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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 20:24

 

Une nouvelle rencontre !

 

 

Marija Konstantinovna Bashkirtseva naît le 24 novembre 1858 à Gavronzi, en Ukraine.

Ses parents étant séparés, elle vit avec sa mère … et tout un environnement familial : son grand-père, sa tante, son oncle, son frère cadet Paul, sa cousine Dina et un médecin, ami de la famille. Après avoir séjourné à Vienne, Baden et Genève, tout ce petit monde s'installe à Nice.

Marie a 12 ans.

Dès l'âge de 14 ans (en 1872), Marie commence à rédiger un journal . Journal qu'elle tiendra jusqu'à 11 jours avant sa mort : le 20 octobre 1884.

Elle n'a pas 26 ans !

  journal

Le journal de Marie est remarquable à plus d'un titre ; véritable « photographie » de sa famille et en cette «  fin de siècle », des milieux mondains, politiques, bourgeois, aristocratiques et artistiques de l'époque.

Elle s'y fait critique :

de peinture, de musique, de littérature, ...de mode.

Elle y relate des événements, tels de « petits reportages ».

Elle y dévoile toutes ses pensées les plus intimes.

Ce journal « sans pudeurs » où Marie dit tout sur tout a fortement été censuré par sa famille et plusieurs pages du manuscrit ont été arrachées lors des premières éditions.( Récemment il a été reconstitué en grande partie, et réédité)


Autoportrait (1)

Autoportrait à la palette
1882 - Huile sur toile, 92 x 73 cm
Musée Jules Chéret - Nice

 

Mais , me direz-vous, ne parlons nous pas actuellement de « femmes peintres »?

Marie Bashkirtseff, n'est-elle pas l'une des leurs ?

Est-elle écrivain?

Il faut dire en effet que, presque plus que ses toiles, ses écrits sont importants, brossant le portrait d'une époque et relatant la condition des femmes et de leurs « batailles » pour accéder aux mêmes droits que les hommes notamment dans le monde de l'art.

 

Marie, est un personnage à multiples facettes, aux multiples talents, mais est aussi un personnage «  hors norme »... excessive, … narcissique...

Son cas est d'ailleurs régulièrement cité dans les études sur le narcissisme et l'hystérie.

En effet, Marie Bashkirtseff « s'aime » beaucoup ( par exemple, elle désire poser nue dans l'atelier « des messieurs » parce que rien n'est plus beau que son corps. « C'est un vrai péché, une infamie de ne pas me faire sculpter ou peindre. De pareilles beautés, c'est comme un musée ouvert à tout le monde » dit-elle)

Mais elle dit aussi « n'être rien » et « vouloir tout », traumatisée par l'idée de mourir sans avoir connu la gloire et être oubliée par la postérité.

 

Talentueuse et excessive.


Très jeune, elle étudie l'anglais, l'allemand, l'italien, le grec, le latin et, … en même temps, joue du piano, de la harpe et apprend le chant. Elle a une voix magnifique ; mais,très tôt, la tuberculose, affecte sa voix, et en 1880, son oreille.

Son espoir de carrière musicale est désormais brisé.


Elle décide alors de commencer à peindre. Elle pousse alors sa famille à vendre la villa de Nice et à déménager sur Paris. Elle veut commencer ses études à l'École des Beaux-Arts.

Elle a 19 ans.

Celle-ci étant alors interdite aux femmes, elle s'inscrit à l'Atelier Julian (seule école offrant aux femmes artistes un enseignement de même niveau) Elle y devient l'élève de Tony Robert-Fleury, et de Jules Bastien-Lepage.


atelier

L'atelier Julian
1881 - huile sur toile 145 x 185 cm
Musée de Beaux-Arts - Dniepropetrovsk - Ukraine

 

Marie est une aristocrate avec des idées républicaines, tendre et sensible, mais ironique, voire caustique, colérique et violente ; très intellectuelle mais « frivole »; aimant les mondanités mais aussi la solitude et l'étude.

 

 

Ses toiles sont peintes sans « mièvrerie », d'une manière solide et forte qui contrastent avec l'élégance de Marie et le raffinement extrême de son quotidien et de son milieu.

Elle choisit de devenir le peintre de la rue et de la misère, voulant être « le Jules Bastien-Lepage des villes ». Ce monde pictural personnel et original, très influencé par le naturalisme est en fait le reflet de sa personnalité excessive toute en contradictions.


Le Meeting

Un meeting
1884 - huile sur toile 195 x 177 cm
Musée d'Orsay - Paris

 

Elle participera au Salon avec un portrait de sa cousine Dina : elle signe Maria Constantinowa Russ.

En 1881, elle publie différents articles dans la revue féministe "La citoyenne", sous le pseudonyme de Pauline Orrel.

Elle fait un voyage en Espagne et signe ses toiles du pseudonyme Andrey.

 

De la même façon, sa vie amoureuse sera une succession d'idylles brèves et souvent malheureuses.


Bashkirtseff

Le parapluie
1883 - Huile sur toile 74 x 93 cm
Musée d'Etat Russe - Saint Petersbourg

 

L'oeuvre de Marie Bashkirtseff, qui n'appartenait pas au monde « impressionniste » souffrit de l'ostracisme qui frappa l'art traditionnel de la fin du XIXe siècle (" l'art académique" ou "officiel") et pendant la deuxième guerre mondiale une grande partie de ses toiles furent détruites.

Seules une soixantaine nous sont parvenues.

Ses écrits sont toujours à découvrir.

 

   " Baïskirceva Mariâ Konstantinovna " au Mercure De France.

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commentaires

Christine 13/02/2011 09:46






Toujours dommage en effet de penser que beaucoup d'oeuvres de tant d'artistes ne nous sont pas parvenues ... et quelquefois détruites.


pour Marie Bashkirtseff, une vraie personnalité ... à découvrir aussi dans ses écrits.


Merci de ce passage et bonne journée.






Flore 11/02/2011 12:16



quelle personalité! quelle qualité artistique!


merci de nous la faire découvrir;


dommage d'avoir détruit tant de son oeuvre...