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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 09:38

 

... Cette " revalorisation" de la Provence commence par un regard différent porté sur la mer ... Méditerranée, et va commencer par le travail des poètes et des écrivains.

Dans les siècles précédents et même depuis Homère, la mer certes sert aux échanges, au transport, à la pêche ... mais nous sommes loin de l'attraction actuelle de la mer qui n'a cessé d'augmenter depuis la mode "des bains de mer" (qui n'a commencé qu'au début du XX°s).

En effet la mer, notamment dans la peinture, quand elle est représentée, symbolise la mort ; lieu mystérieux, profond, dans laquelle se cachent des monstres marins, elle est la porte des enfers , le lieu des naufrages et des tempêtes que les navires affrontent avec difficulté, et où nombre d'hommes partent et ne reviennent jamais.

Pensez aux tableaux que nous avons déjà évoqués tels ceux de Joseph Vernet (1714 - 1789)

la-tempete-sur-le-phare---claude-joseph-vernet"Tempête sur le phare" - Jospeh Vernet

 Une eau qui évoque la vie, est en général une eau qui circule, telle l'eau de la cascade du ruisseau, de la fontaine...


 - Alexandre Dumas contribue à "lancer" Marseille, avec le château d'If et le quartier des Catalans , dès la parution en épisodes dans "le Journal des débats", du "Comte de Monte Christo"  de 1844 à 1846

(ce serait le moment de le relire !)


- Mais c'est surtout avec Joseph Autran, "barde officiel de Marseille" sous la monarchie de juillet ( il finira à l'Académie Française) que la mer trouvera son poète.

Il constate en effet :" la mer n'a jamais eu son poète"

Ainsi il publie son recueil " La mer" , en 1835 puis dans une nouvelle édition en 1852 : " Les poèmes de la mer", dans lequel sa longue préface, presque un essai, étudie le rapport à la mer entretenu par l'homme depuis l'Antiquité.

Sous sa plume revient "le cliché" d'une mer grecque où le château d'If "semble une Délos" . La Méditerranée noire, mugissante et stérile d'Homère devient pour lui, "radieuse, douce et féconde " ; d'essence divine et d'un calme étincelant, elle s'oppose à l'océan terrible et se fait promesse de bonheur et d'éternité.

Il analyse les rivages marseillais dans ses moindres criques et promène son âme rêveuse en témoignant des reflets et de la lumière,

" cette brume d'or que ce seul Claude trouvait sur ces palettes".

( ... Claude le Lorrain),

Il évoque le sentiment d'infini ... il en fait le pays du bonheur, le pays idéal, une Arcadie avec ses collines parfumées qui dominent le rivage et la plage. Les cabanes en bord de mer deviennent l'équivalent des huttes pastorales grecques ; les pêcheurs des Catalans, loin des tentations de la ville, gardent la pureté des moeurs, la piété et la candeur.

Et il termine ce recueil par une comparaison entre Paris "ce grand cloaque" et Marseille aux "eaux de pur cristal"...

 

- L'oeuvre de Frédéric mistral  ajoute à l'attrait de la Méditerranée : 

Dans "Miréio", 1859, (dont le récit s'achève sur une plage de Camargue transcendée par l'évocation du débarquement des saintes Maries), il fait ainsi succéder sur ce rivage le christianisme à l'Antique.

Dans " Calendal ", 1867, (l'épopée d'un jeune pêcheur de Cassis), la mer côtoie la montagne.

Il compare la mer à "une sirène aux yeux bleus", une "superbe amante" qui ensorcelle les marins ( dans la revue du littoral ... annonçant le recueil de 1875)

 

- la " Société dei Franc Caminaïre ", fondée en 1868 par Alexandre Gueidon, va compléter l'influence des poètes.

Ces randonneurs liés au Félibrige parcourent entre autres,en 1868 et 1869 le littoral de l'Estaque à Toulon.

Ils publient " A travers la Provence"  en 1873 et 1875 où ils relatent leurs excursions donnant leurs impressions de voyage et leurs descriptions pittoresques.

Ainsi sous leurs pas, la nature devient un tableau avec pour fond de décor, " la mer ayant à chaque flot des paillettes de soleil" .

 

 

Le décor est ainsi planté,

il n'attend plus qu'une 'traduction picturale'.

qui apparaîtra lorsque les artistes

oseront s'affranchir de l'emprise naturaliste de Loubon

...

 

 

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