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Présentation

Un blog pour les passionnés de dessin, de peinture, et d' arts plastiques.
Pour ceux qui veulent apprendre : de la découverte, en passant par l'apprentissage puis la  pratique ...
Pour ceux qui veulent créer.
Plus des infos sur les expos, l'histoire de l'art ....

Conseil du jour

 

Vous pourrez retrouver désormais le blog de L'Ocre Bleu à cette nouvelle adresse :

http://l-ocre-bleu.fr/

 

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 09:08

Les encres passées à la plume sont des couleurs différentes.

 

La plus courante est l'encre rouge.

C'est une encre à base de "minium" ( oxyde de Plomb, Pb3 O4); « minium »  en latin, signifiant« rouge vermillon ».

D'où le nom de "miniatures" : en effet ce terme désigne au départ les lettres majuscules ornées (les lettrines) qui étaient dessinées en rouge dans les manuscrits. Un rapprochement s’est ensuite effectué sans vrai fondement avec le mot « minimum » : minuscule ; et ainsi le mot « miniature »  a désigné les images peintes de petite taille, pour les différencier des tableaux et des fresques (peintures murales). Le mot "miniature" a désigné ensuite  aussi les petites scènes peintes sur d'autres objets que les manuscrits.

D'autres encres , d'autres couleurs :

- Le Sépia ( du latin : " seiche") : est un  brun très foncé ... qui est donc l'encre de la dite seiche .

 

- Le Noir : est obtenu par dissolution du noir de fumée dans de l'eau ou de la noix de galle du chêne (Cynips kollari) mêlée à du vitriol et à de la gomme arabique.

 

- le Bleu : vient de l'oxyde Cobalt, de la poudre de lapis-lazzuli ( extrêmement chère) ou de l'azurite (minéral - carbonate de cuivre )

 

- Le Rouge vif et orangé : ou sulfure de mercure, est appelé "cinabre" lorsqu'il est d' origine minérale, et "vermillon" lorsqu'il est artificiel.

 

- Le Rouge orangé mat : "orpiment" ou " réalgar"  sont des sulfures d'arsenic (As2 S2).

 

- Le Vert : est à base d'Argile ou de composés de cuivre; il vient aussi de la Malachite.

 

- Le Jaune est  à base d'or pur.

 

- Le blanc : de la céruse de Plomb.


 Les couleurs sont d'origine végétale,animale et minérale : fleur de safran,racine de garance, de cucurma, cocons de cochenilles, coquillages, foies ou urines d'animaux,pierres précieuses, or .....

Préparées par quelques secret d'alchimie , séchées, réduites en poudres, en pigments, ces couleurs sont ensuite agglutinées par des liants et des colles, ce qui permet à la couleur d'adhérer sur le parchemin : colles de poissons, blanc d'oeuf (auquel on ajoute de la poudre de clou de girofle pour assurer la conservation), gommes (surtout la gomme arabique) , résines...

 

Ces couleurs se mélangent très mal, ne se mélangent pas du tout, ou font des "précipités" malheureux (n'oublions pas que nous sommes dans le domaine de la chimie!).

L'artiste travaille donc « ton sur ton » après séchage, et joue avec les liants pour obtenir les nuances à partir d'un même pigment. 


L'important, c'est donc le liant.

Toute enluminure est faite à base de détrempe à l'oeuf ou tempéra qui lui donne un aspect doux et satiné. De plus, c'est une technique qui offre une grande résistance.


 La recette : Après avoir séparé le jaune d'oeuf du blanc, prenez -le délicatement entre le pouce et l'index. Puis, à l'aide d'une petite aiguille ( ou d'un exacto),  percez l'enveloppe du jaune d'oeuf pour ne garder que le liquide.

Une précision ! un traité de peinture florentin de l'an 1400, conseillait fortement les poules de ville, puisque les jaunes étaient plus clairs et n'altéraient pas la couleur. Qu'en est-il des oeufs "bio "?.... puisque l'on m'a posé la question ?...

Vous ajoutez ensuite une quantité égale d'eau distillée) à celle du jaune d'oeuf, puis vous le mélangez au pigment ... Quelques gouttes d'essence de girofle.

C'est prêt à l'emploi. Il n'y a pas plus facile !


L'application de la peinture se fait par petits coups de pinceaux parallèles les uns aux autres. Les couches peuvent se superposer, mais doivent être très sèches et minces afin d'éviter le craquelage. Si vous faites une erreur il est possible de gratter avec une petite aiguille.


La couleur peut être rehaussée par l'utilisation de l'or.

On peut se le procurer en poudre ou de préférence en feuilles minces de 23k, présentées sous forme de carnet. La dorure à la feuille est assez simple en soi, mais demande une grande minutie, et doit être exécutée avant l'application des autres couleurs.

On recouvre tout d'abord la surface à dorer avec une colle spéciale.

Puis on applique délicatement la feuille d'or. Le tout est essuyé avec un morceau de soie.

On peut également terminer par un lissage de la feuille d'or avec une agate ou pour faire plus "authentique", une dent de sanglier ou une patte de lièvre !!!

 

 

En passant en revue les différents matériaux qu'utilisaient les artistes du Moyen âge , vous vous êtes rendus compte de la grande toxicité de la plupart des produits ( mercure, plomb, arsenic, vitriol ....)


Nous avons la chance dans notre époque actuelle de pouvoir bénéficier de l'avancée de la science, et de la chimie en particulier qui nous propose à travers les fabricants, des produits de plus en plus nombreux, mais aussi de plus en plus stables et de moins en moins toxiques.

Le plaisir de peindre s'en trouve amélioré... ce qui ne nous empêche pas de "goûter " aux plaisir des recettes anciennes et " artisanales " et notamment de découvrir le plaisir de peindre à tempéra ....

Je vous le conseille si vous ne l'avez jamais essayé !

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 08:24

 Les principaux sont le pinceau et la plume.


- Pinceaux fins, voire très fins pour les plus petits détails ... nous sommes dans des réalisations de l'ordre de la miniature ( n'hésitez pas à vous servir de pinceaux n°0, 00, 000 ...)


-Plumes fines ou carrées ( et le porte plume bien sûr) vous servira à sertir les surfaces peintes, à cerner les dessins et à intégrer des lettres calligraphiées comme nous l'avons déjà essayé ( ici).


De nombreux artistes préfèrent la plume d'oie .

Donc ce n'est pas difficile...

Cherchez et trouvez l'oie!

( à Marseille  vous en avez à Borely )

 

110804 041Euh... non !

110804 093Non plus !!!

110804 050Ah voilà !

 

Reste à l'attraper


110804 095Mais non pas celui-là non plus !!!


Et à lui "emprunter " l'une de ses plumes...

Mais  attention, pas n'importe quelle plume,

Préférez celles qui proviennent des extrémités de l'aile

(désignées sous le nom de "premières")

Vous n'avez plus ensuite qu'à les tailler

En fonction du trait dont vous avez besoin.

Et un conseil !

Si vous avez un chat,

Enfermez vos plumes ensuite dans une boite bien fermée

ou un tiroir,

Car ce dernier est capable des pires ruses

pour arriver à les attraper ...

Et alors c'est le " carnage"

Et je doute que la plume soit toujours en état de fonctionner ...


Histoire vécue ! 

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 18:48

L’histoire de l’enluminure est liée à l’histoire de l’écriture et à celle du livre.

Les premiers manuscrits enluminés sont ceux de l'Egypte des Pharaons et sont réalisés sur papyrus, support très fragile « buvant » facilement l'encre et les couleurs.

Les manuscrits médiévaux en Occident seront réalisés sur parchemin (le papier n’étant pas encore rapporté de Chine !) Support par excellence de l'enluminure, résistant, il supporte bien l'action chimique des encres et des couleurs.

Le parchemin est préparé à partir de peaux d'animaux « maigres », comme le mouton et la chèvre. 

Les différentes étapes de la fabrication en seront confiées à des corps de métiers spécifiques : mégisserie, chamoiserie et parcheminerie.  

Il est en général de teinte crème ou blanche. 

Le plus beau parchemin, très fin et de qualité supérieure, le vélin est réalisé avec les peaux d’animaux mort-nés (veau, agneau, chevreau). Les manuscrits sur vélin étaient les plus rares et les plus chers.   

Le parchemin grâce à sa texture et à sa translucidité donne aux pigments une plus belle luminosité et une meilleure intensité que sur le papier. Et de plus, il résiste d'avantage au temps.

De nos jours encore, le vélin de veau est le seul support utilisé par les Juifs pour copier la Torah.

Mais le mot désigne aussi un papier à lettre de haute qualité (par exemple le vélin d'Angoulême)

 

Il est toujours possible de se procurer du vrai parchemin ...  mais méfiez-vous ...  ce que l'on vous présente sous le nom de" parchemin" est souvent son imitation papier... au demeurant souvent du plus bel effet!

 


 

Ma technique " parchemin" : facile à faire ! ...

celle que j'utilisais pour réaliser des cartes au trésor dans mon enfance :

une feuille de dessin,

une éponge,

un reste de café

(le thé peut aussi faire l'affaire mais est souvent moins teinté)

et vous tamponnez délicatement toute la surface du papier ...

après séchage...

Vous obtiendrez un magnifique support ...

avec une bonne odeur en plus !


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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 08:06

sera donc le thème principal de notre prochaine expo.

(Ceux qui viennent dans les autres ateliers peuvent proposer des travaux qui ont été peints durant la même période)


Le vernissage aura lieu lundi 29 novembre

à 18h30 à la Maison de quartier du Redon.


Pour le moment, pensez à terminer vos oeuvres bien sûr !

Encadrez- les de façon simple ( des baguettes sobres : blanches, noires ou couleur bois naturel) et surtout vérifiez l'accrochage... il faut que ça tienne !


Pour les aquarelles, n'oubliez pas de coller même très légèrement vos papiers car avec la gravité nous en avons régulièrement qui glissent dans le cadre...

 

Faites moi parvenir le plus rapidement possible, le titre, la taille et la technique de ce que vous voulez exposer.

Vous pouvez éventuellement proposer 2 oeuvres (nous les mettrons si nous avons la place, mais précisez  toujours celui que vous préférez)

 

L'accrochage se fera samedi 27 à partir de 12h15... pour tous ceux qui veulent !

 

Le carton d'invitation devrait "suivre" ce week  - end !!!

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 08:09

Aujourd'hui reprendre la plume ... carrée

et retrouver des sensations "oubliées" (?)

La tremper dans l'encrier

Et faire de jolis "pleins et déliés".

Attention à bien s'appliquer

et tracer droit  à intervalles réguliers.

Le buvard ne pas oublier

C'est une question de propreté!


alphabetcarolingien'

 

Pour le plaisir, nous allons en effet, ce matin,  reprendre la plume et l'encre et découvrir ou redécouvrir le plaisir de cette écriture, en nous  entraînant sur des " minuscules carolingiennes".

Une façon particulière de tenir la plume ... et pour nous ,dessinateurs, un exercice de dextérité qui nous est toujours bien utile !!!!

 

Quand vous serez assez à l'aise, passez à l'alphabet gothique : les majuscules ...

 

alphabet

Et attention, pas de taches sur les doigts !!!

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 06:39

fait clairement apparaître que vous ne voulez pas arrrêter...

pas une seule voix pour...

c'est une bonne chose !

 

voir ici


58  % veulent continuer

40 % veulent garder la date du 29 novembre,

mais 36 % veulent changer de rythme.

18 % auraient préférer annuler et

8 % voudrait procéder autrement.


Il va falloir en "débattre" ...

ce sera donc surement  pour les dates ultérieures.

 

Dans tous les cas, il va falloir se dépêcher de terminer les oeuvres pour notre prochain vernissage :

" Bambous, fleurs et fruits"

...

Et pour la personne qui veut prendre des cours de chant ou de danse... je vais voir ce que je peux faire !

 

(nous avons eu 50 votants; est-ce assez représentatif ? ... tout le monde a voté ?)

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 14:09

Avec les lettres, lettres brodées , frises et autres enluminures, je vous propose de travailler un sujet sur la vie quotidienne au Moyen-âge ( travail des femmes ou rythme des saisons).

 

Allez chercher vos modèles dans les livres d'heures et autres agendas perpétuels.

 

Pour vous y aider, j'ai rajouté un album photo (colonne de droite du blog) avec les enluminures que j'avais commencé à vous mettre en ligne dans les articles précédents : j'en ai rajouté , comme la boulangère, l'infirmière ou l'enseignante ... mais aussi celle qui travaille dans une carrière ou celle qui monte un mur d'enceinte ...

J' ai aussi rajouté des dessins de la vie quotidienne qu'Huguette m'a fait passer...

De votre côté, n'hésitez pas à m'envoyer des documents par mail, ainsi je peux les rajouter pour que chacun puisse avoir accès à cette documentation.

J'enrichirai donc l'album au cours des jours qui viennent.

  (un lien qui nous est proposé par Sittelle : à découvrir : ici)

 

Je vous propose de réaliser ces sujets sur le support de votre choix : papier, parchemin (?) ou bois ( contre plaqué).... à la technique que vous souhaitez : aquarelle, gouache, encre, acrylique, tempéra.

... et à la taille de votre choix.

 

Gardez en tête tout de même que  vous allez prendre pour modèles des enluminures ou des réalisations qui sont des "miniatures".

Il n'y a en effet qu'à comparer la hauteur des lettres d'un texte avec le dessin qui y est annexé et vous verrez que les artistes travaillaient sur des "vignettes"de quelques centimètres.

... et pourtant quelle précision du trait et quel enrichissement du détail!

A méditer ? ...

 

 

artistefaisantsonautoportrai

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

la citédesdames.jpegUne page de " la cité des dames"

écrit par Christine de Pisan  

 

Avant d'imprimer une image... n'oubliez pas de cliquer dessus pour l'agrandir puis de l'enregistrer dans un dossier.

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Published by L'Ocre Bleu - dans Peinture : Thèmes
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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 07:22

" A propos des femmes douées pour la peinture, je connais une femme du nom d'Anastaise dont le talent pour les encadrements et bordures d'enluminures et les paysages des miniatures est si grand que l'on ne saurait citer dans la ville de Paris où vivent pourtant les meilleurs artistes du monde, un seul qui la surpasse. Personne ne fait mieux qu'elle les motifs floraux et décoratifs des livres et l'on estime tant son travail qu'on lui confie la finition des ouvrages les plus riches et les plus fastueux.

Je le sais, par expérience, car elle a peint pour moi certaines bordures qui sont, de l'avis unanime, d'une beauté sans commune mesure avec celles exécutées par les autres grands maîtres !'

 

Christine de Pisan (Bio p. 84) "La Cité des Dames" 

 

artistefaisantsonautoportrai

Artiste faisant son autoportrait

Boccace - Le livre des cleres et nobles femmes - XV°


 

A partir du X° et jusqu’au XV° s., d’autres femmes, prennent le stylet, le pinceau, la couleur et pratiquent l'enluminure.

Nous trouvons la  première enluminure qui porte un nom de femme, dans un manuscrit espagnol de l'Apocalypse, en 970 :

"Ende pintrix et Dei Aiutrix et Frater Emeterius Prêtre".

 

autoportrait

Autoportrait sur bois

Boccace - Le livre des cleres et nobles femmes - XV°

 

Au cours du Moyen-âge ancien, l’enluminure des manuscrits est une activité à laquelle se consacrent aussi bien les moines que les nonnes. Bien que quelques noms d'artistes percent au cours de cette époque, la très vaste majorité de ceux-ci ou celles-ci reste inconnue. Dans toute l’Europe on dénombre une dizaine d’artistes femmes qui  enluminent des manuscrits ou illustrent des codex. et dont le nom est connu ( leur œuvre a souvent disparu).

Nous pouvons citer toutefois, Ende, Guda (nonnes du Xe siècle et XII° s.)  ou encore Claricia, laïque employée dans un scriptorium de Bavière.

Ces femmes bénéficièrent de l'environnement favorable des couvents, lieux d'apprentissage et de culture, et sans doute choix le plus judicieux pour une femme "intellectuelle"de l'époque.

Les couvents offrent une alternative acceptable au mariage. Une dot étant là aussi exigée, les nonnes sont en général issues des classes supérieures ou de la bourgeoisie. Le couvent est également le meilleur moyen de rece­voir une bonne éducation permettant aux femmes de se rendre utiles en dirigeant des écoles et des hôpitaux, en gérant les terres du couvent ou en s'occupant des nécessiteux.

 

artistepréparantunefresque1Artiste préparant une fresque 

Boccace - Le livre des cleres et nobles femmes - XV°


L'enluminure, devenue au XIII°s. une activité laïque, reste une activité où les femmes peuvent œuvrer, le plus souvent aux côtés de leurs pères ou maris ( telles les filles de Maître Honoré et de Jean le Noir, célèbres enlumineurs de l'époque)

 

femmesculpteur

Femme sculpteur

Boccace - Le livre des cleres et nobles femmes - XV°

 

Mais les femmes sont aussi artistes dans bien d'autres domaines: elles sont aussi musiciennes, troubadours professionnelles, et écrivent ou éditent des livres.

 

femmetroubadour

  Femme troubadour

Livre d'heures- Fance - 1500-1525

 

 

joueusedeharpe

Les artistes du Moyen Âge, furent oubliés par leurs consoeurs de la Renaissance, au profit de celles de l'Antiquité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



La joueuse de Harpe

Boccace - Le livre des cleres er nobles femmes - XV°

 

 

femmeécrivain

Femme écrivain

Bocece- Le livre des femmes nobles er renommées - XV°. 

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 07:26

Donc, en ce temps où les enfants naissent dans une "chambre des dames", les femmes possèdent le pouvoir matériel, la force de la spiritualité, et la force créatrice, artistique.  


naissance

 

La naissance

Jacques de Guise

"Histoires des nobles princes de Hainaut" - XV° s.


Avant la Renaissance, les femmes peintres ne sont pas moins rares que les hommes.

Les artistes (orfèvres, ébénistes...) réunis dans des « Guildes » sont plutôt dénommés   "artisans".

Les femmes qui n’accèdent pas à l’apprentissage comme les hommes, sont formées comme dans les autres métiers au sein de leur famille.


femmefilantScène de famille : femme filant à la quenouille

Bourdichon - " Les quatre états de la société"."Le travail"

XV°s.


Le statut de la "femme artiste" est reconnu tout d’abord dans le domaine de la tapisserie.

Toutes les femmes d'alors cardent la laine, la teignent, la filent, pour faire les vêtements à la maison.


cardagefilage

 

Cardage, Filage et tissage

Boccace - " Le livre des femmes nobles et renommées - XV°s.

récoltecoconsetfilage

Récolte des cocons et tissage de la soie

Boccace - "De claris mulieribus" - XV°s.

 

 

Mais pour atteindre la création artistique, il faut pouvoir détourner ces activités de leur finalité et leur confier une dimension décorative ;de même pour la couture, la rubanerie ou la broderie.

De nombreuses annotations présentes sur des manuscrits médiévaux dépeignent des femmes se servant de fuseaux. 


filageàlaquenouille

Filage à la quenouille

Boccace - "Le livre des cleres et nobles femmes" - XV°s.

 

Par le biais de la tapisserie, ces femmes peuvent illustrer des faits historiques (comme la bataille de Malden).

De fait, en Angleterre, jusqu'au XIII° s. la production des Opus Anglicanum  ou des somptueuses broderies destinées au clergé est réservée aux femmes.

L'une des plus célèbres broderies du moyen âge est sans aucun doute la Tapisserie de Bayeux, longue de 70 mètres, que la légende attribue à la Reine Mathilde ( bien que plusieurs historiens pensent plus probablement à une réalisation faite dans un atelier ou un couvent)

C'est donc bien une activité artistique (il parait que certains moines brodaient aussi)


lefilageLe filage 

Antoine Dufour - "La vie des femmes célèbres" - 1505

 

 

Pour être « artiste », il faut être bien née.

Les jeunes filles nobles apprennent la broderie et souvent entrent au service d'une princesse ; elles travaillent alors la soie.

Les paysannes célibataires n'ont pas cette possibilité et passent leur vie à faire des travaux manuels.


Si elles deviennent religieuses, elles passent une partie de leur temps à broder des ornements. Chasubles, ornements d'autel, étendards, tapisserie, étoffes ne sont pas encore des tableaux peints mais…

Il faut voir dans" cette aiguille", l'ancêtre du pinceau, et dans leurs fils, les couleurs.


letissagedelatapisserieLe tissage de la Tapisserie 

Christine de Pisan- " Cité des dames" -1475

 

 

La plupart de ces femmes resteront anonymes.  

Mais le travail devient de plus en plus individuel et elles commencent à signer leurs oeuvres.  

Certaines familles connaissent la célébrité, et la prospérité, en transmettant "le métier" de mère à fille.

Certaines brodeuses seront aussi célèbres que leurs" sœurs peintres "de la Renaissance.

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 11:33

« Hélas Dieu, pourquoi ne me fais-tu pas naître au monde en masculin sexe ! »

Christine de Pisan vers 1400.


Première femme à vivre de ses écrits, Christine de Pisan fut pourtant parmi celles qui permirent l’évolution du statut des femmes en cette longue période dite du « Moyen Age ».


Dans l'antiquité grecque et romaine, les femmes n'étaient jamais représentées par et pour elles-mêmes.

Leur image les renvoyait uniquement à leur rôle de « reproductrice » ou encore « d'objet de désir ».

De même, dans les premiers temps de la chrétienté, selon les enseignements de l'Église, les femmes étaient soit adorées comme la Sainte Vierge, soit soumises et méprisées comme Ève la pécheresse.


On attribue l’évolution du statut de la femme dans les premiers temps de la civilisation chrétienne, à la reconnaissance du statut de « personne » aux femmes dans le texte biblique.

Le premier texte de la Genèse dit en effet : "Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu, il le créa, homme et femme, il les créa " (Genèse, 1, 27). 

 

Deux textes illustrent notamment ces bouleversements : 

"De Milieribus claris" de Boccace et " La Cité des Dames" de Christine de Pisan. 

Considérée comme la première femme écrivain française, née en 1363, mariée à l'âge de quinze ans et veuve à vingt-cinq, elle se mit à écrire des poèmes, des allégories et des épopées pour subvenir aux besoins de ses enfants et de sa mère. La majeure partie de son œuvre est écrite à la gloire des femmes de toutes classes, qu'elle a voulu réhabiliter après l'image négative qu'en avait donnée le poème allégorique le plus populaire du Moyen Age, « Le Roman de la Rose ».

 

Les femmes du Moyen Âge étaient en fait bien différentes de l'image qu'en donnaient l'Église ou la littérature romantique, très populaire auprès de la noblesse de l'époque.

A l'âge de la chevalerie, l'adoration de sa dame était l'équivalent, en ce monde, du culte de la Vierge, mais les préceptes romantiques de "l'amour courtois" ne s'appliquaient qu'à une toute petite partie des classes supérieu­res. (Et encore, cette adoration n'était-elle que relative, puisque le droit canon autorisait à battre sa femme)


Pour dépasser les images imposées par l'Église et les romans populaires, et pour découvrir le monde réel des femmes médiévales, nous disposons de lettres, de testaments, de baux commerciaux et documents légaux, de registres de couvents et de domaines seigneuriaux, et aussi d’enluminures et de gravures  sur bois des premiers livres imprimés, qui complètent le « tableau » que nous avons de cette époque.  

 

En fait, au Moyen âge,et surtout au cours du haut Moyen-Âge,  les femmes jouissent d’un statut social important

Pour comprendre ce qu'était vraiment la vie de la femme en ce temps-là, il nous faut tout d'abord savoir quelle était sa place dans la société.


Était-elle noble, paysanne ou bourgeoise?


Dans chaque classe sociale, les femmes étaient soumises à un schéma bien précis. Mais, dans le même temps, elles se chargeaient souvent  des mêmes tâches que les hommes de leur classe.


Les châtelaines étaient très bien formées et exerçaient des responsabilités dans la bonne marche du domaine.

Comme leur mari s'absentait souvent pour combattre dans les guerres et les croisa­des, la responsabilité de la vie quotidienne de leur fief reposait sur leurs épaules.

 


femmedéfendantunchateauFemmes défendant un château avec arcs et arbalètes -

Walter de Milemete - 1326-27


Les paysannes devaient assumer toutes les tâches agricoles traditionnelles : la traite des vaches, le brassage de la bière, le filage et le tissage, et même le labourage lorsque cela s'avérait nécessaire.


Les années 1300 à 1550 constituent une période de transition entre la fin du système féodal et les débuts de l'Europe moderne.

 


cardagefilagetissage
Cardage, Filage et tissage de la laine -

Boccace XV° s.

 

 

La principale nouveauté de l'époque est l'avènement d'une bourgeoisie com­merçante.

Avec la croissance des villes, le pouvoir passe peu à peu des mains des nobles propriétaires terriens et de l'Église à une bourgeoisie en développement. Avec la laïcisation croissante de la société européenne, les langues vernaculaires prennent une place plus importante dans la littérature, qui profite éga­lement de l'invention de l'imprimerie.

Certains laïcs favorisent ce développement en faisant l'acquisition de bibliothèques, en fai­sant imprimer des livres et en payant des traductions du latin. C'est probablement cette laïcisation qui a permis aux illustrations, qu'il s'agisse d'enluminures ou de gravure sur bois, de dépeindre la vie réelle.


Dans la bourgeoisie en plein développement, les femmes avaient souvent des activités commer­çantes considérées jusque-là comme le domaine réservé des hommes : elles travaillaient comme apothicaires, coiffeuses, artistes, ouvrières de la soie, armurières, tailleurs et autres spécialités requérant un apprentissage.

La plupart des corporations excluaient les femmes, à l'exception des épouses et des filles des membres de la corporation ayant suivi un apprentissage.



femme tailleurFemme tailleur coupant un patron -

Boccace - XV° s.


Certaines femmes étaient établies comme des "femmes soles", terme légal qui signifiait« commerçantes indépendantes ». Il ne s'agissait pas seulement de veuves et de célibataires, mais aussi de femmes mariées qui, dans certains cas, portaient toute la responsabilité financière de leur affaire.



unecésarienne

Certains talents étaient communs aux femmes de toutes les classes. De nombreuses enluminures en dépeignent qui filent, cardent la laine et tissent, car les femmes faisaient tourner à elles seules l'industrie textile de l'époque.  

Elles étaient également sages-femmes et devaient pou­voir faire face à toutes les urgences médicales et chirurgicales survenant dans leur foyer. Toutefois, si une femme désirait exercer la médecine ou pratiquer certains soins à l'extérieur de chez elle, elle encourait le risque d'une sanction sociale et légale et, pis encore, pouvait être traitée de sorcière.

Certaines femmes, pourtant - notamment des épouses et des filles de médecins -, recevaient une formation médicale précise.

 


autoportrait

Les femmes étaient de véritables artistes qui peignaient des fresques, des images ou des portraits religieux et gravaient des bas-reliefs ou du bois.

 

(Les illustrations proviennent de "The Medieval woman- Illuminated book of days - Ed.Sally Fox)

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