Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

Un blog pour les passionnés de dessin, de peinture, et d' arts plastiques.
Pour ceux qui veulent apprendre : de la découverte, en passant par l'apprentissage puis la  pratique ...
Pour ceux qui veulent créer.
Plus des infos sur les expos, l'histoire de l'art ....

Conseil du jour

 

Vous pourrez retrouver désormais le blog de L'Ocre Bleu à cette nouvelle adresse :

http://l-ocre-bleu.fr/

 

Archives

25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 08:21

Je vous conseille toujours d'avoir avec vous et de revoir régulièrement vos cercles chromatiques.


Et d'y situer les couleurs "jaunes" que vous possédez.

Jaune primaire, citron, cadmium (des clairs aux foncés), jaune indien,gomme gutte, auréoline, jaune de naples.... sont-ils des équivalents de jaune primaire, de jaunes orangés.Où mettre les ocres et les ors ?...

Les terres sont-ils des jaunes?...


La définition d'une couleur primaire est qu'elle est pure et donc ne peut être théoriquement fabriquée.

Si dans un jaune, de façon optique bien sûr, vous décelez une part de rouge ou une part de vert, c'est que déjà vous n'êtes plus dans la primaire.

Exercez votre oeil avec vos propres couleurs.


Sachez reconnaître aussi les couleurs rompues des jaunes que sont les ocres et autres terres...


Enfin, n'oubliez pas que le jaune "considère" le noir comme un bleu car ils donnent de superbes verts en mélange;


Dans la catégorie " couleurs" du blog, vous avez de quoi connaitre au mieux, les jaunes, les rouges et les bleus ainsi que les cercles chromatiques, les palettes de base...

Ne craignez pas d'aller y faire ou refaire un tour ...

 

Repost 0
Published by Ocre Bleu - dans Couleurs
commenter cet article
22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 06:08

Alors après avoir énuméré tous ces jaunes, lesquels gardons- nous sur la palette?


La multiplication des pigments synthétiques permettent de réutiliser certaines nuances mythiques, comme le jaune de Naples ou le jaune Indien, avec leurs alternatives modernes plus avantageuses.


En voici quelques- uns d'incontournables ... d'autres qui ont des qualités particulières.

A vous de sélectionner ceux qui vous correspondent le mieux :


- Jaune vert doré (PY129) :

Il a remplacé le (vert) jaune de nickel azoïque (PG10)

Vert jaunâtre en ton plein ou jaune verdâtre,dilué); il est transparent.Sa nuance particulière possède un bon pouvoir colorant.

Il s’associe bien avec ses voisins (les jaunes et les verts) ou ses complémentaires (les violacés,le magenta).

Il ravive les verts et les jaunes pâles.


- Jaune de Nickel (PY53) :

Jaune citron froid, tirant vers le vert.

Il permet des mélanges doux et légers.Très opaque, il complète bien les jaunes de cadmium, aussi bien pur qu’en base pour des verts opaques.

Impeccable pour placer les lumières dans les paysages.

A découvrir aussi le jaune pridérite (PY157), de la même famille, aussi pâle mais plus vert.

Teinte claire et délicate.

 

- Jaunes de cadmium (PY 37, PY35)

Pigments incontournables offrant une large palette de jaunes (citron, pâle, clair, moyen et foncé) très intenses.

Base de nombreux mélanges opaques, du vert au rouge, aussi bien vifs (orange, vermillon, vert de cadmium) que sourds (vert olive, rouille)

Trouvent un substitut dans les jaunes de Bismuth (PY184)

Bien que sans danger pour l’homme, leur usage est à éviter en extérieur en climat humide.

Nuances pures, intenses et saturées

 

- Jaunes azoïques (PY74):

Gamme complète des jaunes vifs, transparents à semi opaques,du jaune citron au jaune orangé, dont le jaune primaire (PY3 et PY74)

Très populaires, économiques et faciles d’emploi, il faut distinguer les jaunes hansa (PY3, PY74, PY97), les benzimidazolones (PY151, PY154, PY175) et les diazoïques (PY17, PY83, PY128) très performants.

Disponibilité de teintes sans limites.

 

- Jaune de Naples (PY41) :

Pigment véritable, d’une grande variété de nuances, entre le jaune soufre et le jaune rosé.

Délaissé en raison de sa toxicité ( plomb), aujourd’hui très copié mais par mélanges de pigments;  Imitations inégales et multipigmentaires.

Opter pour des pigments proches, jaune de titane chrome ( PBr24 (foncé) ou jaune de nickel titane PY53 ( clair)

Nuance unique et chaude. 

 

- Ocre jaune (PY 43) :

Pigment naturel et emblématique,des ocres verdâtres aux plus orangés,des tons plus ou moins pâles au plus ou moins foncés foncés, avec un  pouvoir couvrant très variable.

Souvent remplacé (ou dopé) par des mélanges à base d’oxydes de fer synthétiques (PY42), plus réguliers, opaques et colorants malgré des teintes moins fines.

Palette considérable de teintes, parfois granuleux.

 

- Jaune indien :

Pigment véritable, tiré de l’urine de vaches nourries de feuilles de manguier. Cette couleur mythique, jaune orangée, vive et dorée, particulièrement appréciée à l’aquarelle, est aujourd’hui introuvable mais divers mélanges pigmentaires l’imitent plus ou moins fidèlement.

Imitations inégales, et souvent multipigmentaires.Comme pour le jaune de Naples,les imitations sont inégales. 

Mieux vaut choisir un pigment de teinte proche, tel le jaune dioxyde de nickel (PY153)

Nuance orangée particulière, transparence.



 

Repost 0
Published by Ocre Bleu - dans Couleurs
commenter cet article
21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 06:03

Au cours du temps, la recherche "du jaune"  s'est faite dans plusieurs directions et pour des besoins différents : colorants, pigments, laques,...


Les premiers jaunes sont les ocres des artistes préhistoriques.
Ont suivi de nombreux autres ...
en voici quelques uns !

Bien sûr, vous apprenez tout ça par coeur... y'aura interro!


L'Auréoline : ou jaune de cobalt, a une grande transparence; il s’utilise en couche mince, peu solide aux acides et aux alcalins. On le trouve dans les aquarelles.

La Camomille des teinturiers "Anthemis tinctoria" : est une plante vivace dont on utilise les fleurs et les feuilles pour obtenir des jaunes citron, jaune d’or, orangés. Très utilisé en Turquie pour la teinture des tapis.

Le Chromate de baryum : est un pigment jaune utilisé pour les couleurs fines.

La Gaude "Reseda luteola ": est une plante herbacée avec des grappes de petites fleurs. Sa matière colorante, la lutéoline donne un jaune très pur allant du jaune paille au jaune citron.

La gaude a bénéficié d’une culture intensive jusqu’à la fin du XIX° siècle avant d’être supplanté par les colorants de synthèse. Utilisé pour la teinture et parfois en laque.

Le Genêt des teinturiers : Ce buisson épineux à fleurs jaunes qui permettent d’obtenir différents jaunes, dorés et intenses, est utilisé pour la teinture des laines.

Les Graines d’Avignon "Stil-de-grain" :Les fruits verts séchés du nerprun des teinturiers ont été très utilisés jusqu’au début du XIX° siècle comme laque jaune à usage textile et alimentaire et également par les peintures en miniature.

C’est le stil-de-grain qui manque de solidité à la lumière.
Autres appellations des graines d’espèces de nerprun : graines de Perse, d’Espagne, d’Italie, du Levant, de Hongrie, de Morée.

La Jarosite : est une terre jaune pâle contenant des sulfates de fer, de potassium et de sodium, utilisée dès l'Antiquité Égyptienne dans la peinture des sarcophages.

Le Jaune de benzidine : est un pigments diazoïque fabriqué à partir de dérivés de benzidine.

Peu employé par les peintres par manque de solidité à la lumière, il l'est pour la coloration du caoutchouc.

Le Jaune de Berri (ou Berry) :est un  Ocre jaune en provenance de cette région.
Synonyme : le jaune de France désignait jadis des ocres provenant de gisements berrichons

Le Jaune de cadmium : a été commercialisé pour la première fois en 1830.

Aujourd’hui les cadmium vont du jaune citron au rouge bordeaux.

Les jaunes et les jaunes orangés sont des sulfures de cadmium. Couleur de très grande vivacité et excellente tenue aux températures élevées est d’une bonne compatibilité avec les autres pigments.

Il est toxique quand il n'est pas artificiel.

Le Jaune de chrome : A la fin du XVIII°, Vauquelin , chimiste, analyse un échantillon d'un minerai rouge orangé découvert en Oural. Il y détecte un nouveau métal qu'il isole et nomme chrome, qui signifie couleur en grec, à cause de sa tendance à donner des sels de toutes les couleurs. L’introduction du chromate de plomb comme pigment se fait au début du XIX° siècle : d'un beau jaune vif (qui manquait à la palette des peintres), d'une bonne opacité et résistant à la lumière. Mais sont toxiques.

Les couleurs vont du jaune vert au jaune orangé.

Le Jaune Hansa : est un pigment de synthèse azoïque de tonalité allant du vert-jaune à l’orangé. Les premiers pigments azoïques ont été découverts en 1858 et étaient destinés à la teinture des textiles.

Ils forment aujourd’hui une classe très importante des pigments pour les peintures et les encres. Totalement insoluble dans l’eau, résistant aux acides et aux bases, avec une bonne solidité à la lumière.

Le Jaune indien :fut utilisé aux Indes dans les miniatures à partir du XV° siècle, aux Pays-Bas dès le XVII° siècle.

Le centre de production était au Bengale où des éleveurs nourrissaient leurs bovins de feuilles de manguier ce qui donnait une coloration jaune à l’urine des animaux. Recueillie, évaporée, filtrée, la matière colorante était expédiée à Calcutta. Le jaune ainsi obtenu était d’un jaune doré, transparent et d’une très belle profondeur. Les vaches étant sacrées, la production de ce jaune est interdite depuis longtemps. On ne dispose plus que d’imitations produites à partir d’aniline.

Le Jaune de Mars : Solution de sulfate ferreux précipitée par une lessive alcaline donnant une belle teinte jaune brunâtre.

C'est une couleur très solide, d’un prix modéré et qui a une action anti-rouille.

Le Jaune minéral : a été préparé par Turner à partir des oxychlorures de plomb.
Synonymes : jaune de Turner, de Cassel, de Kassier, de Vérone, de Montpellier.

Le Jaune moyen : est une laque à base d’alumine teinte par un colorant azoïque de synthèse. Il est assez solide à la lumière.

Le Jaune de Naples :est un mélange d’antimonite et d’antimoniate de plomb. C'est un pigment utilisé dans les céramiques de l’ancienne Egypte et de la Mésopotamie.
Au XVII° siècle, les Italiens préparent à partir d'un minéral antimonié présent sur les pentes du Vésuve, un jaune dit de Naples qui sera produit ensuite artificiellement.

Il peut être remplacé par des mélanges de jaune de cadmium avec du blanc ; il cessera d’être fabriqué dans les années 1970.

Le Jaune d’outremer : ou Chromate de baryum est un Jaune clair d’un bon pouvoir couvrant utilisé pour les papiers peints et la peinture artistique.

Le Jaune de plomb et d'étain :était employé par les artistes peintres du XIV° siècle au XVIII° siècle.

C'est un stannate de plomb qui a la couleur jaune vif de l'orpiment et présente une faible toxicité. Il fut remplacé par le jaune de Naples progressivement.

Le Jaune de zinc : est un Chromate de zinc et de potassium. Il est d’une excellente solidité à la lumière; sa gamme va du jaune citron à l’orangé mais les pouvoirs colorant et couvrant sont inférieurs à ceux du jaune de chrome.

Le Massicot : est un pigment de protoxyde de plomb utilisé jusqu’à la fin du XVIII° siècle.
Synonymes : sandaracque, sansarace.

L'Orpin ou orpiment : est un Sulfure d’arsenic rencontré à l’état naturel ou produit artificiellement. D’une belle teinte jaune d’or et connus depuis le deuxième millénaire avant J.C.

Abandonné depuis l’arrivée des pigments de cadmium au XIX° siècle.
Synonyme : jaune d’arsenic.

Le Quercitron :vient del’écorce d’une chêne d’Amérique du Nord dont la matière colorante le quercitrin a été introduite en Europe au XVIII° pour la teinture des cotons.

Au XIX° on en fait des laques jaunes pour les papiers peints. Couleur jaune vert.

Les Rutiles (jaunes) : sont des pigments minéraux jaunes, jaune vert à orangé et brun.

Au pouvoir colorant faible, au pouvoir opacifiant convenable, sa solidité est supérieure à celle des jaunes de chrome.

Le Safran : est utilisé pour la teinture depuis plus de 3500 ans. La matière colorante est la crocine qui provient de la fleur d’un crocus. Les couleurs obtenues sont jaune soufre et jaune orangé ; elles sont très belles mais peu solides.

La Sarrette des teinturiers : est une plante vivace de l’Europe centrale et méridionale donnant de belles et solides couleurs allant du jaune citron au jaune d’or pour la teinture des textiles.

Le Vanadate de bismuth : est un pigment jaune vert récent (fin 1970) ayant de bonnes qualités de vivacité, d’opacité et de tenue à la lumière.


Qui a dit n'avoir qu'un seul jaune dans sa palette ????

 


Repost 0
Published by Ocre Bleu - dans Couleurs
commenter cet article
19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 06:30
S'intéresser à l'oeuvre de Van Gogh nous "oblige" à nous arrêter un moment sur la couleur  jaune

Le Jaune : du latin « galbinus » : « De la couleur du citron, du soufre…" est placé dans le spectre solaire entre le vert et l’orangé.

C'est la plus lumineuse de toutes les couleurs, il ressemble à un blanc plus dense, plus matériel et rayonnant.


Dans la peinture byzantine, l'or fut employé pour les arrière-plans des coupoles, des icônes afin de symboliser le divin  (la lumière divine).

Les peintres du Moyen-âge ont inventé des recettes à base de pigments pour recomposer un or mussif  aussi puissant que l'or véritable car il manquait dans leur palette un jaune aussi vif que le bleu du lapis-lazuli ou le rouge cinabre.

De nombreux jaunes se sont succédés depuis les ocres de la Préhistoire jusqu'au cadmium du XIX° siècle, en passant par le très dangereux orpiment, avec, comme motivation première pour les peintres, la recherche d'un jaune vif et stable.

Repost 0
Published by Ocre Bleu - dans Couleurs
commenter cet article
22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 07:19
En dessin, nous apprenons à équilibrer un tableau par le jeu des lignes et des formes.
Mais n'oublions pas que le choix de la couleur et sa répartition sur la toile participent à cet équilibre.

Avant de commencer à peindre:
- définissez le genre d'harmonie que vous voulez utiliser : harmonie tonale ou contrastée?
- ceci doit vous permettre de choisir votre palette de base et de testez vos couleurs
- si vous "jouez" dans une harmonie contrastée, jouez les accords : binaires, triangles, croisés (carrés) ou rectangles....N'hésitez pas à les voir et les revoir !
Repost 0
Published by Ocre Bleu - dans Couleurs
commenter cet article
17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 06:16

Le minium est une céruse (carbonate de plomb) vivement brûlée (480°) afin de lui ôter son carbone.

Il fait partie des pigments artificiels les plus anciens et est très toxique.

 Pline rapporte que les Romains auraient découvert ce dernier accidentellement, à la suite d'un incendie, quand, sous l'effet de la chaleur, du blanc de céruse vira au rouge vif.

Il explique également que le blanc de plomb était chauffé dans des plats et brassé jusqu'au changement de couleur. Ce pigment a été utilisé pour imiter le cinabre.

Le terme de minium désigne alors le cinabre et le carbonate de plomb ou céruse, d’où de fréquentes confusions entre céruse, minium, vermillon, cinabre.

Au Moyen Age, la dénomination de minium doit se rapporter à la céruse.

Le moine Théophile à la fin du XI°s. décrit sa préparation à partir de la calcination de la céruse.

Ce pigment s’assombrit à la lumière et noircit sur les fresques. Sa tenue est meilleure avec l’huile et la tempéra à l’œuf.

Vers 1930, le minium disparaît comme pigment rouge orangé pour la peinture,à cause de sa toxicité (comme tous les composés contenant du plomb) et au profit de concurrents plus stables.

Mais malgré sa grande toxicité, il sera utilisé comme peinture antirouille et parfois comme sous-couche protectrice du bois (jouant le double rôle de fongicide et d’insecticide) Le ponçage ou brûlage de ces bois et les incendies de bâtiments en contenant sont source de saturnisme et de pollution par le plomb. Le minium n'est pas biodégradable.
Utilisé pour la protection contre la corrosion des matériaux, la fabrication des plaques de cathode des batteries d’accumulateurs au plomb, il a aussi servi à produire des onguents et remèdes traditionnels (très toxiques, susceptibles d'induire un saturnisme aigu)

Repost 0
Published by Ocre Bleu - dans Couleurs
commenter cet article
15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 05:59

Aujourd'hui nous trouvons la laque garance (couleur de référence) et la garance ou alizarine cramoisi,aux riches nuances sombres, très utilisée en aquarelle.
La laque d'alizarine fut la première version synthétique (dès 1870) avant les pigments modernes hautement performants.
Les cramoisis du passé, réputés violacés, ne ressemblent sûrement pas à ceux
d’aujourd’hui, souvent brunâtres et d'ailleurs fort beaux.

Garances et laques de garance sont un même produit de base.
Les variétés de laques sont plus ou moins vives ou foncées mais toutes d'une transparence magnifique.
Ce sont donc des pigments utilisables en glacis donnant des nuances magnifiques sur des rouges, des violets, des bleus, etc.
(Attention toutefois, en peinture à l'huile, à ne pas utiliser la laque de garance trop tôt dans les sous-couches, car elle sèche lentement)

Autrefois, on a utilisé la garance et le kermès pour compenser le vieillissement de couleurs rouges fugaces comme le cinabre. Tandis que celui-ci s'assombrissait, la garance, posée par-dessus, le protégeait et s'éclaircissait doucement.

Repost 0
Published by Ocre Bleu - dans Couleurs
commenter cet article
13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 19:15
Après les harmonies tonales de l'hiver, la nature commence à nous jouer les contrastes de couleurs: elle a commencé timidement avec les fleurs  blanches et les troncs noirs des amandiers se détachant le plus souvent chez nous sur le ciel bleu;
Puis les taches jaunes des mimosas ont commencé à réchauffer l'atmosphère.
En ce moment tout va crescendo :  les arbres de judée fleurissent ... cela ne dure pas très longtemps, mais chaque année je ne me lasse pas de ce cours "d'accords parfaits" que nous offre la nature...
Le rouge violacé des fleurs de l'arbre de judée, aussitôt "soutenu" par le jaune verdâtre de ses feuilles...

Bel accord parfait, binaire...
La nature a bien bossé son cours sur les couleurs!
Repost 0
Published by Ocre Bleu - dans Couleurs
commenter cet article
13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 05:58

Le pigment garance a longtemps été extrait du rhizome d'une plante,la garance qui contient une substance si colorante qu’elle donne aux moutons qui la consomment l'aspect de fauves barbouillés de sang. Elle teinte aussi les os des êtres qui s'en nourrissent (le bec et les pattes des oiseaux) ainsi que le lait.

Le terme alizarine désigne tantôt la racine, tantôt le colorant que celle-ci contient.

Probablement née en Perse, la garance a été utilisée pour teindre des textiles dès 2000 avant JC en Inde, en Palestine, en Égypte notamment.
Ne pouvant être cultivée avec les moyens de l'époque dans la plupart des autres régions du monde (sauf exceptions, comme en Australie où elle fut utilisée localement pour la peinture traditionnelle), elle a été l'objet d'un commerce intense (exemple :dans le Japon médiéval, à Pompéi, etc.) car sa beauté et sa tenue étaient très recherchées tant pour la teinture que pour la peinture et l'écriture .
Tardivement, la Hollande s'est spécialisée dans cette culture. Elle n'est apparue en France que dans les années 1760 (Avignonnais, Alsace). Les pantalons garance des soldats de la 1ère guerre mondiale ont probablement été teints avec une garance synthétique fabriquée en région alsacienne, c'est-à-dire allemande à cette époque.

Parmi les colorants végétaux, la garance est l'un des plus permanents. Elle faisait partie des teintures dites « bon teint » et permettait également de colorer le cuir.

Son prix assez élevé  était dû surtout à la difficulté du travail d'extraction.
Le labeur était rude dans les garancières : il fallait deux hommes pour extirper la racine de la plante. Celle-ci était ensuite séchée au soleil, séparée de son écorce, battue, broyée par des moulins puis tamisée. La qualité du produit obtenu dépendait de la quantité d'écorce restante. Puis,d'autres traitements suivaient et différentes méthodes existaient.
Pour teindre un tissu, il fallait ajouter à l’alizarine obtenue du calcaire (craie) et del’alun jouant le rôle de mordant.

En 1826, la composition de l'alizarine est identifiée. En 1869, Graebe et Liebermann parviennent à créer une alizarine synthétique, non une imitation.
C'est la ruine pour tous les producteurs de garance naturelle, la fortune pour les industriels.

Le produit de synthèse créé est antraquinonique.

Aujourd'hui, un mélange de quinacridone et de dikéto-pyrrolo-pyrrole (PR206) est proposé comme substitut permanent de la version dite "cramoisie", "alizarin crimson" (en anglais), très courante en peinture aquarelle notamment.

 

Repost 0
Published by Ocre Bleu - dans Couleurs
commenter cet article
6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 05:46

Pline en fait mention sous l'appellation de "minium" et le déconseillait car il le considérait comme un poison. La présence de mercure libre dans le minerai de cinabre lui confère une toxicité indéniable.

Pourtant,
le cinabre n'a pas été seulement utilisé comme pigment, il a  été utilisé en médecine, pour le traitement de la syphylis et on le prescrivait, dans les années 1820, aux femmes enceintes, par fumigation. Sous forme de pommade, il était utilisé contre les maladies cutanées. On retrouve aussi le cinabre dans la composition de remèdes pour le traitement externe du cancer, comme la pâte dite du frère Côme, composé d'arsenic blanc, de cendres brûlées de semelles de souliers, de sang dragon, de cinabre et d’eau.
On utilise toujours le cinabre en médecine homéopathique.

Le cinabre est connu depuis des temps immémoriaux en Asie comme une drogue.
En Chine, les ascètes étaient amateurs de substances censées donner la longévité et ce fut la raison pour laquelle ils utilisèrent le jade, l'or et le cinabre. L’or était utilisé pour préserver le corps et le cinabre pour prolonger la vie.Les deux constituaient une drogue de longévité.
Consommer l'ocre rouge, selon ces croyances permettait de remplacer des pertes de sang et de favoriser une longue vie. Le cinabre ayant l’exacte couleur du sang était de ce fait considéré comme supérieur au minium. Dans la théorie mystique chinoise du qi, le « cham
p d
u cinabre » (dantian) est un point situé dans le bas-ventre et où se concentre l'énergie vitale.

Vers 500 avant le Christ, l’or et le cinabre sont chauffés ensemble;le cinabre délivrait le mercure en se décomposant avec la chaleur. Ceci créait le « rouge or » .
Les expérimentations avec le cinabre ont permis de découvrir la technique de sublimation. Le soufre, le mercure et l’or donnant ainsi « l’or cinabre »,censé mener à l'immortalité pour les Chinois.
Cette substance est toujours fabriquée en Inde de nos jours et est appelée Makaradhvaja.
Certains alchimistes affirmèrent qu'il était possible de le transformer en or mais toutes les expériences qui furent tentées échouèrent.

Repost 0
Published by Ocre Bleu - dans Couleurs
commenter cet article