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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 09:04

 

...

 

Malgré son importance capitale dans la formation d'une école régionale, le regard naturaliste porté par Loubon sur la Provence va perdre sa suprématie auprès des nouvelles générations.

Le lien de Marseille à l'Antique de Puvis de Chavannes - qui n'est pas un artiste marseillais certes, car en effet nous traitons actuellement des peintres marseillais - aura une influence déterminante avec deux représentations de Marseille 

" Massalia, colonie grecque" 1869 et

" Massalia, Porte de l'Orient"

créées pour le Palais Longchamp, le musée des beaux-arts de Marseille en 1869, offrant cette nouvelle vision de la ville.


Puvis de Chavannes

Puvis de Chavannes - Marseille porte de l'Orient

  Vivement que nous allions les revoir au Palais Longchamp dès son ouverture

car je n'ai trouvé que ces deux clichés ...

 

Dans le dernier article (ici ) nous avons vu un regard nouveau se poser sur le paysage provençal.

Quelques élèves de Loubon se détachent peu à peu de son "emprise" et certains même s'ils ne tournent pas encore leur regard vers la mer commencent à peindre le " beau pays provençal" semblable à cette Arcadie rêvée.

 - Fabius Brest, avant de devenir "peintre orientaliste", traite la  lumière à la manière des peintres de Barbizon.

 

Fabius Brest"Plan d'Aups" 1851, musée de Toulon,


- Fortuné Viguier semble influencé par le lyrisme des pastorales de Claude Le Lorrain comme (re) visitée par le filtre de Corot.

 

Fortuné Viguier" Paysage provençal" du musée de la Castre à Cannes, 

 

 Édouard Imer :" le motif poétique, le site de superbes, les grands pins épars sur une éminence avec une fabrique d'un beau caractère" (Clément)

 

Imer"Environs de Saint-Raphaël"en 1869 ( Avignon, musée Calvet),

 

Chez tous ces peintres, rien ne manque dans des paysages d'une belle ordonnance classique qui renvoie à l'Antique : sous les arbres , des personnages de premier plan quelquefois des pâtres musiciens, des animaux, une lumière dorée, une architecture antique, et  une douce harmonie. 

Une légère brume, héritée de Corot peut renforcer le mystère et favorise l'éloignement ...


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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 09:38

 

... Cette " revalorisation" de la Provence commence par un regard différent porté sur la mer ... Méditerranée, et va commencer par le travail des poètes et des écrivains.

Dans les siècles précédents et même depuis Homère, la mer certes sert aux échanges, au transport, à la pêche ... mais nous sommes loin de l'attraction actuelle de la mer qui n'a cessé d'augmenter depuis la mode "des bains de mer" (qui n'a commencé qu'au début du XX°s).

En effet la mer, notamment dans la peinture, quand elle est représentée, symbolise la mort ; lieu mystérieux, profond, dans laquelle se cachent des monstres marins, elle est la porte des enfers , le lieu des naufrages et des tempêtes que les navires affrontent avec difficulté, et où nombre d'hommes partent et ne reviennent jamais.

Pensez aux tableaux que nous avons déjà évoqués tels ceux de Joseph Vernet (1714 - 1789)

la-tempete-sur-le-phare---claude-joseph-vernet"Tempête sur le phare" - Jospeh Vernet

 Une eau qui évoque la vie, est en général une eau qui circule, telle l'eau de la cascade du ruisseau, de la fontaine...


 - Alexandre Dumas contribue à "lancer" Marseille, avec le château d'If et le quartier des Catalans , dès la parution en épisodes dans "le Journal des débats", du "Comte de Monte Christo"  de 1844 à 1846

(ce serait le moment de le relire !)


- Mais c'est surtout avec Joseph Autran, "barde officiel de Marseille" sous la monarchie de juillet ( il finira à l'Académie Française) que la mer trouvera son poète.

Il constate en effet :" la mer n'a jamais eu son poète"

Ainsi il publie son recueil " La mer" , en 1835 puis dans une nouvelle édition en 1852 : " Les poèmes de la mer", dans lequel sa longue préface, presque un essai, étudie le rapport à la mer entretenu par l'homme depuis l'Antiquité.

Sous sa plume revient "le cliché" d'une mer grecque où le château d'If "semble une Délos" . La Méditerranée noire, mugissante et stérile d'Homère devient pour lui, "radieuse, douce et féconde " ; d'essence divine et d'un calme étincelant, elle s'oppose à l'océan terrible et se fait promesse de bonheur et d'éternité.

Il analyse les rivages marseillais dans ses moindres criques et promène son âme rêveuse en témoignant des reflets et de la lumière,

" cette brume d'or que ce seul Claude trouvait sur ces palettes".

( ... Claude le Lorrain),

Il évoque le sentiment d'infini ... il en fait le pays du bonheur, le pays idéal, une Arcadie avec ses collines parfumées qui dominent le rivage et la plage. Les cabanes en bord de mer deviennent l'équivalent des huttes pastorales grecques ; les pêcheurs des Catalans, loin des tentations de la ville, gardent la pureté des moeurs, la piété et la candeur.

Et il termine ce recueil par une comparaison entre Paris "ce grand cloaque" et Marseille aux "eaux de pur cristal"...

 

- L'oeuvre de Frédéric mistral  ajoute à l'attrait de la Méditerranée : 

Dans "Miréio", 1859, (dont le récit s'achève sur une plage de Camargue transcendée par l'évocation du débarquement des saintes Maries), il fait ainsi succéder sur ce rivage le christianisme à l'Antique.

Dans " Calendal ", 1867, (l'épopée d'un jeune pêcheur de Cassis), la mer côtoie la montagne.

Il compare la mer à "une sirène aux yeux bleus", une "superbe amante" qui ensorcelle les marins ( dans la revue du littoral ... annonçant le recueil de 1875)

 

- la " Société dei Franc Caminaïre ", fondée en 1868 par Alexandre Gueidon, va compléter l'influence des poètes.

Ces randonneurs liés au Félibrige parcourent entre autres,en 1868 et 1869 le littoral de l'Estaque à Toulon.

Ils publient " A travers la Provence"  en 1873 et 1875 où ils relatent leurs excursions donnant leurs impressions de voyage et leurs descriptions pittoresques.

Ainsi sous leurs pas, la nature devient un tableau avec pour fond de décor, " la mer ayant à chaque flot des paillettes de soleil" .

 

 

Le décor est ainsi planté,

il n'attend plus qu'une 'traduction picturale'.

qui apparaîtra lorsque les artistes

oseront s'affranchir de l'emprise naturaliste de Loubon

...

 

 

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 16:22

 

... 

 

C'est en ces termes qu'Emile de B. De Lépinois, entre autres, critique parisien (" L'Art dans la rue et l'Art au Salon- 1859), qualifie la Provence en ce milieu du XX° siècle.


La " faute" en est en grande partie à Émile Loubon...

En effet, de 1840 à 1860, la création régionale en Provence est dominée par la personnalité de Loubon ( en savoir + : ici), directeur de l'école des Beaux-arts de Marseille et chef de file de la peinture provençale.

Son ambition est de hisser "le paysage naturaliste avec animaux" au rang de " tableau d'histoire".


Loubon1 

" Vue de Marseille prise des Aygalades, jour de marché"                      1853 ( Marseille, musée des beaux-arts)

nous irons dès que le Musée sera ouvert !!!

 

 Ces toiles qu'il présente au Salon de Paris pendant une vingtaine d'années montrent un pays âpre, aride, sec et poussiéreux, où les troupeaux se retrouvent en " plein cagnard", soulevant des nuages de poussière, dans un paysage sans brin d'herbe ni arbre... montrant ainsi la Provence et les environs de Marseille comme un pays inhospitalier, semblable à un "sahara marseillais"...


Loubon 4 

" Le col de la Gineste " 1854 - Émile Loubon


Loubon 3" La montagne Sainte Victoire : scène de transhumance "  1847 

Émile Loubon - Musée des beaux Arts de Marseille 

 

         Même s'il évoque la présence " à titre exceptionnel", de la méditerranée, il la pose à l'arrière-plan, souvent d'un bleu vif qui ajoute à la minéralité de l'ensemble.

 

Marius Engalière, Prospèr Gresil, Paul Guigou, ses amis et "rivaux", proposent aussi cette vision d'une Provence austère.

Paul Guigou' 

              " Les collines d'Allauch" 1862 - Paul-Camille Guigou                         Musée des Beaux Arts - Marseille

 

Marius Engalière'

                   " La Sainte Baume"  - Marius Engalière                                           Musée des Beaux Arts - Marseille           

C'est ainsi que bien avant de détrôner le rituel voyage à Rome au cours du 20e siècle pour des artistes venus "du nord" de la France ou de l'Europe, la Provence a longtemps été considérée comme inhospitalière ; une contrée lointaine dotée d'un climat excessif, avec des " moeurs insolites", une façon de parler rude,... presque une terre étrangère, lieu de  passage vers l'Italie et L'Orient.

 

C'est sous le Second Empire que va s'opérer un changement progressif pendant lequel le "vilain midi", désertique va se transformer en un "doux pays", tel le titre de l'oeuvre de Puvis de Chavannes, une "arcadie" propice aux rêveries antiques.

( en savoir + sur Puvis de Chavannes : )

 

Puvis Doux Pays 

"Doux pays", Puvis de Chavannes - 1882                                  ( Bayonne, Musée Bonnat)

 

 

  ... (la suite de " l'histoire" ... au prochain article )

 


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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 15:59

 

 

...

à Marseille !

Notre lien avec la Renaissance italienne n'est plus à faire

avec notre " David" devenu marseillais !


david marseille'

C'est à  Jules Cantini (1826- 1916) et à ses ateliers

(oui, oui, comme l'avenue Cantini ou comme le Musée Cantini !  )

( en savoir + : ici)

 

que l'on doit la célèbre réplique de la statue du David de Michel Ange

( relire)

placée depuis les annnées 50 ( depuis le 17 novembre 1951 semble t'il...)

au Rond Point de la plage du Prado,

au bout de la corniche et de l'Avenue du Prado.


Cette satue réalisée en marbre blanc de Carrare qui se détache sur le bleu du ciel et de la mer est devenue presqu'aussi populaire que Notre Dame de la Garde.

Et si en voiture, on n'a pas trop le temps de l'admirer, le " personnage" et le lieu font partie complètement de l'image de la ville.

Pratique pour situer le lieu ou se donner un rendez-vous , n'oubliez pas aussi d'admirer l'oeuvre en elle-même et d'aller plus près ... voir s'il existe des différences entre la copie et l'original !


Devenu l'emblème de Marseille

après avoir été créé pour être l'emblème de Florence ?

Je vous disais bien que nous sommes influencés par l'Italie de la Renaissance !


  


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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 08:23

 

...

Dans notre réflexion actuelle sur la beauté et le sens du "beau" qui depuis les Grecs et l'antiquité a régi l'art Occidental pendant des siècles ( voir les articles suivants sur l'influence des Grecs : 1, 2 et 3 )... nous avons fait une " halte" à l'époque de la Renaissance Italienne ... et lien avec Marseille oblige , nous nous devons de nous intéresser à la célèbre statue de Michel -Ange , le " David".



ma11.jpg

 

La Technique et quelques chiffres tout d'abord :

Michel-Ange réalise le David entre 1501 et 1504.

Il mesure 4,34 mètres de hauteur (5,14 mètres avec le socle)

 

Le bloc de marbre blanc de Carrare dans lequel Michel-Ange sculpte son David avait déjà été largement ébauché quelques années auparavant par d'autres sculpteurs, Duccio notamment, qui, voyant que "l’œuvre venait mal", avait finalement abandonné son projet, ce qui rendait la tâche de réaliser une statue complète dans ce bloc presque impossible.

Michel-Ange a su tirer parti de l'étroitesse du bloc de marbre et contourner un de ses défauts (une brèche dans laquelle il a creusé l'espace entre le bras droit et le torse) ; il réussit ainsi à caler son modèle d’une manière si parfaite que les bords du bloc affleurent au sommet de la tête, à l’épaule et le long de la base.

 

 Michel-Ange a réalisé ce coup de maître avant l’âge de 30 ans.

Commencé en 1501,  terminé en 1503, le David a été dévoilé le 8 septembre 1504, à l’aube de la Renaissance sur la place de la Signoria à Florence ( alors que l’artiste est déjà à Rome, ou sur le point d’y partir, appelé par le pape Jules II, cette statue dans le goût florentin lui a assuré une notoriété immédiate)



Son sujet:

 

Le thème du  David ( de la Légende : " David contre Goliath"  - se rappeler ?)

a souvent été traité auparavant, en sculpture ou en peinture.

 David  y est en général représenté comme  « un héros androgyne à la beauté d’éphèbe » ( tels ceux de Donatello - Verrochio ...) qui vient de vaincre Goliath, glaive à la main ... et tête décapitée à ses pieds.

 

David de Donatello 

"David" par Donatello

 

David de Verrochio"  David" par Verrochio

( il paraît que le modèle ici était

Léonard de Vinci adolescent)


 Contrairement à ses prédécesseurs, Michel-Ange sculpte ici un athlète puissant, "sublimation du nu viril", un "homme fait", "éclatant de jeunesse et de virilité".

On pense que c’est un marbrier de Carrare qui fut le modèle de Michel-Ange.


De plus, Michel-Ange choisit de représenter David avant le combat, au moment où il défie le géant Goliath, une fronde à la main sur son épaule gauche.

Ce n’est donc pas l’homme victorieux que Michel-Ange a représenté, ni le futur roi, mais le jeune homme qui va à la rencontre de son destin : choisi pour affronter Goliath, ayant peu de chances « objectives » de vaincre.

C’est un sentiment mêlé de peur et de confiance que l'on perçoit sur son visage.


ma19.jpg

 

Analyse:

 

Par cette œuvre, Michel-Ange a égalé le génie des grands sculpteurs de la Grèce Antique, tout en créant un nouvel archétype qui va devenir l'emblème et le point de départ de cette " Re-naissance" italienne.

Comme Phidias, il introduisit dans son travail, parfois, des écarts par rapport aux canons anatomiques,

Peu de sculpteurs ont eu de telles audaces.

 

- " David" est ici dans une attitude naturelle, équilibrée, concentrée dans un contrapposto nerveux (le poids du corps repose sur une seule jambe et la ligne des hanches fait opposition à celle des épaules) qui souligne une « violence contenue»  et suggère le mouvement.

- De fait, on peut constater que la jambe gauche est plus longue que la jambe droite ... ce qui accentue cette idée de dynamique. 

- De même Michel-Ange use de la disproportion dans les mains, accentuant l'importance du geste de David .

- La partie haute du corps peu sembler un peu longue ... il faut tenir compte en effet de l’emplacement que devaient occuper certaines sculptures ( qui subissaient ainsi quelques "aménagements", tel le "grossissement" des têtes pour les statues placées en hauteur… pour qu'elles soient restituées dans des dimensions exactes dans l'oeil du spectateur placé plus bas)

- Dans le droit fil de l'esthétique de l'inachevé (non finito), propre à Michel-Ange, le sommet de la tête montrerait un peu de la surface initiale du bloc, non travaillée.

 

   Nous sommes donc ici dans un domaine qui va au delà de l’exactitude anatomique ; c'est une anatomie au service de l’expression.

Nous sommes dans l’illusion du réalisme, et non dans le réalisme.

Les beaux-arts, par essence, ne sont jamais des copies de la réalité, mais visent à créer une illusion de réalité idéalisée, sublimée, symbolisée.

L’artiste recrée le monde à l’image de son imagination.

 

Symbole :

 

Initialement placé devant le palazzo Vecchio ( l'original est, depuis 1873, exposé dans la Galleria dell'Accademia de Florence) pour symboliser la détermination d'une jeune république face au tyran, la statue de Michel-Ange devint l'incarnation de la "virtus fiorentina", la vertu républicaine florentine, au sens où l'entendait Leonardo Bruni quand il écrivait que « les vertus ancestrales des Romains et des Étrusques avaient été préservées dans les lois sacrées de Florence. »

Même si pourtant, sur le moment, les citoyens de Florence

avaient reproché à la Seigneurie

d'avoir déplacé la Judith de Donatello,

qui leur semblait être le vrai symbole de la République !

 

 

 

 

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 16:34

 

...

Le 31octobre 1848, le "Félix Bernabo" avec le capitaine Fassy à son bord, faisant route vers la pointe Divy ( Golfe du Bengale) fut confronté à une terrible tempête, telle que les hommes à bord ne pensaient jamais en sortir...

 

...

" la nuit gagnait

Le vent devait alors faiblir

Il fallait tenir

Il faudra bien tenir"

...

 

Dès le printemps suivant, alors amarré au port de Marseille, le capitaine Fassy et ses hommes voulurent remercier " les cieux" de les avoir épargnés.

Chacun son moyen : certains firent pénitence, d'autres pèlerinage ; certains firent exécuter maquettes, broderies,... et autres objets votifs.

Le Capitaine Fassy se mit en quête d'un artiste capable d'illustrer cet effroyable ouragan et leur sauvetage miraculeux qu'il attribuait à la Vierge Marie.

C'est ainsi qu'au n°23, de la rue Coin-de-Reboul sur le Vieux Port, il remarqua la vitrine d'un " hydrographe" emplie d'instruments et d'objets relatifs à la mer et à la navigation, mais aussi remplie de ... nombreuses aquarelles de bateaux, réalisées avec beaucoup de minutie et une grande maîtrise ... par le propriétaire des lieux : François Roux ... à qui il commanda ainsi pour 350 F ( le salaire mensuel d'un matelot était alors de 50 F.) un ex-voto.

 

Roux Hydrographes

 

 

La dynastie des "Roux" avait commencé avec Joseph Roux (1725-1789) qui possédait sur le port de Marseille une boutique d’hydrographe héritée de son père (Joseph Roux, père 1682-1747).

Il est le premier à peindre et à dessiner, réalisant des cartes marines, des plans de ports et de rades, et des roses de compas à l’aquarelle.


Jean-Baptiste de Havre-A.RouxAntoine Roux


François Roux et ses frères et soeur : " les peintres Roux" commencèrent par copier les aquarelles de leur père, Antoine, le fils de Joseph.

" Antoine père exécuta des scènes navales qui sont de véritables tableaux. Je citerai notamment deux aquarelles dont je n'ai vu que des copies très remarquables d'ailleurs, faites également à l'aquarelle par l'un des fils du peintre, François, artiste lui-même très distingué" ( Louis Brès)

Les bateaux représentés, l'étaient avec précision ; rien ne manquait aux cordages et autres effets de l'eau ...

Son originalité se situait au niveau de la composition, car il avait coutume de représenter sur une même aquarelle , deux fois le même navire ...

" une deuxième fois sur la même aquarelle mais dans une position différente, généralement de profil ou de trois quart, en train de virer de bord " ( Meissonier , Voiliers de l'époque Romantique),

Ceci prenant pleinement son sens lors de la représentation de batailles navales ou lors de manoeuvres de bâtiments.

Antoine Roux a réalisé un nombre si important de représentations de navires qu'il fut taxé d'être :

" le créateur en France d'un nouveau genre de peinture: le portrait de navires ( J. Randier dans Antoine Roux et ses fils )

( Certains attribuent ce titre déjà à son père Joseph)

 

Le père de François, Antoine Roux, donna à ses enfants, Antoine, Frédéric, Ursule et François une base solide de dessin et de peinture académique proche du Réalisme.

Frédéric fut remarqué par Carle et Horace Vernet lors de l'un de leurs séjours à Marseille et s'installa à Paris ( ainsi qu'Antoine), puis au Havre.

Ursule envisagea de suivre aussi une carrière artistique ... mais personne ne l'y encouragea vraiment ... une fille !  elle se maria donc et fondit un foyer, ... et ouvrit un " salon" aux peintres marseillais, en recevant une fois par semaine la société artistique de Marseille. 

 

L'aviso le renard Fr.RouxFrançois Roux

 

François reprit la boutique de son père ( emporté très rapidement par le choléra) et continua à dessiner des bateaux.

Par des visites nombreuses sur les bâtiments, il exécutait de nombreux croquis ; croquis qu'il personnalisait selon l'atmosphère du moment : coucher de soleil, brume.... Il pouvait aussi accompagner l'équipage par une sortie ou un voyage en mer afin de compléter ses connaissances, croquer les différents mouvements des gréements... et de la mer sous tous ces aspects.


Comme tout le reste de la famille, il ne peignait qu'à l'aquarelle , avec des lavis de brun ou de gris, de l'encre brune ou noire, de la mine de plomb, quelquefois rehaussée de blanc.

Les compositions comportaient une mer peu agitée ( sur un quart de l'ensemble), avec un ciel peu nuageux, légèrement ocré sur le reste du tableau. Les bateaux étaient placés de profil et en gros plan ( pour présenter différentes allures, il employait alors la composition de son père avec deux navires identiques vus sous différents angles)

A la fin de ce XVIII° s., c'est en effet la mode de l'aquarelle venue d'Angleterre, et qui fut associée au mouvement romantique.

 

François acquis ainsi une belle notoriété...

il céda son commerce à son neveu,

pour ne se consacrer qu'à son travail de " mariniste" ...

 

Même lorsque la "Marine à voile" commença à être remplacée par  "la Marine à vapeur" ... il resta fidèle à ces portraits de bateaux même si ceux ci devinrent un peu démodés.

Il ne se laissa pas embarquer par les nouveaux procédés et autres concepts picturaux et stylistiques de cette fin du XIX° ; même s'il réalisa aussi quelques tableaux sur un mode plus libre.

On critiqua alors chez lui cette " fidèle reproduction d'images" , mais sa fidélité à un genre délaissé alors lui accrut de façon paradoxale sa notoriété, et François travailla à de nombreuses commandes.

 

A la fin de sa vie, référence dans le domaine des portraits de "marines", il devint ainsi peintre officiel de la Marine ( en 1875) et Chevalier de la légion d'honneur.

Il offre alors une dizaine d'aquarelles au musée de Louvre.

 

 

Si après son mariage , en 1873, il travaille un peu moins, il envisage un temps un musée où il pourrait rassembler les oeuvres de toute la famille, ainsi que de nombreux carnets de croquis.

Son idée n'eut pas de suite.

Après sa mort, son neveu, Antoine qui hérita de l'ensemble de la collection, organisa une grande rétrospective en 1883 dans les salles de la dépêche du " Petit marseillais" qui connut un succès honorable, mais l'idée d'un véritable Musée naval ne verra jamais le jour.

 

A sa mort : on peut lire dans la" Marine française de 1792 à nos jours" :

" Il est heureux qu'il se soit trouvé un artiste spécial et son père, qui aient pris à tâche et aient réussi à faire les navires tels qu'ils sont, à travers les gréements suivant les époques, à donner aux voiles leurs formes et à modeler assez bien par le coloris, le plus grand vaisseau comme le canot, pour qu'un faiseur de modèles ait pu dire qu'il lui suffisait d'ajouter quelques mesures à leur aspect, pour pouvoir les exécuter en relief. Toutes ces raisons feront apprécier la collection que feu M. François Roux a exécutée pour le Musée de la Marine avec un ensemble parfait, puisque tous les navires sont à bien dire à la même échelle et permettent ainsi des comparaisons directes " ...

 

Beaux éloges !

... mais quelle place occupe la famille Roux

et particulièrement François pour la postérité?


Les grands noms :Vernet, Géricault, Boudin, Monet, Ziem avec leurs superbes compositions de marines ... et en Provence, les  " Morin – Gudin – Olive – Moutte – Ponson – Crémieux"... ont marqué de leur empreinte cette passion pour la mer ...


François Roux et sa famille , outre leur nom apposé sur certaine avenue de Marseille, nous laissent, avec une maîtrise de l'aquarelle classique,  un beau portrait de " cette marine à voile" du XIX° siècle ...

 

En savoir + : ici et sur la revue "Marseille" n° 196 : " Marseille et ses peintres" ...

 


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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 07:51

 

 

... La représentation de l'eau en tant que sujet principal

dans l'oeuvre d'art occidentale n'est apparue que relativement tard,

contrairement à l'Extrême Orient .

 

hokusai.jpg

Hokusaï " La grande vague"

 

  En Occident, pendant des siècles, l'eau est représentée souvent par seulement quelques lignes ondoyantes ; elle reste un élément accessoire servant de décoration et (ou) le plus souvent ne sert que de " support" aux barques et aux navires.


Les artistes hollandais furent les premiers à aborder le thème des paysages maritimes, puisant leur inspiration dans les paysages qui les entourent : même Rembrandt ( 1606 - 1669) dont ce n'était pas le sujet préféré, aima peindre des paysages terrestres et marins, ainsi que ces confrères et élèves, tels Cuyp (1620 - 1691), Vermeer ( 1632 - 1675) ... ou Canaletto ( 1697 - 1768) à Venise.

Mais dans ces tableaux , la "terre" occupe toujours  une place primordiale.

 

C'est avec Caspar David Friedrich (1774 - 1840) , avec " Naufrage de l"Espoir au milieu de la banquise" ( très caractéristique du romantisme allemand)


friedrich-naufrage

 

et surtout avec William Turner ( 1775 - 1851) que le paysage maritime va s'imposer comme un véritable sujet.


Orage.jpg" Tempête" Turner


Quelques étapes et quelques noms qui marquèrent ensuite l'histoire de ce paysage lié à la l'eau :


- L' Hudson River School, en Amérique


- Eugène Boudin ( 1824 - 1898) précurseur des Impressionnistes


- Claude Monet ( 1840 - 1926)


IMPRESSION.jpg" Impression : soleil levant" Monet


- Winslow Homer ( 1836 - 1910)

 

- Les graveurs japonais des XVIII° et XIX° s., qui influenceront beaucoup les peintres européens de cette même époque...


- A partir du XIX° s. , quelle que soit la position des divers artistes par rapport à certaines écoles ou certains mouvements, les peintres montrent une prédilection pour les paysages maritimes : la mer, la rivière, le lac, le canal ....


Des eaux paisibles

aux effets de mer gonflés par la houle,

et les images de navigation en haute mer,

l'inspiration est multiple et permanente.

 

 


 



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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 11:52

 

 

 

... Avec notre exposition sur le thème de la "route 66", nous replongeons dans le thème qui nous a fait traverser et évoquer aussi l'histoire de l'art et de la peinture américaine, en mai et juin dernier.

 

Hier, Arte diffusait ce film

sur Edward Hopper

( en lien aussi avec l'exposition qui s'ouvre en ce moment au Grand Palais à Paris)

Edward Hopper

Très beau film de Jean-Pierre Devillers,

qui nous permet de comprendre l'artiste et donc son oeuvre,

nous faisant traverser aussi l'histoire de la peinture contemporaine américaine.

 

A voir et à revoir absolument !!!

c'est ici

ou en rediffusion sur Arte toujours :

Date(s) de rediffusion : Jeudi, 18 octobre 2012, 01h00
Jeudi, 25 octobre 2012, 05h00


Ce qui nous ramène aux articles que je vous avais proposés :

les relire

ici, et encore !

 

 

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 10:25

 

 

 

Quel lien unit des artistes tels Ziem, Signac, Verdilhan, Lamazou, Jouenne ... ou Arthus Bertrand ... ?


Felix-Ziem -Navire-americaiZiem


D'époques, et d'expressions différentes, ils sont ou ont été 

" Peintres officiels de la Marine".

 

 

A ne pas confondre avec un peintre de " marines" ... qui est celui qui peint effectivement des oeuvres en lien avec la mer ( au sens large).

Bien évidemment, les six précédemment cités ont dans un premier temps créé des oeuvres en relations avec ce thème de la mer ... mais ensuite ils ont été nommés officiellement par le ministère de la Défense  : " Peintres officiels de la Marine " ( de la même sorte, il existe d'ailleurs des peintres de l'Aviation et de l'Armée de terre...)

 

Pour ce qui nous occupe, même si Joseph Vernet en son temps ( 1714 - 1789) fut nommé " Peintre de la Marine du Roi", c'est depuis 1830 que des peintres de la Marine sont nommés pour 3 ans par un jury présidé par un officier général de Marine et composé d'officiers de Marine et de peintres titulaires ( les peintres titulaires doivent être avoir été agréés plus de 4 fois consécutives ... ou avoir plus de 60 ans).


Ces peintres, graveurs, aquarellistes, photographes ou sculpteurs ne touchent pas de rétribution, et n'ont pas de commandes officielles, mais ont un rôle et une mission de "témoin et de reporter".

Ainsi ils ont la possibilité d'embarquer, de porter un uniforme ( Les peintres agréés accèdent au rang de " Lieutenant de Vaisseau"; les peintres titulaires prennent rang de " Capitaine de Corvette")

Ils appartiennent aussi au Service historique de la Marine et peuvent faire suivre leur signature du dessin d'une ancre.


ancres

 

Vous pouvez trouver plus d'info

  ici

....

et la liste de tous les peintres de la Marine depuis leur création

là ...

 

C'est surtout un monde très masculin ... seules 5 femmes ont été nommées dans toute l'histoire ...

Cela vous tente ?

 


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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 07:46

 

 

... Vos travaux pour la participation au concours de l'été m'arrivent au fur et à mesure ces jours ci.

Mais vous avez encore le temps !!!

 

d'autant plus que je recule la date " limite" de participation

au 31  Août.

Vous avez donc tout le temps !

 

Aborder ce sujet peut se faire de différentes façons et sans dévoiler les réalisations déjà envoyées, vous avez suivi différentes pistes pour nous "parler" de sport.

Certains s'inspirent du geste et de l'attitude, d'autres ont travaillé les symboles olympiques ... enfin d'autres s'essayent à traduire le mouvement inhérent au sport.

 

Pour alimenter votre réflexion, deux pistes à observer

( à suivre ? ... )

parmi bien d'autres, avec :

 

 - les Futuristes qui, au début du XX° siècle, ont abordé cette représentation du mouvement.

Le "mouvement futuriste" a existé de 1904 à 1920 ...

attention ne pas confondre ici les 2 sens du mot mouvement !!! 

 

Boccioni dynamique d'un joueur de foot"Dynamique d'un joueur de foot" - Umberto Boccioni - 1913

 

En empruntant " à la technique divisionniste et au cubisme pour faire interférer formes, rythmes, couleurs et lumières afin d'exprimer une « sensation dynamique », une simultanéité des états d'âme et des structures multiples du monde visible..."

Vous voulez en savoir plus, suivez le lien : ici

 

- Victor Spahn, plus proche de nous, car contemporain travaille et retranscris " par la peinture, toute la puissance et l'énergie que dégagent le sport et la musique " …"  Le golf, l'équitation, l'automobile, la musique sont ses terrains de jeux favoris" ...

La suite avec des images ? ... allez voir son site :

 

 

Cela vous ouvre des horizons ?


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