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Présentation

Un blog pour les passionnés de dessin, de peinture, et d' arts plastiques.
Pour ceux qui veulent apprendre : de la découverte, en passant par l'apprentissage puis la  pratique ...
Pour ceux qui veulent créer.
Plus des infos sur les expos, l'histoire de l'art ....

Conseil du jour

 

Vous pourrez retrouver désormais le blog de L'Ocre Bleu à cette nouvelle adresse :

http://l-ocre-bleu.fr/

 

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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 07:26
Le but de notre fin de stage fut donc de rendre le volume et l'allure des rochers de bord de mer.
En distinguant les trois valeurs tonales : foncée, moyenne et claire , il est assez  aisé de donner l'illusion et la présence des rochers.
C'est assez simple ! ... peindre un rocher, c'est peindre un drapé!

Mais comme nous sommes encore dans notre période chinoise, je vous transmets cet extrait de texte sur la méthode de peindre les rochers dans la peinture chinoise...
"Rochers" que l'on nomme plutôt "Pierres" et qui sont les "racines de nuages".
En effet, la montagne et la pierre ne  sont pas choses inertes pour les Chinois; ils les ont revêtues d'idées mystiques et les considèrent comme vivant d'une vie cachée...Et pour les Chinois, l'eau est à la montagne ce que le sang est à l'homme.


"...Les Pierres:
Quand on regarde les hommes, il faut distinguer la structure et l'esprit.
La pierre constitue la structure de la Terre et du Ciel; l'esprit aussi y demeure.
C'est pourquoi on appelle la pierre, la racine du nuage.
La pierre sans esprit, c'est la pierre inerte...
Mais pour peindre une pierre qui ait de l'esprit, il faut chercher cet esprit dans ce qui est immatériel.
C'est le plus haut degré de la difficulté....


des Enseignements de la Peinture du Jardin grand comme un Grain de Moutarde...R. Petrucci - Edition You Feng -
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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 06:48
... temporairement cette période chinoise, une petite phrase de Shih T'ao à méditer :

"Je parle avec ma main,
tu écoutes avec tes yeux :
il n'est donné au vulgaire de connaître
cet échange subtil.
Tu le penses de même n'est-ce pas ?"



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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 07:18


Vous m'avez posé des questions sur l'importance et la place des nuages et de la brume...
J'espère avec ce texte répondre à vos questions.


"Les nuages naissent des entrailles de la montagne.
C'est d'ailleurs pourquoi on appelle les rochers, racines des nuages.En effet, autour des rochers se mêlent eau et souffle qui donnent naissance aux nuages.


L'état premier des nuages est le lan ( vapeur qui monte); si le lan ne se dissipe pas, il forme le yan (brume).Le yan, en s'accumulant devient yun (nuage). Les nuages flottent dans les hauteurs sans lieu fixe.
Par leurs aspects changeants, ils manifestent l'atmosphère particulière de chaque saison.Les nuages de printemps sont dispos, nonchalants et bien à l'aise. Les nuages de l'automne sont purs et clairs, poussés par le vent. Les nuages d'hiver sont désolés et sombres, lourds de mystère.
En peinture, il y a lieu de faire la distinction entre nuages et brumes. Pour les  nuages,on peut distinguer nuages stationnaires, nuages crépusculaires, etc.Pour les brumes, il y a différence entre brumes légères, brumes du matin, brumes du soir,etc....


Wang Wei disait qu'il ne faut pas dessiner des nuages de façon figée comme s'il s'agissait d'amadouviers.Or, c'est bien le défaut de chez de nombreux peintres d'aujourd'hui.
Ceux ci commettent aussi l'erreur de camoufler les structures défaillantes de leur paysage par des nuages semés à tout bout de champ.
La fonction des nuages ne saurait se réduire à cet usage indigne. Les vrais nuages sont là pour rendre le paysage plus profond, plus lointain; c'est eux qui entraînent montagne et eau dans leur devenir, confèrent au paysage son aura.

Pour réussir les nuages, le secret réside dans le pinceau-encre.
Il faut manier le pinceau de façon extrêmement légère et rapide.Il faut que les effets de l'encre soient variés, tantôt secs, tantôt mouillés. L'encre est "mouillante" pour suggérer le "pied" des nuages, lequel s'efface peu à peu sans laisser de traces.L'encre est frottante pour montrer la "tête" des nuages qui semble à la fois avaler et cracher.
Que les traits tracés soient capables d'épouser toutes les formes de nuages, de ceux qui s'arrêtent au-dessus d'une vallée comme pour l'aspirer, de ceux qui voguent vers le pic lointain comme pour l'embrasser."

T'ang Tai ( dynastie Ts'ing)
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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 07:47
Au fil des semaines, dans les cours de peinture et de dessin, nous avons vu que  la peinture est considérée comme un art dans la Chine ancienne lorsqu'elle "emprunte" à l'art de la Calligraphie.



Alors si la peinture doit être semblable la calligraphie, à quoi bon peindre ?
En fait, la spécificité de la peinture est bien opposée aux limites des deux grands arts chinois que sont :
 La Littérature ou la Poésie (wen) et
la Calligraphie.

En d’autres termes, la littérature ne peut être que linéaire, narrative, soumise au déroulement perpétuel, alors que la peinture par sa composition, permet d’unir temps et espace ; la calligraphie ou art de l’écriture n’est évidemment pas un art de représentation réaliste.

La peinture réunit toutes les qualités des autres arts et les transcende.

L’expression  ser­vant à définir la peinture, xingrong

signifie littéralement donner la forme de l’apparence.


Nous sommes bien dans le thème de cette année, où notre fil conducteur est "le mélange des arts" ...

N'oubliez pas, avec les poèmes que je vous ai distribués ... ou d'autres..."la  problématique" posée au début de cette période :

Comment se servir de cette "écriture" particulière qu'est la peinture chinoise à des fins plus contemporaines?



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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 06:57
... ou papier de riz, est un papier qui ne "paye pas de mine".
Très fin, il semble ne pas faire le poids par rapport à nos papiers aquarelle.
C'est d'ailleurs le cas: il "pèse" dans les 30 à 50 g/m2 ce qui est peu par rapport aux 300 g/m2 des papiers aquarelle moyens.

Il a pourtant de nombreuses potentialités que nous avons découvertes au cours des dernières semaines.

- son pouvoir d'absorption nous permet de réaliser de superbes dégradés de couleurs ( en en mettant plusieurs sur le pinceau... jusqu'à 4 couleurs pour des grands dégradés)
- le papier est assez transparent: jouez avec l'endroit et l'envers de la partie peinte: par exemple, posez des lavis sur l'envers pour donner une atmosphère générale; peignez derrière les parties blanches pour les faire ressortir...
- le blanc  ( en aquarelle ou en gouache) joue une fois posé et sec le rôle de réserve: de l'oiseau dans le ciel aux montagnes enneigées tout est possible entre parties peintes, projetées, lavis ...et faîtes tomber la neige, c'est très ludique ... et très beau ( le geste et le résultat)
- un papier léger et fin se froisse facilement... et bien , n'hésitez pas : pour donner des effets de matière , nous ne pouvons travailler l'épaisseur bien sûr, alors froissez, pliez,plissez ce papier ... et ainsi par des coups de pinceau "essentiels" vous obtiendrez  tous les effets recherchés.

Le principe de ce papier est que lorsque les poils de votre pinceau le touche, ils laissent la trace de leur passage... n'essayez donc pas de dégrader, d'estomper... cette trace de "vie" restera, c'est le propre de sa qualité. Au contraire essayez de donner de beaux gestes qui ainsi laisseront de belles traces.
Le marouflage dont nous avons déjà parlé, révèlera tout votre travail et fera ressortir toutes les qualités de ce papier.

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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 06:44

Le tableau achevé, il est indispensable de procéder au marouflage (encollage) du papier de riz.
On utilise pour cela du papier de même qualité que celui du tableau, afin que les deux feuilles réagissent de manière similaire aux variations atmosphériques.
Le support en papier porte le nom de "papier  de vie" parce qu'il fait apparaître le moindre dégradé de ton  ou de nuance... mais aussi, hélas, le moindre défaut !

En Chine, 30% de la réussite du tableau est dans la peinture, 70% dans le marouflage et les finitions.

Pour le marouflage et le montage, travaillez sur une table propre à surface lisse.

1 - Prenez une colle pour papiers peints ou une colle à la farine (plus difficile à manipuler !)

2 - Découpez le papier du fond (support) à la taille voulue. Enroulez–le autour d’une forme cylindrique

3 -Tournez le tableau sur l'envers  sur un tissu propre et lisse et encollez le dos en déplaçant la brosse à maroufler du centre vers les bords.

Attention à ne pas encoller le papier du rizdu côté peint!

Veillez à ce que la couche de colle ne soit pas trop épaisse et chassez bien toutes les bulles d'air du dessous dela feuille, vérifiez que le tableau est parfaitement plat et ôtez les éventuels résidus.

4- Déroulez le papier du support sur le tableau en lissant les deux épaisseurs au fur et à mesure à la brosse à maroufler en repassant une couche de colle sur l'ensemble.

5- Recouvrez le tout d'un autre tissu propre et, avec une autre brosse à maroufler sèche, lissez pour retirer l'excédent d'eau. Cette opération facilite l'adhérence du support. Ne laissez aucune ride ou bulle d'air.

6- Posez le tableau entre deux tissus propres et posez un poids dessus.

Laissez sécher quatre à cinq jours en vérifiant de temps en temps que le papier n'adhère pas aux tissus.

Avant marouflage, il est possible de plier le papier xuan sans causer le moindre dégât.

Après marouflage, il est préférable de le conserver

roulé dans un tube, en carton si possible, ou à plat entre deux planches, ou encadré!

Toute marque faite à ce stade sera indélébile.

 

 

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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 08:07
        5° règle : "Le culte de la tradition" :

Le culte du passé dominait l’art tout entier, et c’était une tâche considérée comme importante et honorable que de copier les oeuvres des grands maîtres.

 

 « la copie pour transmettre le passé »

« Copier » n’était pas seulement manifester son respect pour les anciens artistes mais c’était aussi contribuer à la diffusion d’œuvres de valeur et pratiquer un exercice excellent pour former l’œil et la main.Puisqu’il était admis que les vieux maîtres avaient trouvé la représentation idéale de tous les sujets possibles, le copiste se sentait libre de se concentrer sur la difficulté de donner « vie a son œuvre ». Mais l’artiste chinois  ne se limitait d’ailleurs pas à exécuter de serviles copies. Les « copistes » se livraient donc souvent à de libres variations sur des thèmes traditionnels.

 6° canon : "Le frémissement de la vie":

Aux yeux des Chinois, ce qui permet de reconnaître le grand art, c’est ce don mystérieux de vitalité :


 « Souffle-Résonance, Vie-Mouvement »

  Tandis que la technique peut s’acquérir par la mise en pratique des cinq principes précédents, le talent d’insuffler la vie à une oeuvre ne s’apprend pas. C’est un don du ciel, qui met son possesseur en harmonie avec le monde, lui permettant de percevoir et de recréer l’esprit inhérent à son sujet.

 

Un contemporain de Hsieh Ho décrit ainsi des peintures qui ont réussi à fixer la vie à leur surface : « je compare et distingue mers et montagnes. Le vent s’élève de la verte forêt et les eaux écumantes bondissent dans le torrent. Hélas ! Ce n’est pas avec le mouvement physique de la main qu’on peut réussir un tel tableau, mais seulement avec l’esprit qui l’inspire et la dirige.Telle est la nature de la peinture ».

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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 06:06
Continuons à découvrir ou re-découvrir les règles édictées par Sie Ho

Troisième canon : "Le nuancement des couleurs" :

Pendant la période T’ang, la couleur joua un rôle de premier plan dans la peinture chinoise et attei­gnit, dans l’art bouddhique de cette époque, un éclat et un chatoiement qui ne seront jamais plus égalés.


« Selon—Objet, Appliquer—Couleur »,

Le peintre doit « imiter » les couleurs de la nature.Après le X° siècle, sous l’influence de la peinture de paysage, les artistes se détournent des couleurs vives qui ne s’accordent pas à celles de la nature et qui distraient de la virtuosité de la touche.Ils emploient de préférence de délicats lavis à l’encre de Chine, qui laissent à la ligne toute sa valeur. Par la suite, de nombreux artistes finirent même par abandonner totalement la couleur, estimant plus expressifs les simples contrastes de noir et de blanc.


Quatrième : "Un espace bien composé":

Au cours des âges, les artistes chinois ont travaillé assidûment l’art de la composition:


« Organisation—Plan. Disposition—Arrangement »

  En plus des règles pour atteindre l’équilibre des divers éléments d’une peinture,l’effet de profondeur, la troisième dimension de l’espace était une préoccupation particulière.

La perspective, appliquée en Occident à un tableau regardé d’un seul coup d’œil, ne convenait pas au rouleau chinois, tenu d’une main, déroulé peu à peu de l’autre et contemplé par fragments. Divers artifices pour suggérer les distances furent utilisés pour qu’à mesure que l’on déroulait le rouleau, les divers procédés de composition entrent en jeu. Les spectateurs n’étaient pas limités à un point de vue fixe, mais étaient sollicités par d’incessants changements de profondeur, de hauteur et de sujet, à mesure que leurs yeux découvraient l’étendue du paysage.

La pein­ture devenait pour ainsi dite une « sorte de film » et, à la notion d’espace, s’ajoutait celle de l'écoulement du temps.

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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 06:36

Ces quatre dernières semaines nous avons abordé en cours de dessin, la calligraphie chinoise; d'abord les traits ( les huit fondamentaux), puis la combinaison de ceux ci en idéogrammes; et enfin la réalisation d'une phrase entière.

Nous n'avons pas pour but de devenir des lettrés chinois; simplement cette initiation nous a permis de connaître et d'entrer dans une autre forme d'expression, une esthétique différente de celle que nous connaissons et pratiquons habituellement.

Elle nous a permis aussi d'affirmer notre geste et notre concentration.

Pour cette fois, nous en avons donc terminé avec ces "souffles coagulés".

Si vous êtes intéressés, je ne peux que vous encourager à  continuer à pratiquer régulièrement la calligraphie, ne serait-ce qu'à la manière de séances de concentration et de méditation.


Un texte de Zhang Haiguan (8°s)pour vous y aider!

Et ce très beau signe peint, calligraphié par François Cheng


" Le  commencement (des caractères d’écriture) fut subtil, reflétant les images confuses de l'Univers) ; par leur insignifiance, leur évolution était insondable, sans corps (ti)  qui les entoure, ni méthode (fang) qui donne l’écho.

C’est du chaos (chongmo) que se détermina leur forme et que s’ordonnèrent les dix mille différences.

S ‘identifiant aux ténèbres, ils en absorbèrent la quintessence (jing) ; leur nature profonde se meut dans le souffle de l ‘esprit (fengshen) ; leur énergie déferlante dépend de l’élégance (de cœur du scripteur). Enfin, ils se manifestent : de la pointe du pinceau s’écoule un fluide parfumé (fangye). Soudain le pinceau s’envole et galope produisant l’éclat noir des caractères d’écriture tantôt corporellement différents et pourtant reliés par un unique élan (shi) tels les feuillages mêlés de deux arbres enlacés, tantôt séparés en colonnes, et pourtant mus par un même souffle (qi), telle la source commune à deux puits. Ici, les ombres des branches du chanvre se soutiennent mutuellement, là, toutes les eaux se font écho dans le secret ; séparés, mais sans rupture, tel le fil de soie tiré du cocon qui, éminent, s’élève en solitaire ; aussi exaltés que des rochers sur un sommet  à pic, tels le dragon ou le phénix dans les airs, en voltige ou en alerte, scintillants et rayonnants, semblables aux foudres enflammées, diffus et fuyants pareils aux nuages ; on dirait une flamme écarlate laissant échapper sa fumée, soudain dense, soudain dissipée. Furieux, comme un tourbillon de pluie torrentielle,  déchaînés et violents tels le tonnerre et la foudre qui fracassent, sifflent  et  épouvantent !" ( Zhang Huaiguan – 8°s.)

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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 06:03
La pluie joue les artistes et
nous offre des paysages dignes
de certaines peintures
 toutes en nuances dencre....






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