 1900.

Ces fresques ont été peintes par les grands peintres de l'époque dont pour ceux qui nous concernent, les provençaux : Jean-Baptiste Olive avec "St Honorat" et " Marseille"  et Frédéric Montenard avec " Villefranche " et " Monaco".

( Raymond Allègre participera aussi en aidant Olive)

 


Le train bleu

 

 

Valère Bernard

 

C'est avec lui que je clos cette page " non exhaustive" des peintres provençaux de cette moitié du XIX° s. qui vont laisser en mémoire des vues devenues depuis traditionnelles mais qui "reprendront vie" encore bien souvent sous le pinceau de nombreux peintres du XX° voire du XXI° qui continueront "en dehors" des modes à peindre cette Provence éternelle.

 

  Valère Bernard"en Arcadie" - Valère Bernard -

aquatinte - 1908

 

Rien de tel pour " conclure" et résumer que ce tableau de Valère Bernard : un pâtre en costume régional jouant de la flûte, assis au pied d'un pin, sur une colline vers Montredon, devant la rade de Marseille où dans le lointain on aperçoit notre-dame-de-la-garde.

 

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Mais l'histoire de l'art continue et déjà le XX° siècle se profile avec tout ce qu'il va apporter d'innovations, de bouleversements, de changements ...


Déjà quelques vingt ans auparavant dans

 

Cézanne

"la mer à l'estaque" 1878 -79 (Paris musée Picasso),

Cézanne adopte un point de vue diamétralement opposé à ces relectures du passé.

S'il cadre la vue selon la tradition classique (observez la composition en triangle formée par des arbres) cette "arcadie" se fait doublement " provocante " :

- les aplats colorés rompent avec le flouté qui adoucit la lumière ( ce qui permet la perspective à l'infini) et la ligne d'horizon est placée très haut. La mer se fait " verticale"  

- le pâtre grec cède la place à une cheminée d'usine, qui  symbolise la modernité industrielle ... nouvel âge d'or en marche.


 Un nouveau regard va désormais se poser sur cette l'arcadie provençale ...

 


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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 07:54

 

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Mais c'est surtout avec les peintres qui tournent leur regard vers le littoral que nous entrons de plein pied dans l'un des sujets nouveaux à cette époque et qui deviendra récurrent ensuite dans les sujets des peintres provençaux : le littoral avec mer et rochers.

Désormais, "l'Arcadie", nouvelle image de l'identité provençale passe, comme chez Autran, par le rivage unissant la mer au relief montagneux.

Parmi les disciples de Loubon, :

- Auguste Aiguier le premier, avec une imprégnation des oeuvres de Claude Le Lorrain qu'il étudie au Louvre, contemple la lumière de l'aube au crépuscule, substituant les vues de la campagne romaine par les criques marseillaises .  


Aiguier 1" Soirée d'automne aux Catalans" (1854, Musée de Toulon)

 

Aiguier2"Effet de soleil couchant"

(1858, Musée des Beaux-Arts de Marseille)

 

Dans ce panorama pour lequel il a gardé le double carré de la veduta, Aiguier, pas plus que Le Lorrain, ne s'intéresse à l'exactitude topographique.

Dans cette scène paisible, pas de rochers agressifs , mais une harmonie douce accordée au repos des hommes et à celui de  la nature; 

 

- François Simon (1818 - 1896) : une plus forte inspiration réaliste se détache de ses travaux.


Simon"Moutons en paturage"

( 1863 - Musée des Beaux-Arts de Marseille)

 

" toute la grâce rustique du Théocrite latin respire dans cet égloge marseillaise(...) Il y a dans l'air des parfums enivrants de la farigoule et de l'immortelle" ( Méry)

 

- Raphaël Ponson exécute en 1867 sous la demande de l'architecte Espérandieu, divers panneaux pour la salle de Provence au muséum d'histoire naturelle du Palais Longchamp, hissant ainsi le rivage méditerranéen au rang du décor monumental.

 

PonsonRaphaël Ponson " La rade de Marseille"

 

Raphael Ponson

Par ailleurs, honoré par l'état qui l'achète pour ses musées, il devient à Marseille une sorte de "peintre officiel des calanques",réconciliant "désert" et Arcadie, ces deux emblèmes fondateurs de l'identité provençale sous le second Empire.

 

   Vincent Courdouan ," l'amant heureux de la méditerranée qui lui laisse ravir(...) les perles bleues enchâssées dans les baies de son littoral".

Chef de file de la peinture varoise que Lépinois oppose dès 1859 à Loubon, il se fait une spécialité de l'évocation des criques des environs de Toulon.

L'artiste qui a gardé d'un voyage à Naples la nostalgie de l'Italie et des falaises parfumées de Sorrente ; il est resté fidèle au sujet, au "beau morceau de peinture" réalisé en atelier, il croit à un idéal de beauté rendu par une exécution soignée, la primauté du dessin, l'équilibre de la composition, le sens des convenances.

Loin de Loubon, son réalisme poétique est fondée sur une harmonie classique,non dénuée d'intention ; car ami de Frédéric mistral, Courdouan est un des premiers peintres félibres. Telle la poésie des troubadours, sa peinture est un langage qui exalte la" renaissance provençale" face à la centralisation parisienne:

" M. Courdouan est toujours le peintre national du paysage et des marines du midi" ( Maxime Du Camp - 1855)


Courdouan"La corniche des Tamaris, Baie de Toulon"

1874

 

"Avec lui, l'image est un puissant vecteur de l'identité régionale : l'azur hellénique, la découpe attique à l'horizon, l'ordonnance classique, la voile latine au premier plan de la méditerranée, sont les signes récurrents qui font des provençaux les descendants d'une race issue des grecs.

Sa production abondante qui perdure jusqu'à la fin du siècle enracine le mythe d'un rivage idyllique : ces pêcheurs et ces promeneurs qui se délassent dans une rade d'où sont gommés les cuirassier font de cette terre arcadienne un jardin d'agrément."

(Cf " la revue culturelle de Marseille - Marseille et ses peintres )

 


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